Chez le Bibliothécaire

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mercredi 22 février 2017

LA REVANCHE DES NAINS DE JARDIN


LE SALON DES LITTERATURES MAUDITES, édition 2017

Organisé par la Médiathèque "Voyelles" de Charleville-Mézières sous la houlette de Thibaud Canuti, la deuxième édition aura lieu du 8 au 10 septembre 2017.



Les équipes se sont réunies dimanche soir pour arrêter le programme.

A bientôt pour plus de détails.

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : PATIENCE, PATIENCE, C.J. Henderson




Avec Patience, Patience (C.J Henderson, Patience Waiting in The Cthulhu Cycle, 1996), le Mythe rebondit de façon tout à fait originale. Ce n’est pas un pastiche, mais un texte qui se trouve à la croisée des chemins entre la collaboration posthume et la rédaction d’une version alternative de L’Appel de Cthulhu. Le héros est notre cher Inspecteur Legrasse qui, après les événements de 1907 en Louisiane relatés par Lovecraft, reçoit la visite du Pr Webb, éminent archéologue. Le policier l’avait rencontré à la Société Américaine d’Archéologie en 1908 alors qu’il enquêtait sur sa découverte. La statuette « poulpeuse » exhibée par l’enquêteur lors de la réunion avait rappelé au savant certaines gravures relevées au Groenland, laissant supposer l’existence de cultes secrets et l’avait conduit à venir enquêter sur les lieux de l’affaire. 


Une fois dans le bureau du policier, Webb peut à nouveau examiner en détail d’objet pris sur le monolithe de l’île enfouie dans les bayous, lors de la grande opération de « nettoyage » des cultistes menée par les forces de l’ordre. Henderson reprend ici quasiment mot pour mot la description de Lovecraft :
Elle représentait un monstre d'apparence vaguement humaine, mais dont la tête ressemblait à une pieuvre. Le visage n'était qu'un amas de tentacules, le corps caoutchouteux et tout couvert d'écailles. Des griffes terrifiantes émergeaient des quatre membres et de longues ailes minces s'ouvraient dans le dos. La créature semblait émaner une malveillance aussi terrifiante que surnaturelle ; son corps boursoufflé était accroupi sur un bloc de pierre ou un piédestal, recouvert de signes illisibles. Le bout des ailes touchait la base de la colonne, le corps en occupait le centre, tandis que les longues griffes recourbées des pattes antérieures agrippaient le bord et se refermaient au quart de sa hauteur. La tête de pieuvre était penchée en avant, ce qui fait que le bout des tentacules effleurait les pattes qui enserraient les genoux. L'ensemble paraissait bizarrement vivant, et d'autant plus malsain qu'on ne pouvait déterminer ce qui pouvait avoir servi de modèle à cette sculpture. Elle était de toute évidence extrêmement ancienne ; cependant, il était impossible de la relier à une civilisation archaïque quelconque, ou à toute autre époque d'ailleurs. Qui plus est, le matériau dont elle était fabriquée constituait un mystère à lui tout seul ; cette pierre huileuse, d'un vert sombre constellé d'éclats dorés et de rainures ne ressemblait à rien de connu des géologues.

Legrasse explique que tous les cultistes n’ont pas été décimés et que les survivants sont à l’hôpital psychiatrique, où ils psalmodient : Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn, ce qui signifie, ainsi que l’avait expliqué au policier un indigène : Dans son domaine de R'lyeh, le défunt Cthulhu attend en rêvant. Il replace cette invocation dans son contexte « théologique » pour le savant, reprenant là encore pratiquement le texte de Lovecraft dans sa primo-nouvelle : Ils adoraient, disaient-ils, les Grands Anciens, qui avaient vécu des éons avant l'Homme. Ils étaient venus du ciel, quand le monde était encore jeune. Ces Grands Anciens s'étaient retirés dans les entrailles de la terre ou au plus profond des océans ; mais leurs cadavres avaient révélé leurs secrets à travers les rêves des premiers hommes qui avaient fondé une secte qui perdurait encore… Le cœur de la secte se trouvait dans les déserts inexplorés d'Arabie, au sein d'Irem la Cité des Piliers, Celle-qui-Songe, l'Intouchée. Cette religion n'avait aucun lien avec le culte des sorcières européen et, hormis ses fidèles, nul ne le connaissait.
Et de décider de retourner sur les lieux. 



L’équipée dans les bayous les mène bien sûr sur l’île au monolithe où le Pr Webb ne sait plus où donner de la tête, fasciné par les hiéroglyphes qui figurent sur la pierre. Ils remarquent dans la broussaille en face de l’île une surface plane en forme de cercle, la végétation étant mystérieusement tressée pour former un tapis consistant. Le savant explique que cela ressemble à un crop-circle, figures géométriques que l’on trouve sur les lieux d’apparitions d’ovnis. De retour en ville, les deux compères et deux assistants policiers essayent de se réconforter à coup de bouteilles de liquide ambré dans un bistrot glauque ; le Pr Webb semble perdre les pédales et explique que, d’après son décryptage, la grande invocation aura lieu cette nuit. Legrasse mobilise toutes les forces de police disponibles, fait le plein d’explosifs et demande à un destroyer de se mettre en veille à proximité des marais. Les cultistes invoqueront l’horreur sur l’îlot, sorte d’immense nuage blanchâtre doté de tentacules qui se précipite sur les intervenants. La suite et la fin seront rythmés par le son des canonnières qui feront fuir les monstres. 


Legrasse refusera toute récompense officielle pour son courage, et décidera de quitter la police pour se livrer à un combat sans merci contre les Grands Anciens disséminés sur la planète.
A noter que Henderson a réuni ses nouvelles sur ce thème dans Tales of Inspector Legrasse, 2005.


vendredi 17 février 2017

L'AMYTHOLOGUE COMMUNIQUE

L’Amythologue Février 2017
(avec P.J. )
Chers amythologues,

Vous trouverez ci-dessous, quelques informations qui pourraient vous intéresser. Mais avant tout, n'oubliez pas notre conférence du mercredi 22 février, qui ouvrira la thématique de l'année dédiée à Saint Denis, patron de Paris.
Amitiés et bon mois de février
Anastasia Ortenzio

Conférences

Conférence organisée par le groupe IdF de mythologie française :
22 février 2017 à 19h. « Les trois vies de Saint Denis : Complexité de l’histoire associée aux légendes » par Maurice Regnier qui présentera pour l’occasion d'exceptionnelles enluminures extraites d'un manuscrit offert au roi de France en 1317 (cf. affiche jointe). Entrée libre. Mairie du 9ème, 6, rue Drouot - Paris 9°(M° Richelieu-Drouot), salle du Conseil, porte D, 2ème étage  http://legende-et-conte.com/15531-2/

lundi 27 février à 19h30 : « La religion celtique dans l'antiquité » par Bernard Sergent. (avec projections de divinités celtiques). Centre culturel irlandais, 5 rue des Irlandais, 75005, métros Luxembourg ou Place Monge, à la salle des Conférences. Entrée :  5 €, étudiants 3 €.

Livres et revues
La Grande Oreille : revue des arts de la parole. Cette revue trimestrielle aborde un thème spécifique dans chacun de ses numéros.  Elle est la revue incontournable des conteurs et des métiers concernés par l’oralité. On y trouve des dossiers de fond avec des articles d’ethnologues, anthropologues, conteurs etc. (dont Nicole Belmont, Jean-Loïc Le Quellec,  Claude Lecouteux, Anna Angelopoulos… ). Ce trimestre le thème traité est « La mort » Abonnement annuel : 60 € http://www.lagrandeoreille.com/


Onomastique : une mise au point
Notre ami Francis Robin nous transmet ce message de la Société Française d’Onomastique
« Les réformes territoriales actuellement en cours en France, qu'elles concernent les régions ou les communes, ont suscité la création de nouvelles dénominations résultant d'un choix souvent difficile, et parfois surprenant. C'est pourquoi la Société française d'onomastique a estimé de sa compétence d'exprimer son avis sur cette question, dans un article que nous vous invitons à consulter sur son site à l'adresse suivante
 http://www.onomastique.asso.fr/news.php?lng=fr&pg=268&tconfig=0 ».
Les recherches du groupe Île de France de Mythologie et de la SMF trouvent un écho dans ce qui est souligné dans cet article « … Faut-il rappeler que les noms de lieux, transmis par le vecteur des langues nationale et régionales, constituent une composante importante du patrimoine culturel immatériel, et qu’ils méritent à ce titre d’être protégés et sauvegardés ? Faut-il rappeler encore que les noms de lieux, comme les noms de personnes, ont été forgés, pour leur immense majorité, avant le XVIe siècle, et qu’ils ont été attribués en fonction du relief, de la végétation, de la nature des sols, de leur utilisation et de leur mise en valeur, mais encore de l’habitat, de la vie sociale, des croyances, témoignant ainsi de la façon dont les hommes ont perçu leur environnement, et constituant de véritables documents sur l’histoire des paysages, l’impact de l’anthropisation, et les mentalités de ceux qui les ont nommés ? » etc.
Je vous laisse continuer votre lecture sur le site évoqué plus haut.

Cinéma (une info des amis hors d’Île-de-France)
Notre ami Philippe Parrain nous rappelle les prochaines manifestations de Cinélégendes
du 21 février au 3 mars. "La quête de soi", Il y sera notamment question, de La Mecque à Compostelle, de pèlerinages, mais aussi d'exploration de lieux imaginaires, et surtout de tous ceux qui, à la force du jarret, partent à la recherche d'eux-mêmes.

21 février  à 13 h30 : Le Voyage de Chihiro - 400 Coups, en compagnie de Gildas Jaffrennou, enseignant cinéma : errance sur les voies de l'imaginaire.

25 février à 18 h : Le Bonheur... terre promise - Maison de quartier Angers Centre (12 rue Thiers), en présence du réalisateur Laurent Hasse (sous réserve) Un pèlerinage humaniste : le film documentaire

Mardi 28 février à 20 h 15 :  Le grand Voyage - 400 Coups, présenté par Louis Mathieu, et débat en présence de Khalid Lammini, hadj angevin, Un pèlerinage musulman

Jeudi 2 mars, 18h30 :  la conférence Le voyage vers Compostelle, mythes et symboles par Georges Bertin, socio-anthropologue, jacquet angevin - Institut Municipal. Un pèlerinage chrétien

mercredi 1er mars, 19h30 :  Une pause conviviale : un dîner-spectacle avec Sylvie de Berg, Les chemineux - Contes des pèlerins sur les sentiers d'étoiles - Restaurant les 3 Grands-Mères

vendredi 3 mars, 20h. : Le récit de voyage (à l’autre bout du monde ou dans une chambre - La Marge , rédaction du journal de bord, avec l'atelier d'écriture de Véronique Vary.  Infos : Philippe Parrain : 02 41 86 70 80 / 06 63 70 45 67 Cinélégende. http://www.cinelegende.fr/archive/programme2016-7/film01_17.html

 QUELQUES RAPPELS

Expositions
Un peu plus ludique, une expo sur le même sujet à visiter en famille
Jusqu’au 19 juin 2017 : «Espèces d’ours !»
Grande galerie de l’évolution du Muséum d’histoire naturelle, Jardin des Plantes, 57 rue Cuvier, 75005 Paris.
http://www.liberation.fr/futurs/2016/10/12/l-ours-laisse-son-empreinte-au-museum-d-histoire-naturelle_1521235

Du 7 janvier au 27 avril 2017 : Pour les voyageurs : Un précieux parchemin de Guillaume le conquérant. C’est une pièce d’un peu moins de 1000 ans qui remonte à l’époque de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant
Archives de Londres (Angleterre) http://www.exponaute.com/…/un-rare-parchemin-de-guillaume-…/

Voyages mythologiques
Bernard Sergent vous convie, durant l’année 2017, à des voyages mythologiques en Bretagne, en Italie (sur les traces des étrusques, à Val Canonica) et à Tende dans la vallée des merveilles. Voir programme joint à l’amythologue de janvier 2012

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L'Amythologue
Groupe Île de France de Mythologie Française
Suivez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/mythologieidf.etdailleurs

mercredi 15 février 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : QUELQUES NOTES A PROPOS D'UNE BOITE VERTE, Alan Dean Foster





Alan Dean Foster, avec Quelques Notes à Propos d’une Boîte Verte (Some Notes Concerning a Green Box.....The Arkham Collector, summer 1971; also in Cthulhu Cycle, Chaosium Books ), nous donne un texte léger, plutôt convainquant. Le narrateur, étudiant en anthropologie, découvre dans la bibliothèque de son université une boîte verte, remplie de papiers à la fois récents et anciens. Estimant que ces documents pourraient avoir un rapport avec ses propres recherches, il commence à les photocopier. Mais son travail sera interrompu par la bibliothécaire qui prévient son supérieur…. Heureusement, il pourra préserver l’essentiel. Il s’agit de notes de deux professeurs d’anthropologie et d’archéologie à l’université de Los Angeles, Jonathan Turner et Robert Nolan, connus pour leurs recherches sur le Pacifique Sud, la Lémurie et l’Atlantide. Ils prennent une année sabbatique pour partir visiter l’Ile de Pâques et finissent par démissionner pour poursuivre leurs investigations sur l’îlot de Salà-y-Gomez, après avoir découvert des statuettes et des hiéroglyphes très étranges. Ils disparaîtront lors d’une exploration maritime, certainement après avoir essuyé une très violente tempête. Dans les courriers adressés par l’un des savants à un ami américain avant sa disparition, on relèvera des allusions au Sydney Bulletin de 1929, la mention « vérif ref Lvcrft » et des symboles étranges sous lesquels est inscrit Cthulhu. 


L’étudiant cessera ses recherches faute d’autre matière, mais éprouvera le sentiment d’être suivi et relèvera sur ses vitres six étranges rainures. Cela ne l’empêchera pas de se préparer pour une mission de l’université dans le Pacifique Sud, en compagnie d’un photographe excentrique du nom de Pickman. Un compagnon qui le trouble pourtant du fait de ses yeux jaunes !



mardi 14 février 2017

LA BIBLIOTHEQUE DE L'EGLISE DE LA SAGESSE ETOILEE (Starry Wisdom Church)





Une petite perle :


1877 (24 juin), vente aux enchères chez Pent & Serenade à Arkham des ouvrages occultes retrouvés dans l’église de la Sagesse Etoilée à Providence. Un catalogue magnifique a été édité à cette occasion (sur le modèle des catalogues de Drouot ou de Christie’s) recensent les 44 lots proposés au public puis, pour chaque ouvrage, présentant une fiche très détaillée signée des meilleurs spécialistes du sujet (Daniel Harms, Donald Tyson, E. Berglund, Ramsey Campbell, sous la supervision de S.T. Joshi). Le Necronomicon fait partie du lot 14 ; il s’agit d’un « small quarto » de 286 pages. L’ouvrage n’est consultable que sur rendez-vous et moyennant signature d’une décharge dégageant le commissaire-priseur de toute responsabilité en cas de « dégâts mentaux » occasionnés au consultant.
Ce catalogue sera réédité sous le titre The Starry Wisdom Library en 2014 par Nate Pedersen, Editor. Un bel ouvrage de 176 pages sous couverture cartonnée et jacquette.


LE MOTIF EN VOIE DE DISPARITION

Le Motif, Observatoire du Livre en Ile de France, fait un excellent boulot pour les auteurs, éditeurs, libraires : conseils techniques, assistance, information, gestion de participations groupées à des Salons, etc. L'ODS utilise beaucoup ses services et sa magnifique salle pour nos diverses manifestations.

Culture, tout fout le camp.
 
Je serai là le 16 mars. Et vous ?

Philippe Marlin 


Bonsoir,
Vous le savez peut être , mais peut être ne le savez vous pas encore, mais le MOTif va cesser son activité d’ici la fin de l’année sans autres précisions à ce jour. Un budget régional 2017 à la baisse et non reconduit en 2018.

La Région Ile de France entend « internaliser » les missions qui nous étaient confiées. Ainsi les actions que j’ai pu conduire avec vous seront très certainement poursuivies, avec ou sans moi, mais c’est une volonté affichée de la part de la nouvelle majorité régionale.

Je vous propose un rendez vous au MOTif le 16 mars prochain à partir de 19h pour faire le bilan des ces actions menées ensemble, et de préparer les suites possibles collectivement.

Que vous soyez éditeurs, libraires, revue, association professionnelle ou encore auteur qui nous avez suivi et profité de nos services durant ces 8 dernières (bientôt 9) années, vous êtes les bienvenus !

Comme il se doit, apportez une bouteille, une quiche, une salade, un saucisson ou simplement quelques chips que nous puissions passer un moment convivial ensemble ce qui ne nous empêchera pas de discuter et de réfléchir.

Laissez moi un message par email afin de confirmer votre présence. Je reste a votre disposition pour tous renseignements complémentaires que vous jugeriez utiles

Bien cordialement
Laurent Boudereaux
0660917519

lundi 13 février 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'ILE NOIRE, Derleth





L’Ile Noire (The Black Island, in Weird Tales 1952 ) est un beau spécimen de pastiche commis par August Derleth sur le mode « téléphoné ». On a compris au bout de quelques pages que le brave archéologue Horvarth Blayne va connaître une aventure très sportive après sa rencontre, dans un bar de Singapour, du Professeur Laban Shrewsbury et de ses acolytes. Ceux-ci ont besoin de ses connaissances concernant les civilisations disparues du Pacifique et les ruines de Ponape auxquelles il a consacré une étude remarquée. 




Ils sont en effet à la recherche de l’île Noire, petite portion de terre qui n’apparaît qu’épisodiquement. Elle serait le berceau de cultes maléfiques, et notamment celui de Cthulhu qui est le maître des eaux. Un monstre qui n’hésite pas à à se rapprocher des hommes, donnant naissance à une race mi-humaine, mi-batracienne appelée les Profonds. Les savants expliquent à l’archéologue la théologie des Grands Anciens qui ont régné sur terre avant les hommes, telle qu’on peut la comprendre par la lecture de certains manuscrits maudits, comme le Necronomicon, le Culte des Goules, les Unausprechlichen Kulten, les Manuscrits Pnakotiques ou encore Les Fragments de Celæno. Le but est de monter une expédition et d’éradiquer ces horreurs. L’archéologue est troublé par les propos de ses interlocuteurs et exhume chez lui de vieux papiers laissés par son grand-père Asaph Waine. Ce dernier, ainsi que toute la famille de Blayne, travaillaient dans un petit port chez un armateur, O. Marsh, et ont été décimés dans de mystérieuses circonstances. Il retrouve dans les archives familiales une invocation à Dagon, des allusions à des créatures monstrueuses près d’un Récif du Diable et des investigations de la police de plus en plus fréquentes.


La mission finira par être montée, avec l’assistance de la Marine Militaire. L’Ilot sera repéré. Du Temple qui surplombe une colline surgira…. Cthulhu. Et l’excroissance de terre sera rayée de la carte par un tir… nucléaire. Mais il n’est évidemment par certain que notre Grand Ancien préféré ait été exterminé. Quant à Blayne, il prendra progressivement conscience de sa véritable nature et s’apprêtera à rejoindre le fond de l’océan……

vendredi 10 février 2017

PAUWELS A POLITICA HERMETICA



Damien Karbovnik

« Louis Pauwels et le Réalisme Fantastique (1960-1976) »

 Le samedi 4 mars 2017 à 19 heures

Au couvent de l'Annonciation, 222 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008, Paris, métro Place des Ternes ou Charles de Gaulle-Étoile.

Participation aux frais : 15 € pour le buffet qui vous sera servi après la conférence ; 5€ pour ceux qui ne pourraient pas prendre part au buffet. Soyez assez aimables pour donner réponse afin de prévoir l'organisation.


Pour tout renseignement : politicahermetica@gmail.com

+33 6 85 73 36 98

mercredi 8 février 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE RETOUR DES Lloigors, Colin Wilson





Le Retour des Lloigors (The return of the Lloigors, Colin Wilson, 1969, in Bouquins T I)  fait figure d’originalité dans une production post-lovecraftienne souvent téléphonée. Il s’agit du récit de Paul Dunbar Lang, universitaire américain originaire d’Angleterre. L’une de ses relations de Moscou lui parle du manuscrit Voynich, document qui l’intrigue et sur lequel il se décide de mener une enquête. Il suivra le parcours classique, passant par les études de Newbold, Manly et les textes de Roger Bacon, pour terminer à l’université de Yale où il commandera des reproductions photographiques. Celles-ci, examinées par un ami photographe, se révéleront être des copies écrites en un mélange de latin et de grec. Si la page de titre manquait, il était indiqué page 14 qu’il s’agissait du Necronomicon. A partir de là commence toute un périple de décryptage, commençant comme il se doit par les œuvres de Lovecraft qui fut le chantre de cet ouvrage. La mise au clair révélera une somme de connaissances scientifiques incroyables et, de façon obscure, une allusion à une créature, Dieu ou Démon, sorte de tourbillon d’étoiles résonnant curieusement avec l’actuelle théorie des quantas. Il est également évoqué d’une langue « kianne » dont Lovecraft parlera brièvement dans son passage sur Arthur Machen dans Epouvante et Surnaturel en Littérature, en liaison avec un culte de sorcellerie. Il est également fait référence dans cet ouvrage aux Dols, Voolas et à des inscriptions Aklos. Le chercheur en arrive à la conclusion que le Voynich est un fragment ou résumé du Necronomicon dont des copies doivent être conservées à l’Eglise du Carmel de Naundorff ou à la Fraternité de Tlön[1].
Persuadé après sa rencontre avec un ecclésiastique spécialiste de Machen que ce dernier était au fait de beaucoup de choses concernant d’anciens cultes païens, il part pour Melincourt dans le Monmouthshire poursuivre son enquête sur les traces de l’écrivain gallois. Il y rencontrera l’érudit local, le Colonel Lionel Urquart, passionné de Mû, continent perdu sur lequel il a écrit plusieurs ouvrages. Il est persuadé que ce continent a laissé de nombreuses traces au pays de Galles, et à Providence (RI). Et de lui montrer une tablette de pierre verte représentant un monstre marin récupéré dans la région. Il lui explique que Mû était dirigé par des créatures qui étaient des forces, plutôt que des êtres, les Lloigors, qui ont créé l’homme pour les servir. Mais les humains se sont révoltés et les Lloigors se sont enfuis, mais attendent pour se venger. Ils sont à l’origine de nombreux « mystères archéologiques », la fin de Mû, de l’Atlantide, des civilisations précolombiennes et de terrifiantes explosions comme celle qui creusera le Grand Canyon.
Au cours de son investigation, Lang rencontrera également un gitan, Ben Chikno, qui après quelques verres de rhum, lui confirmera la saga des Lloigors, expliquant qu’ils veulent reprendre leur monde ; nous, on est une erreur. On retrouvera Ben mort et le camp des gitans, Llandalfen, dévasté comme suite à une explosion atomique. Toutes les populations aux alentours sont terrassées par une étrange fatigue. Urquat expliquera que les Lloigors n’ont pas d’énergie naturelle et « pompent » celle des autres pour se ressourcer.
Le récit se terminera par un combat désespéré de Lang et Urquat pour faire comprendre aux plus hautes autorités l’importance de la menace qui plane sur l’humanité. Sans succès, les deux compères étant vite classés dans la catégorie des illuminés.
Ils disparaîtront tous deux lors d’un vol en Cessna qui devait les conduire à Washington rencontrer un sénateur perturbé par cette affaire. Le ciel était clair et la météo excellente. On ne retrouvera jamais les débris et les corps.


[1] Clin d’œil bien sûr à Borgès.

mardi 7 février 2017

LA KABBALE DE PICHON DANS LA LETTRE DU CROCODILE

La Kabbale dénouée de et par Jean-Charles Pichon

La Kabbale dénouée de Jean-Charles Pichon, Editions L’œil du Sphinx.
La rencontre de Jean-Charles Pichon, penseur de haut vol, avec la kabbale ne fut pas une évidence comme il le signale dès les premiers mots du livre :
« C’est bien souvent qu’au cours d’un séminaire ou d’une rencontre, l’un de mes auditeurs m’a demandé de lui expliquer la kabbale. Il ne pouvait comprendre que, m’étant attaqué aux Machines les plus hermétiques et les moins connues, de l’Odyssée à Jarry, je pusse négliger le splendide appareil de l’ésotérisme juif. »
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Jean-Charles Pichon avance le manque d’inspiration  ou la peur de l’échec pour reculer cette rencontre qui advint pourtant grâce à la métaphysique de Heidegger qui ne traite pourtant jamais de kabbale. « Le philosophe allemand m’a dénoué la Kabbale » confie-t-il.
Le « dénouement » est une science et un art. Jean-Charles Pichon distingue les solutions apportées à un problème dans un cycle donné, ce qu’il nomme les solutions in, des solutions apportées pour tous les cycles, des méta-solutions, qu’il nomme les solutions ex. Cette distinction, dans le dénouement, est pour lui la clef de l’ésotérisme universel.
Le « dénouement » avec ses deux sens principaux, celui du détachement (défaire le nœud) et celui de l’achèvement induit un dénouement intellectuel (le détachement) et un dénouement spirituel (le terme). Cependant, Jean-Charles Pichon met en garde : « Le double dénouement s’oppose à la fois à la perte et au retour. ».
Pour « ne pas perdre le fil » au cours du dénouement, en étudiant les perles qu’il porte, Jean-Charles Pichon ne perd jamais cette veille, intellectuelle et spirituelle, contre le risque de rupture ou de retour. En analysant les différentes « Machines pensantes » historiques de la Kabbale, depuis le Sepher Yetsira, Jean-Charles Pichon se concentre sur ce qui demeure, laissant de côté l’éphémère, le contextué. C’est là que Heidegger vient en appui avec « les quatre scissions par lesquelles Heidegger formule cela : le rapport du Temps à l’apparence, à la durée, au devoir, et à l’éternel devenir ». Il est remarquable que Jean-Charles Pichon, par Heidegger, rejoigne les grandes métaphysiques traditionnelles non-dualistes comme les travaux très actuels de certains scientifiques comme  Philippe Guillemant.
Pour lui, la Machine de Heidegger et celle du Sepher Yetsira sont une seule machine. C’est dans la traversée sans fin des « apparaître » que « cela qui demeure » se laisse saisir :
« Il a été noté, nous dit Jean-Charles Pichon, que le dénouement-déliement n’est pas une rupture, car le fil demeure, et que le dénouement-terme n’est pas un retour, car une couleur différente succède à celle qui précéda, le Nouveau toujours à l’Ancien. Il faut aller plus loin : contrairement à ce que croit le mauvais cabaliste, le dénouement-terme fait rupture : lorsque l’objet physique finit, il n’est plus là, qu’il s’agisse d’une fleur ou d’un cycle ou du peuple. Mais le dénouement-déliement fait retour, car il n’est qu’une manière de dénouer la faveur qui liait le bouquet. »
Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
www.oeildusphinx.com

lundi 6 février 2017

FAISONS MIAOU AVEC LOVECRAFT




Vient de paraître à La Clef d'Argent :

Lovecraft: Sous le signe du chat, étude de Boris Maynadier.

Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) entretient depuis qu'il est
enfant un lien privilégié avec les chats. Il vit à proximité des
chats, il construit son oeuvre en leur compagnie. À leur sujet, il
philosophe, il débat, il poursuit de vigoureuses controverses
épistolaires. Il leur dédit un essai, des poèmes, des nouvelles. On
peut même avancer qu'il vit comme eux, d'une certaine manière.
Lovecraft est un chat oisif projeté dans un monde hostile et
bouillonnant où il ne trouve pas sa place. On aurait tort de tenir
pour secondaire ou pour superficielle cette relation de Lovecraft aux
chats. Affirmons même qu'il est impossible de comprendre tout à fait
le personnage et ses écrits sans prendre la peine de penser cette
relation: les chats sont au centre de la vie, de la philosophie et de
l'oeuvre littéraire de Lovecraft.

Boris Maynadier est docteur en sciences de gestion et consultant
spécialisé en stratégie de marque. Il enseigne en école de commerce.
Il livre ici une étude originale sur Lovecraft, directement inspirée
des travaux de Gilles Deleuze et Félix Guattari, et notamment de leur
théorie du devenir-animal. Une contribution inattendue et
passionnante à la compréhension de Lovecraft.



La Clef d'Argent


Cordiales salutations,

Philippe Gindre

La Clef d'Argent - littératures de l'imaginaire
http://www.clef-argent.org

vendredi 3 février 2017

LA PORTE DE BRANDEBOURG DE SEDAN, CHEF D'OEUVRE EN PERIL

On connaît tous la Porte de Brandebourg de Berlin ; il en existe une autre, au cimetière de Sedan (Ardennes), édifié en 1915 par l'Allemagne en hommage à ses soldats tombés au début de la guerre. Faute d'être entretenu (la France et l'Allemagne se rejetant la responsabilité), ce monument s'est fortement dégradé. La Fondation du Patrimoine vient de prendre l'initiative de lancer une souscription pour sauvegarder cet étonnant témoignage d'un passé récent.



RABELAIS A LA UNE !


On retrouvera Rabelais dans notre ouvrage :

Le double langage de Rabelais

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : CEUX DES PROFONDEURS, James Wade





Il est évident qu’avec un titre comme Ceux des Profondeurs (The Deep Ones, James Wade, 1969) on va retrouver rapidement l’odeur du marché aux poissons d’Innsmouth. Il s’agit de l’histoire d’un certain Dorn, spécialiste de la perception extra-sensorielle qui va rejoindre, sur la côte californienne, le Dr Frederick Wilhelm pour l’assister dans ses travaux à l’Institut d’études zoologiques. Un institut qui travaille sur les dauphins et sur leur langage, afin de pouvoir communiquer avec eux. Le Docteur est assisté par Joséphine Gilman, une jeune femme qui ne manque pas de charme, malgré ses yeux globuleux et sa peau « rêche ». Elle descend d’une famille d’Innsmouth et a fait ses études à l’université de Miskatonic d’Arkham. L’institut est situé dans un endroit isolé au bord de la mer, mais qui a été squatté par un groupe de hippies dirigé par Alonzo Waite. Ce groupe proteste face aux expériences menées par les chercheurs.
Les expériences vont se succéder dans un grand bassin dans lequel se trouve Flip le dauphin. Dorn est chargé de plonger Joséphine dans une transe télépathique, afin de tenter d’échanger avec l’animal. Lors de ses « voyages mentaux », la jeune femme parle d’une cité sous-marine qu’elle nomme Arlayeh. Puis, après d’une séance prolongée, ils retrouvent Joséphine à moitié déshabillée, en train de hurler et de tenir des propos incohérents, en revenant sur Arlayeh, puis évoquant Leng, Kadath, Cthulhu et Shub-Niggurath.
Profitant d’une absence du Docteur parti faire des courses en ville, le gourou des hippies contacte Dorn. Il lui explique avoir été professeur assistant en psychologie à Miskatonic, et s’en être fait vider suite à des recherches l’ayant amené à utiliser la drogue. Ces recherches avaient en effet entraîné de graves dépressions nerveuses chez ses étudiants. Le but était d’explorer les mythologies évoquées par le Necronomicon, à savoir la colonisation de la terre par les Grands Anciens, leur expulsion par les Anciens Dieux, et leur attente d’un retour lorsque les conditions seraient favorables. Il explique également que Joséphine, une de ses étudiantes, est un pur produit de la dégénérescence d’Innsmouth et qu’elle finira par aller vivre au fond de l’eau.  Les dauphins sont les agents des Grands Anciens.
Joséphine avoue alors à Dorn qu’elle est enceinte et pense que le Professeur a abusé d’elle lors d’une de ses transes léthargiques.
Elle disparaîtra durant la nuit avec Flip dont le bassin a été ouvert, le corps du savant gisant déchiqueté dans le mécanisme d’ouverture des portes donnant sur la mer. Dorn retrouvera une lettre qui lui avait été laissée, dans laquelle Wilhem reconnaît avoir injecté au dauphin un stimulant sexuel pour analyser ses réactions. Sur une bande magnétique, il entendra un étrange cri d’amour, celui de Flip qui va enfin pouvoir partir avec sa bien-aimée rejoindre les merveilles de R’Lyeh.
Un texte « téléphoné », mais bien écrit par un musicien américain passionné par Lovecraft. On notera l’emprunt marqué de la théologie des Grands Anciens développée par Derleth.

jeudi 2 février 2017

CHASSONS DE FANTÔME AVEC EMILE TIZANÉ









































Ceci est le travail d'un fou comme nous les aimons, un passionné du nom de Philippe Baudouin. Ayant eu accès aux archives du gendarme chasseur de fantômes, il nous avait déjà proposé une intéressante exposition à Paris. Il récidive pour notre plus grand plaisir en publiant un livre, non un énorme pavé, reprenant la carrière et les enquêtes d'un gendarme traqueur de phénomènes paranormaux, Emile Tizané (1901-1982). J'avais déjà entendu parler de ce personnage dans la revue Planète. Je le redécouvre avec ce travail touchant, bourré de documents tous plus intéressants les uns que les autres. C'est aux Éditions Le Murmure et ne coûte que 39 €.



mercredi 1 février 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE REMPART DE BÉTON, Brian Lumley





Avec Le Rempart de Béton (1969, Cement Surroundings, Bouquins T II), Brian Lumley nous offre une nouvelle très classique, mettant en scène l’archéologue Amery Wendy-Smith de retour d’une expédition en Afrique qui l’a manifestement beaucoup marquée. Il invite son neveu dans sa maison isolée dans les marais du Yorkshire pour partager avec lui son aventure et ses inquiétudes. La mission visait à retrouver une cité soi-disant légendaire dont il est fait état dans les Fragments de G’harne, ouvrage dont il avait fait la traduction. Il en est rentré avec une nouvelle passion, la sismographie, se dotant de l’appareillage nécessaire pour traquer le moindre mouvement affectant le sous-sol ; il a ramené également deux magnifiques sphères nacrée recouvertes d’inscriptions étranges.  Ses coéquipiers ont tous disparus, et, interrogé sur le sujet, il murmure des propos incompréhensibles, faisant allusion à Shudde-M’ell et à Cthulhu. Il évoque des sacrifices monstrueux qui sont cités dans les Fragments, mais aussi dans les Manuscrits Pnakotiques. Le neveu découvre du reste dans sa bibliothèque une importante collection de livres inquiétants, comme le Cthaat Aquadingen, le Culte des Goules et les Notes sur le Necronomicon de Feery. Et il entend régulièrement venant de la chambre de son oncle une mélopée bizarre :
Ce’haiie, ep-ngh, fl’hur G’harnr fhtagn
Ce’haiie fhtagnngh ShuddlM’ell
Hai G’harne orr’e ep fl’hur,
Shuddle-M’ell incan-icanicas jl’hur orr’e G’harne

L’agitation du sismographe sème la panique chez sir Amery qui avoue qu’il s’est passé des choses horribles dans la Cité de G’harne et que des créatures sans nom ont décimé l’expédition. Depuis son retour, il se sent traqué par des choses ensevelies qui le recherchent. De retour d’une expédition en ville, le neveu retrouve le manoir complètement écroulé. Mais dans ce qui fut sa chambre, il remarque un trou, avec le sentiment que la maison a été aspirée de l’intérieur par cet orifice. La police lui remettra une lettre de sir Amery dans laquelle il explique être traqué par Shuddle-M’ell. Les deux globes qu’il a ramenés étaient des couveuses renfermant les rejetons de ce Grand Anciens, rejetons qu’il a grillés sous son cigare….
On est loin de l’horreur cosmique lovecraftienne et on flirte plutôt avec le gros gag !

mardi 31 janvier 2017

Le GHORL NIGRAL (Mülder)





Le Ghorl Nigral de Mülder (lettre du 14 août 1936 à Willis Conover Jr, in Bouquins tome II). Lovecraft évoque un rêve dans lequel il est question de l’infâme Ghorl Nigral de Mülder. Un manuscrit maudit qu’il a vu une fois entre les mains d’un lecteur à la bibliothèque de l’Université de Miskatonic. Un terrible éclair frappa le bâtiment et on retrouvera le lecteur mort, son corps tombant en poussière. Lovecraft n’aura hélas pas le loisir d’exploiter cet ouvrage. Mais sa « descendance » saura le mettre à profit. L’Encyclopedia Cthulhiana de Daniel Harms lui consacre une entrée. Les développements sont basés sur deux textes de Lin Carter (The Thing in the Pit et Zoth Ommog) ainsi que sur le Lovecraft at last de Conover. On y apprend que cet ouvrage, également connu sous le nom de Book of Night, a été découvert par le sorcier Zbauka dont il est fait état dans Le Livre d’Eibon. Il provient de toute vraisemblance de Yaddith. Il a été récupéré par les prêtres de Mû qui y ont ajouté certaines parties, dénaturant l’original. Il fut ensuite déposé dans le monastère de Yian-Hô puis retrouvé par Gottfried Müller, un ami de Von Juntz, qui publia en 1847 The Secret Mysteries of Asia, with a commentary of the « Ghorl Nigral ».
Il semblerait qu’un exemplaire soit conservé à la bibliothèque de l’Université de Miskatonic.

dimanche 29 janvier 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE COMTE MAGNUS, M.R. James





Robert M. Price (in introduction à Le Cycle de Cthulhu, Oriflam 1988) voit dans Le Comte Magnus de M. R. James une « influence » importante sur la fiction lovecraftienne (nouvelle reprise dans l’ouvrage cité ; première publication dans Ghost Stories of an Antiquary, 1904). Lovecraft, dans Épouvante et Surnaturel en Littérature (cf 1927) relèvera l’originalité du style de l’écrivain anglais, Les trois grandes règles utilisées par ce dernier seront du reste reprises par notre auteur (cf Notes sur l’écriture de la fiction surnaturelle, 1932) :
-       L’histoire doit toujours se dérouler dans un cadre familier, situé dans une époque moderne,
-       L’histoire doit atteindre le plus près possible l’expérience et l’univers ressenti par le lecteur,
-       Tout patois technique, style « occultisme savant ou pseudo-scientifique », sera à tout prix évité.
-        
L’histoire met en scène un certain Wraxall, voyageur curieux et adepte de la rédaction de journaux de voyage, dans l’esprit du Journal d’un Séjour au Jutland et dans les îles danoises d’Horave Marryat. Des récits vivants, collectant de nombreux témoignages et cherchant à plonger dans l’histoire de quelques familles représentatives de la région étudiée. Sa nouvelle expédition le conduit en Scandinavie où il est accueilli par les propriétaires de l’ancien manoir de Rabäck dans le Vesterdothland qui acceptent de lui ouvrir leurs archives. Et de plonger dans une saga familiale marqué par son patriarche, le Comte Magnus de la Gardie. Un personnage qui a laissé un mauvais souvenir dans la région. L’aubergiste où réside le voyageur laisse entendre que le Comte avait effectué un Pèlerinage Noir dont il avait ramené quelque chose. Wraxall continue d’enquêter, visitant l’église proche du domaine et son mausolée où sont enterrés les membres de la famille.
Dans les archives, il met la main sur un manuscrit d’alchimie du XVI ème siècle, rédigé par le comte, et intitulé Liber Negrae Peregrinatis. Il est fait allusion à une visite au Prince Noir du village de Chorazin. L’aubergiste raconte alors à son client l’histoire de deux chasseurs, à l’époque de son grand père, qui étaient allés de nuit sur les terres du comte et qui rencontrèrent des êtres qui ne devraient pas se trouver là. Des êtres qui devraient se reposer et ne pas marcher la nuit. On les retrouvera affreusement mutilés.
Wraxall fréquente de plus en plus souvent le mausolée et remarque que les cadenas de la tombe du Comte sont usés. Le couvercle cédera et le voyageur, paniqué, prendra les jambes à son coup et rentrera en Angleterre. Il se sent poursuivi par deux silhouettes portant un manteau noir. Il part se mettre au vert à Belchamp-Saint-Paul (Essex) dans une pension où on le retrouvera mort le lendemain de son arrivée.

Un bon texte qui s’articule sur les notes du voyageur, retrouvées par les propriétaires de la pension. Robert M. Price fera une longue liste des fictions de Lovecraft influencées par cette nouvelle. Notre auteur utilisera par exemple la ville de Chorazin[1] où il situera la demeure hantée des van der Heyl dans Le Journal d’Alonso Tyler (1935).



[1] Chorazeïn, avec Bethsaïde et Capharnaüm sont trois villes (ou gros villages) mentionnées dans le même paragraphe de malédictions prononcées par Jésus dans les évangiles de Matthieu (Mt 11 :23) et Luc (Lc 10 :13), car les miracles que Jésus y a accomplis n’ont pas entrainé de conversions. D'ailleurs ces miracles ne sont mentionnés nulle part dans les évangiles. Si Bethsaïde et Capharnaüm, toutes deux au bord du lac de Tibériade, sont connues car mentionnées à différentes occasions dans les évangiles, Chorazeïn reste mystérieuse : elle n’apparait dans les évangiles qu’en ces deux paragraphes cités ci-dessus.
En raison de la malédiction de Jésus, quelques auteurs médiévaux affirmaient que l’Antéchrist naîtrait à Chorazeïn.
Lovecraft, dans la nouvelle citée, localise Chorazin à New York. D’après Szymanski dans Dreams, Dark and Deadly, il s’agit d’une localité privilégiée pour invoquer Cthulhu. Abdul Alhazred et Ludwig Prinn sont cesés avoir également effuecué la « Pèlerinage Noir » (The Lord of the Worms, Brian Lumley ; The Transition of Abdul Alhazred, R.E. Price).

samedi 28 janvier 2017

LOVECRAFT, DUNSANY ET LA FORME VIDE

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1919, la lecture de La Boutique de la Rue du Passage de Dunsany influencera profondément la propre vision mythologique de Lovecraft, et notamment celle de la forme vide. Robert M. Price (in introduction à Le Cycle de Cthulhu, Oriflam 1988) voit dans ce texte une source de L’Appel de Cthulhu. Cette nouvelle figure dans le recueil cité. Elle fut publiée pour la première fois dans Tales of the Three Hemispheres (Boston, John W. Luce and Company, 1919)

Mais si l’endroit était sombre et lugubre, il y avait à l’autre extrémité une lueur azurée ; en son cœur scintillait une multitude d’étoiles.
-       C’est ici le paradis des dieux en sommeil, fit le gros homme.
Je lui demandai de quels dieux il s’agissait, et il me fournit toute une liste de noms, dont certains que je n’avais jamais entendu auparavant.
-       Et tous ceux qui ne sont pas vénérés de nos jours dorment d’un profond sommeil.
-       Mais alors, le temps ne les tue pas ? m’enquis-je.
-       Non. Mais pendant trois ou quatre mille ans, un dieu est vénéré. Puis, sur une période aussi longue, il entre en léthargie. Seul le temps ne dort jamais.
-       Mais tout ce que l’on nous apprend sur les nouveaux dieux…. Ne seraient-ils donc pas si nouveaux que ça ?
-       Une nouvelle aube se lève et les prêtres poussent de grands cris de joie, car ils ont entendu les anciens dieux qui bougent dans leur sommeil, en préparation de leur éveil. Mais ces prophètes-là sont les bienheureux, car d’autres entendent un ancien dieu leur parler alors qu’il dormira encore longtemps, et ils peuvent prédire tout ce qu’ils veulent, l’aube ne viendra pas.