Chez le Bibliothècaire

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mardi 17 janvier 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : AU-DELA DU SEUIL, Derleth





August Derleth se lance dans les « pastiches » et nous livre, avec Au-delà du Seuil (Beyond the Thresold, in Weird Tales 1941), l’une de ses premières « collaborations posthumes ». Un certain Tony, bibliothécaire adjoint à l’université de Miskatonic, est appelé par son cousin Frolin, qui réside avec le grand père Josiah Alwyn dans la résidence de famille dans le Winconsin. Il se fait du souci au sujet de la santé du patriarche, mais ne souhaite pas en dire plus. Frolin débarque et trouve un grand père en pleine forme qui explique être très pris par ses recherches sur les papiers laissés par le grand-oncle Léandre qui était originaire d’Innsmouth. En aparté, Frolin fait part à Tony de phénomènes étranges qui semblent se produire la nuit, émanant de la chambre-bureau de Josiah : odeurs de poisson, courant d’air glacial alors qu’une tempête qui ne fait pas bouger les arbres se déclenche autour de la maison, musique étrangement belle de flutes. Josiah interroge longuement Tony sur ce qu’il peut savoir sur Innsmouth et le bibliothécaire lui parle des travaux de Lovecraft sur le sujet. Le grand père évoque également un certain nombre de noms comme Wendigo, Ithaqua, Lloigor ou Hastur, relevés dans les travaux du grand-oncle. Il précise que ce dernier recherchait un « seuil » qu’il ne fallait absolument pas franchir. Perturbé, Tony se remémore ce qu’il a appris dans les livres maudits de la bibliothèque, comme Le Livre d’Eibon, Les Manuscrits Pnakotiques, le Texte de Rlyeh et le terrible Necronomicon. Il explique à Frolin la théorie des Grands Anciens qui attendent le signe permettant leur retour. Il lui parle notamment de Hastur et Ithaqua, le Chose de la Neige, Celui qui chevauche les Vents. Après une première nuit d’inquiétude, les deux cousins vont pénétrer dans la chambre de Josiah qui a disparu. Une grande fresque murale a été détruite, laissant voir l’ouverture d’une galerie dans le mur. On retrouvera le corps du grand père sur une île du Pacifique, remarquablement bien conservé dans un bloc de glace. Tout laisse penser qu’il était tombé d’un avion !
Un texte sans prétention, terriblement téléphoné, mais amusant par la mise en scène que fait Derleth de l’œuvre de fiction de Lovecraft . A noter également que le novelliste enrichit le « panthéon » en introduisant Ithaqua (Wendigo), estimant qu’il manquait au Mythe une créature représentant le vent…

lundi 16 janvier 2017

POURQUOI NE PAS S'OFFRIR UN PETIT NESSIE ?



Le 7 mars 2017, l’étude Binoche et Giquello plonge dans les eaux troubles du Lock Ness, avec la mise aux enchères d’un squelette de Zarafasaura vieux de 66 millions d’années.
Ce gigantesque reptile marin, long de près 9 mètres et doté d’un cou extrêmement développé, est souvent comparé au légendaire monstre lacustre d’Écosse Nessie.

Ce spécimen unique de Zarafasaura, complet à 75% et de qualité muséale, sera exposé dans son intégralité à Drouot du 4 au 7 mars.
L’occasion pour les amateurs et connaisseurs de se confronter à ce géant du jurassique et de découvrir à ses côtés un remarquable ensemble d’objets dont un imposant crâne de Triceratops, un squelette du reptile volant le Ptéranodon longiceps, des fossiles d’espèces disparues ainsi que d’étonnantes météorites.

dimanche 15 janvier 2017

L'AUBE DU MAGICIEN II VIENT DE SORTIR

Attention, tirage limité

On commande ici

ATLAS OBSCURA, UN MUST !!!!


Vous en avez marre du Club Med ; les croisières Costa ne vous font plus vibrer ! Alors munissez-vous de cet atlas de près de 500 pages magnifiquement illustré et faites le tour du monde des lieux secrets, occultes, invraisemblables, bref fortéens !

Atlas Obscura est un site internet très célèbre aux Etats-Unis. Son but est de répertorier tous les lieux les plus merveilleux et étranges du monde. Les lecteurs peuvent à tout moment enrichir ce catalogue qui se veut à mi-parcours entre un guide touristique et un cabinet de curiosité.

Best-seller outre Atlantique, le beau livre Atlas Obscura sort en France grâce aux éditions Marabout. Le livre part à la rencontre des pratiques culturelles du monde entier et nous fait découvrir à l’aide d’époustouflantes photographies plus de six cent lieux étranges et curieux à travers les cinq continents : la porte de l'enfer du Turkménistan, les secrets des catacombes de Paris, les écorchés de Fragonard, les tunnels abandonnés de la petite ceinture de Paris, les cercueils suspendus sur une falaise aux Philippines et tant d’autres.

C'est chez Marabout, et ce bijou ne coûte que 29,90 €

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : HORREUR à SALEM, Henry Kuttner






Épouvante à Salem (1936, Henry Kuttner, The Salem Horror in Weird Tales, 1937). Joshi qualifiera cette nouvelle de “very bad story”. Et il est vrai que ce nouveau participant au “Circle” ne s’est pas vraiment foulé. Il s’agit d’un pastiche de La Maison de la Sorcière, pastiche sur lequel Lovecraft a beaucoup travaillé pour rectifier les erreurs « géographiques » et tenter de détendre un rythme trop précipité dans la montée de l’horreur. En tout état de cause, on est très loin des visions cosmiques qui font tout l’intérêt de l’original.
Nous sommes en compagnie de l’écrivain à succès Carter qui s’est installé à Salem dans la maison de la sorcière Abigail Prinn dont même le bûcher n’a pu venir à bout lors des fameux procès. Carter est sans cesse nargué par un rat qu’il va poursuivre jusque dans la cave, mettant à jour la pièce secrète de la sorcière. Un endroit couvert de mosaïques colorées de vert et de pourpre, décoré par un pentacle au sol et au centre duquel trône un disque de pierre noire. Carter trouve l’endroit intéressant et décide l’y installer son bureau pour travailler au calme, non sans avoir auparavant prévenu son propriétaire de sa découverte. Les bavardages de ce dernier amèneront chez Carter un défilé d’occultistes, souhaitant visiter la salle de la sorcière, dont un certain Michael Leigh qui met en garde l’écrivain. En effet, la sorcière n’a pu être brûlée et elle va tenter, compte-tenu de son installation dans son antre, de s’emparer de son esprit par le rêve. C’est bien évidemment ce qui se passera en Carter sera sauvé in extremis par Leigh, qui possède la bonne formule et les ingrédients nécessaires pour repousser le Grand Ancien qui manipule Abigail Prinn, le redoutable Nyogtha dont il est fait allusion dans le Necronomicon. Une façon pour Henry Kuttner de payer son ticket d’entrée dans le « Circle ».
Pour les hommes il est le prince des Ténèbres, ce frère des Anciens appelé Nyogtha, la Chose qui ne devrait pas être. Il peut être appelé à la surface de la terre par des crevasses et des cavernes secrètes, et des sorciers l'ont vu en Syrie ainsi que sous la tour noire de Leng. Des grottes Thang de Tartarie, il a répandu la terreur, apportant mort et destruction parmi les tentes du grand Khan. Seuls la croix "potencée", l'incantation de Vach-Viraj et l'élixir de Tikkoun peuvent le repousser dans les antres ténébreux d'infamie voilée où il demeure.


samedi 14 janvier 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE VISITEUR VENU DES ETOILES, Robert Bloch





Le Circle s’amuse et Robert Bloch nous en donne un exemple magistral dans Le Visiteur venu des Étoiles (1935, The Shambler from the Stars in Weird Tales, 1935). L’auteur est un écrivaillon fantastique qui, malgré quelques publications dans des revues populaires, ne parvient pas réellement à déboucher. Dans sa recherche de nouvelles sources d’inspiration, il se met en relation avec un auteur bien connu de Providence qui lui suggère d’aller fouiner dans des livres maudits comme le Necronomicon ou Le Livre d’Eibon, réputés pour flirter avec « l’horreur absolue ». Une recherche qui s’avère laborieuse, les portes des universités et des bibliothèques privées ayant curieusement tendance à se fermer à l’annonce de sa démarche. C’est finalement chez un bouquiniste qu’il fera la découverte qui bouleversera sa carrière. Il mettra la main en effet sur un curieux ouvrage, De Vermis Mysteriis ou Mystères du ver d’un certain Ludvig Prinn, nécromancien renommé qui périra à Bruxelles sur les bûchers de l’Inquisition. Le narrateur ne pourra hélas lire cet ouvrage, rédigé en latin, langue qu’il ne maîtrise pas. Il fera appel à son correspondant de Providence qui acceptera d’examiner le manuscrit. L’Ermite deviendra de plus en plus nerveux à la lecture de l’ouvrage, notamment en découvrant le rituel utilisé par Prinn pour invoquer ses visiteurs invisibles venus des étoiles. L’atmosphère du bureau de Lovecraft deviendra de plus en plus glaciale au fur et à mesure qu’il lira la formule jusqu’à ce qu’une créature brumeuse entre dans la pièce en ricanant en en désarticulant le récitant. Celui-ci sera vidé de son sang alors que la créature se teinte de rouge avant de disparaître.
Robert Bloch avait demandé à Lovecraft l’autorisation de le « tuer » dans sa nouvelle. Lovecraft se vengera en « trucidant » Bloch dans Celui qui hante les Ténèbres (cf infra, 1935).

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : UBBO SATHLA, C.A. Smith

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Ubbo-Sathla (1932, Clark Ashton Smith, in Weird Tales 1933). Un beau produit du “Circle” dont Le Livre d’Eibon est le véritable héros. Paul Tregardis, grand passionné d’occultisme, découvre chez un antiquaire londonien un curieux cristal laiteux en forme d’orbe. Le marchand n’en connaît pas l’origine, mais suppose que c’est une pièce très ancienne, venant du Groëland d’avant la période glaciaire et ayant certainement appartenu à un sorcier de Thulé. Il en fait l’acquisition pour un vil prix et entreprend des recherches sur cet objet dans les ouvrages sulfureux de sa bibliothèque. Cette pierre est bièvement évoquée dans Le Livre d’Eibon qui précise effectivement qu’elle aurait appartenu à Zon Mezzamalech, sorcier de Mhu Thulan. En fixant la pierre du regard, il suscite d’étranges visions et subit une véritable régression qui le conduit à ne faire plus qu’un avec le sorcier. S’il revient de plus en plus difficilement de chacun de ses « voyages », sa dernière expérience lui sera fatale. Il cherche en effet à percer les mystères du « commencement » et, sous forme de larve, rencontre la masse informe originelle de Ubbo-Sathla. Autour de cette masse gélatineuse se trouvent les tablettes de pierre extraites des étoiles qui donneront Le Livre d’Eibon. ...Car Ubbo-Sathla est la source et l'achèvement. Avant que Zhothaqquah ou Yok-Zothoth ou Kthulhut ne descendent des étoiles, Ubbo-Sathla demeurait dans les marais bouillonnants de la Terre nouvelle­ment née ; une masse sans tête ni membres, engendrant les premiers tritons gris et informes et les hideux prototypes de la vie terrestre... Et il est dit que toute vie terrestre retournera, à travers la grande roue du temps, à Ubbo-Sathla.
 On ne retrouvera jamais Paul Tregardis.
Cette nouvelle, sur les mystères de l’Origine, est bien évidemment à mettre en regard des Chiens de Tindalos de F.B. Long (cf 1929).

jeudi 12 janvier 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE FEU D'ASSHURBANIPAL, R.E. Howard





Le Feu d’ Asshurbanipal (1936, Robert E. Howard, The Fire of Asshurbanipal, in Weird Tales, 1936). Joshi dira de cette nouvelle qu’elle synthétise parfaitement la plume de Howard et l’influence de Lovecraft. C’est effectivement un bel exemple de ce que le « Circle » peut faire de meilleur. Deux aventuriers amis, l’américain Steve Clarney et l’afghan Yar Ali, arpentent le désert du Turkestan à la poursuite d’une chimère ; dans les bas-fonds de Shiraz, un vieux marchand persan leur a en effet parlé de la mystérieuse Cité des Démons, Beled-el-Djinn ou encore Kara-Shehr ou Cité Noire. Il s’agirait de la Cité du Mal évoquée dans le Necronomicon et dont le temple abriterait un squelette serrant dans ses doigts osseux une gemme flamboyante, le Le Feu d’ Asshurbanipal. Après d’épiques aventures qui sentent bon la poudre et le sang, les deux compères, épuisés et morts de soif, retrouvent la cité et son trésor. Mais ils sont surpris par une bande de pillards dirigés par un aventurier auquel Steve Clarney avait déjà eu affaire. Le chef des brigands, malgré les protestations de ses troupes qui le mettent en garde contre la malédiction, s’empare du gemme. Les murs se mettent à trembler et une créature sans nom fait une petite fête amicale au profanateur. C’était énorme, noir et chimérique ; c’était une monstruosité lourde et puissante qui marchait et se tenait debout comme un homme, mais cela ressemblait aussi à un crapaud, et cela avait des ailes et des tentacules. Les noms de Yog-Sothoth et de Cthulhu sont murmurés par les spectateurs terrorisés. Et Howrd d’injecter sa petite touche « d’horreur cosmique » : l’Homme ne fut pas le premier habitant sur terre ; d’autres Êtres vivaient ici avant sa venue

LES APOCALYPSES CULTURELLES


mardi 10 janvier 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'HERITIER DES TENEBRES, C.A. Smith





L’Héritier des Ténèbres (1932, C.A. Smith, The nameless Offsting in  Strange Tales, 1932). Cette nouvelle du “Circle” s’ouvre par une belle citation du Necronomicon, dans l’esprit de celles (trop rares) que Lovecraft nous a lui-même proposées avec leur entêtant parfum d’horreur cosmique !

Nombreuses et multiformes sont les horreurs insoupçonnées qui infestent la Terre depuis la nuit des temps. Elles sommeillent sous la pierre que le pied ou la main n'a pas dérangée ; elles hantent les océans et les lieux souterrains ; elles dorment au cœur des sanctuaires oubliés ; elles sortent à l'aube en sortant de riches sépulcres d'airain ou de modestes tombes scellées dans l'argile. Certaines sont depuis longtemps connues de l'homme, tandis que d'autre lui sont encore inconnues, attendant le chaos des derniers jours pour se révéler. Les plus terribles sont malheureusement encore à venir. Mais parmi celles qui se sont déjà montrées par le passé et sont apparues au grand jour, il en est une qui ne peut être nommée ouvertement en raison de son infamie particulière, celui qui hante le mystère et l'obscurité des tombeaux et n'apportant en effet que la mort et la folie.

Le problème est que cette citation n’a rien à voir avec le texte qui suit, un peu comme si elle avait été surajoutée pour obtenir le « tampon du Circle » ! Il s’agit une fois de plus d’une histoire de maison maudite dans laquelle se rend une nuit d’orage Henry Chaldane, en vacances en Angleterre. Cette maison appartenait à un ami de son père, John Tremoth, qui a subi une terrible épreuve. Son épouse, malade, a été enterrée dans le caveau familial alors qu’elle n’était pas morte. Il parviendra à la sauver, mais elle mourra de folie après lui avoir donné un enfant monstrueux. Le visiteur est accueilli par John, toujours en vie, heureux de revoir le fils d’un ami et lui conte son calvaire. Il lui propose une chambre pour la nuit, mais le visiteur ne peut dormir suite à des grattements venant d’une chambre contigue barricadée. On devine la suite, on retrouvera le châtelain déchiqueté par son fiston qui avait cette nuit là une grosse faim !

lundi 9 janvier 2017

LES CHRONIQUES D'EL BIB : LA CHOSE AILEE SUR LE TOIT R.E. Howard





La Chose Ailée sur le Toit (1932, Robert Howard, The Thing on the Roof in Weird Tales, 1932). Sans atteidre la qualité du Monolithe Noir, cette nouvelle du ‘Circle” est tout à fait intéressante par l’utilisation faite par l’auteur des Unaussprechichen Kulten. Ouvrage maudit largement analysé dans la nouvelle précédente, il forme un peu le cœur du présent texte. Un chercheur en ésotérisme, Tussmann, fait appel à un ancien collèque versé dans les livres rares pour mettre la main sur une version originale de l’ouvrage de Von Juntz. Les versions « courantes », dont celle des Golden Goblin Press, sont trop tronquées pour les recherches de Tussmann concernant un temple très ancien situé au Honduras. Le narrateur finira par trouver l’ouvrage, et Tussmann, muni des indications qui lui manquaient, partira explorer le monument. Il trouvera une momie dans un sarcophage possèdant une amulette en rubis permettant d’ouvrir la porte d’une crypte secrète. De retour en Europe, il invitera son ami et lui fera part de sa déception de ne pas avoir trouvé d’or dans la cache mais une créature monstrueuse qui lui fera prendre la fuite en oubliant de refermer la porte. On imagine sans peine la suite, des bruits dans la maison et la découverte au petit matin du cadavre trucidé de Tussmann par une créature possèdant des sabots !

LES VAMPIRES DE MOLENBEEK






CYCLE SANG POUR SANG VAMPIRES !
Tremblez dans vos chaumières car nous vous convions à notre cycle Sang pour sang Vampires!  L'occasion rêvée pour explorer les paralittératures : fantastique, science-fiction, horreur, fantasy...et de vous plonger dans des univers parallèles à travers trois évènements exceptionnels, dont voici le troisième et dernier :
adrien partyLes vampires dans l'art et la littérature
Le vendredi 20 janvier à 18h  (Château du Karreveld, salle Reine Elisabeth - avenue Jean de la Hoese, 3).
Une conférence d’Adrien Party, passionné de vampires, créateur et rédacteur du webzine Vampirisme.com
Présente depuis le XIXe siècle dans la littérature de fiction, la figure du vampire ne cesse de se remodeler au fil du temps, de la société et des goûts et envie des auteurs (et lecteurs). Difficile
de trouver une créature pour laquelle on dispose d'autant de textes, du fantastique à la SF, en passant par le policier, la poésie, le théâtre... Cette conférence propose de suivre l'évolution littéraire de la créature jusqu'à nos jours, et de passer en revue les grandes évolutions de cette figure mythique de la pop-culture.
Activité gratuite.  Réservation indispensable.Infos et réservations au 02/414.48.99 ou sur biblio.1080@molenbeek.irisnet.be

dimanche 8 janvier 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : TALION, C.S. Smith






Talion (Clark Aston Smith, 1931, The return of the Sorcerer, in Strange Tales, 1931). C’est au tour de CAS de participer aux travaux du “Circle”, de façon très « amateur » il est vrai. Il nous livre une histoire qui sent bon le déjà lu, une histoire d’horreur classique où un occultiste fou découpe en morceaux son frère jumeau plus avancé que lui dans les Arcanes. Et évidemment les sympathiques petits morceaux viendront crier vengeance. Tout cela est légèrement habillé pour obtenir le tampon du « Mythe ». L’occultiste fou, John Carnby, fait appel à un assistant connaissant l’arabe pour l’épauler dans ses travaux. Il ne s’agit rien d’autre que de faire quelques traductions d’obscurs passages du Necronomicon non repris dans la version latine d’Olaus Wormius, et ce à partir d’une versiion originale dont la provenance ne nous est pas indiquée. L’occultiste espère trouver les invocations nécessaires pour renvoyer sous d’autres cieux les restes un peu trop remunats de son frère.  L’opération se soldera évidemment par un échec.

lundi 2 janvier 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LES CHIENS DE TINDALOS, F.B Long








Les Chiens de Tindalos de Frank Belknap Long (The Hounds of Tindalos, 1929). J’ai toujours eu beaucoup de tendresse pour cette nouvelle du « circle » dans lquelle FBL montre qu’il a bien intégré lr process de l’horreur cosmique lovecraftenne. Chalmers est un érudit en sciences occultes qui jongle en permanence entre les travaux du Dr John Dee et ceux d’Einstein. Et qui s’est mis entête de remonter le temps grâce à une redoutable drogue asiatique. Ce qu’il va faire sous la surveillance de son ami qui n’arrive pas à l’en empêcher. Et de plonger dans un maelstrom où il revoit toute l’histoire humaine. Et delà de l’homme, il pénètre dans des géométries improbables et inquiétantes où son terrés les chiens de Tindalos Ce sont des créatures de l’origine des temps, faites pour récupérer la mal originel. La suite est un peu téléphonée et ces synaptiques bestioles viendront faire la fête à l’importun Chalmers.

dimanche 1 janvier 2017

LES CHRONIQUES d'EL'BIB : LES MANGEUSES D'ESPACE F.B. Long

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Les Mangeuses d’espace (The Space Eaters, Frank Belknap Long, Weird Tales, 1928). Un pur produit du “Cercle”, mettant en scène les deux amis, Frank et Howard. L’écrivain cherche à fixer l’horreur cosmique sur le papier mais n’y parvient guère jusqu’à ce que pénètre chez les deux amis Henry West qui leur raconte une histoire in vraisemblable. Il a été poursuivi dans la forêt par une créature innomable qui lui a « balancé » ce qui semble être un morceau ce cervelle. Et le brave Henry de montrer sur sa tempe un trou cylindrique profond, tout en hurlant « qu’elle veut lui prendre le cerveau ». S’ensuivra une course poursuite dans les bois pour localiser la créature qui les traquera jusqu’à à la maison au prix de la vie de Frank et de Henry. Un texte assez faible, pourquoi la créature disparaît-elle après (elle a trop mangé de cervelle) ? au sujet duquel Lovecraft protestera avec gourmandise, n’aimant pas être le presonnage d’une fiction !

vendredi 30 décembre 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA THEORIE DES CYCLES SELON LOVECRAFT





Le Cosmicisme de l’Infini (lettre de plus de 25 pages du 30/10/1929 à J.F. Morton, Lyre Press op. cité). Malgré le titre pompeux choisi par l’auteur, ce long texte est un nouveau plaidoyer matérialiste de base : il évoque … « un cosmos dans lequel il n’y a pas la plus petite parcelle de probabilité qu’il existe une conscience directrice, un ensemble de valeurs absolues ou un aspect « spirituel ». Mais ce qui est intéressant ici, c’est la couleur qu’il donne à son matérialisme, celle de l’indifférentisme. Il ne s’agit aucunement de pessimisme, mais de la conclusion naturelle à laquelle on arrive quand on a compris que la vie n’a pas de but et que toute idée d’un progrès collectif est totalement absurde. Lovecraft est à l’opposé d’un Hegel, qui voit une « montée de l’esprit dans l’histoire », mais plutôt tenant d’une histoire cyclique qui n’en finit plus de boucler sur elle-même. La civilisation actuelle s’oriente vers un monde de grand confort qui étouffera progressivement la culture. Ce monde s’effondrera soit par ennui, soit par une conquête venant de l’extérieur ( ?). Et la machine repartira sur une base nomade/pastoral, avec de vieilles femmes qui raconteront d’étranges légendes à propos des ruines de béton des ponts et des immeubles de ce que furent des villes, ou encore au sujet des « restes » du Sphinx d’Égypte ou des temples de Pétra. On aura droit bien sûr également dans cette confession à une critique en règle du christianisme qu’il qualifie de secte sémite abêtissante et une envolée nostalgique pour les virils vikings/teutons qui furent les fondateurs de la civilisation.
A noter qu’il envoie à F.M. Morton avec ce même courrier un poème se déroulant en Afrique, L’Avant-Poste.

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LETTRES DE 1929, Lovecraft

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Les recueils de lettres choisies de Lovecraft n’ont pas de chance. Christian Bourgois a capitulé après le premier tome. Il en est de même pour Lyre Press qui nous a pourtant donné un joli petit volume en 2009, Lettres de 1929 (de juillet à décembre). On trouvera dans ce recueil la monumentale lettre (70 pages) à un certain Woodburn Harris avec lequel il avait des conversations « pink » et dans laquelle il lui donne un véritable cours de philosophie sexuelle !

mercredi 28 décembre 2016

L'UNITE 10'003 DE L'ARMEE RUSSE

Paranormal

OVNI, télépathie et forces spéciales: la mystérieuse histoire de l’Unité 10’003 de l’armée russe

En 1989, plusieurs dizaines de Russes aux dons exceptionnels sont recrutés par l’armée. Intégrés au sein de l’Unité 10'003, ils apprendront à devenir des «superhumains». De l’utilisation de la télépathie sur les champs de bataille à une rencontre avec des extraterrestres, les souvenirs de ces vétérans jouent avec les limites de l’imagination.

Par Romain Mielcarek - 26.10.2016


Hésitante, l’interprète ouvre de grands yeux incrédules. L’homme à qui elle parle au téléphone est-il complètement fou? Elle peine à traduire ses propos tant ils paraissent incroyables. «Pendant plusieurs mois, nous avons fait des recherches et compris comment instaurer le contact avec les extraterrestres grâce à la télépathie, explique une voix sereine à l’autre bout du fil. Ils ont un code de communication composé de chiffres et de lettres, comme les opérateurs radio.»

Cet étrange récit est celui du général Alexey Y. Savin [sic, lire Alexeï Y. Savine], aujourd’hui à la retraite. Le vieil homme, vêtu simplement, reste en forme du haut de ses soixante-dix ans passés. Il a pris l’habitude de raconter son histoire et continue de le faire patiemment. Dans sa jeunesse, l’officier a suivi un cursus particulièrement prestigieux au sein de l’armée russe. Au début des années 1970, il commence des études au département aéronaval de l’Académie de la marine de Sébastopol, avant de se plonger dans la cybernétique. Pendant les seize premières années de sa carrière d’officier, il sera même à la pointe de la recherche scientifique de la Défense soviétique. Jusqu’à ce qu’en 1989, l’Etat-major des armées lui confie une nouvelle mission: développer une cellule de recherche et d’expérimentation dans le domaine de la parapsychologie. Les Russes veulent vérifier si les compétences extraordinaires de certains esprits peuvent servir au cours d’opérations militaires ou de missions de renseignement.


Exemple d’expérience télépathique.

«Nous avions quarante ans de retard sur les Américains, car ce genre de pratiques n’était pas conforme à l’idéologie communiste, se souvient-il. Nous avons donc décidé de créer l’Unité 10’003.» Télépathie, visionnage de coordonnées géographiques ou de sites militaires par la pensée, détournement de missiles par la force de l’esprit, prédictions de l’avenir et… contacts avec des extraterrestres, les «phénomènes» étudiés par cette brigade très spéciale rappellent de nombreux épisodes de la célèbre série X-Files.

D’ailleurs, sur internet, on ne trouve au sujet de l’Unité 10’003 qu’une poignée d’interviews de son ancien patron. Ainsi que des rumeurs invérifiables évoquant des expériences sur des zombies, des liens obscurs avec les dirigeants soviétiques, des noms d’officiers du KGB… C’est pour rectifier ces affabulations, nourries par le secret militaire et la complexité des sujets abordés, que le général Savin [Savine] et l’une de ses anciennes subalternes ont accepté de nous raconter leur histoire.

Pour développer les capacités extraordinaires nécessaires à la parapsychologie, les militaires ont commencé par s’intéresser au fonctionnement du corps et de l’esprit dans des conditions de concentration extrême. «On travaillait de 9 heures du matin jusqu’à 21 heures», se souvient Valentina Ivanovna Sydorova, l’une des membres de la première heure de l’Unité 10’003, formée au KGB.

Trente ans après, elle garde toujours le même carré réglementaire et affiche fièrement ses médailles, sur l’uniforme qu’elle ne sort plus que pour les grandes occasions. A la création de l’unité, en 1989, elle est âgée de 35 ans. Elle est rapidement soumise à un entraînement intensif dans un austère bâtiment à deux pas de l’Etat-major des armées, en plein cœur de Moscou. «L’Institut de nutrition nous avait prescrit un régime spécial. Il s’agissait d’examiner une nouvelle méthodologie. On testait tout, comme la nourriture végétarienne. Notre état, tant physique que psychique, était régulièrement contrôlé en laboratoire.»

Très tôt, Savin [Savine] est convaincu que les femmes possèdent des capacités accrues et qu’elles sont capables de mieux aiguiser leurs sens, même méconnus. Pour le prouver, il les pousse dans leurs derniers retranchements. Sur des clichés jaunis, il nous montre ces Russes à la coiffure rigide, pas spécialement habituées aux réalités de l’infanterie presque exclusivement masculine en Union soviétique, s’entraîner à tirer à l’arme automatique… ou chercher à deviner l’état civil de fonctionnaires à partir de simples photos. «On nous soumettait une liste de cinquante portraits d’inconnus et nous devions retrouver l’identité de chaque personne, raconte Valentina. Si cela ne correspondait pas à 85% à la réalité, on devait tout reprendre à zéro. On arrivait à de très bons résultats.»


Les membres de l’Unité 10’003, même non militaires, suivaient une formation basique au combat.

L’Unité 10’003 était divisée en deux groupes. Le premier, composé de forces spéciales, est toujours soumis au secret défense. Le haut gradé est, par contre, plus loquace en ce qui concerne la seconde section, exclusivement féminine. Sur les centaines de candidates auditionnées, huit seulement ont été retenues. Lui-même a été sur le terrain, même si les photos de l’époque montrent qu’il n’avait pas le physique d’un guerrier.

Le visage potelé, il ressemble, sur une photo prise dans un hélicoptère, à un chercheur plus habitué aux laboratoires qu’aux champs de bataille. Mais il fallait bien aller suivre sur place les résultats de ses ouailles: «Pendant la guerre en Tchétchénie, elles avaient pour tâche de déterminer les intentions de l’adversaire et de décoder les informations lors des interrogatoires, explique le général. Même chose pour les plans des Américains en ex-Yougoslavie. On leur donnait des cartes topographiques sur lesquelles elles devaient indiquer où se trouvaient les mines et les stocks d’armes dissimulés.»

En plus des conflits en Tchétchénie, en Géorgie, en ex-Yougoslavie et en Abkhazie, les spécialistes de l’Unité 10’003 ont, au fil des années, collaboré à des enquêtes de police dans différentes villes du pays. «Comme j’avais été formée au KGB, se souvient Valentina, j’ai notamment pris part à la lutte contre les trafiquants d’armes et de drogue.»

Ce sont d’ailleurs les seules attestations que les anciens de l’Unité 10’003 sont en mesure de présenter. Tout leur travail au profit de l’armée est confidentiel, et le restera probablement longtemps encore, Moscou n’ayant pas de politique de déclassification des documents militaires comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne. Le général Savin [Savine], s’il assure que les résultats de ses «supersoldats» ont épaté les combattants sur le terrain, ne peut nous montrer qu’un document du Ministère de l’Intérieur: une lettre rédigée en 1993 qui remercie son équipe de femmes pour leur participation à de vastes opérations de police, ayant permis l’interpellation de criminels.

Aussi surprenants que puissent paraître ces exploits, Alexey Y. Savin [Alexeï Y. Savine] et Valentina Ivanovna Sydorova en égrainent d’autres, plus abracadabrants encore. Cette dernière raconte par exemple comment elle a communiqué télépathiquement avec des dauphins, dressés par l’armée, dans le port militaire de Sébastopol.

De la projection mentale au profilage d’individus, en passant par le développement d’une supermémoire ou l’étude de la philosophie et de la poésie, le champ des investigations de l’Unité 10’003 était pour le moins diffus. Dans l’esprit du général, ces procédés étaient motivés à la fois par un goût intime pour la spiritualité et par un patriotisme qui le poussait à mieux servir son pays: «J’aimerais que les gens ne nous perçoivent pas comme des agresseurs violents, mais qu’ils comprennent que, parmi les militaires, certains avaient une approche philosophique, croyaient en Dieu et n’avaient pas peur de l’opinion publique, même à l’époque soviétique.»

Que ce soit parce qu’il sent sa fin approcher ou parce qu’il a vraiment envie de partager ce qu’il a observé, le septuagénaire a commencé à coucher sur le papier les mémoires d’une vie pour le moins originale pour un officier de l’armée soviétique. On peut y découvrir les souvenirs du jeune chercheur en cybernétique, marqué par les conflits qui ont saigné son pays et forgé, comme pour toute une génération de Russes, son amour fervent du pays.

Il rend également hommage à ceux qui ont posé les jalons du tournant majeur de son existence. Il insiste notamment sur le rôle joué par Vitaly Shabanov [Vitali Chabanov], l’officier général qui deviendra plus tard vice-ministre de la Défense pour l’armement, l’homme qui a eu l’idée de créer cette cellule paranormale et de la lui confier.

Un projet qui a vu le jour grâce aussi à Valentin Pavlov, ultime Premier ministre de l’Union soviétique. En 1989, en tant que ministre des Finances, c’est lui qui alloue un budget équivalent à 30 millions de dollars à l’Unité 10’003. «On n’avait pas besoin de le convaincre, assure Savin [Savine]. C’était quelqu’un de très éduqué, qui connaissait très bien la philosophie.» Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant du pays avant son effondrement en 1991, a lui aussi assisté à une démonstration de l’unité qui l’aurait convaincu de laisser les travaux se poursuivre.


Natalia Bekhtereva, neuroscientifique et psychologue de renom.

A l’époque, personne ne trouve rien à redire à ces expériences hors normes. Le général et ses troupes ont même le droit de mobiliser d’importants moyens humains: 200 chercheurs de haut niveau, sous la direction notamment de Natalia Bekhtereva, une neuroscientifique particulièrement respectée en Russie.

Les militaires réquisitionneront toutes sortes de spécialistes, des psychiatres, des astrologues, des théologiens. Ils équiperont plusieurs laboratoires à travers le pays, multipliant les visites pour faire la démonstration des talents de leurs soldats d’un nouveau type. Les religieux seront également approchés, car les méthodes de l’Unité 10’003 reposent largement sur un intense travail spirituel. Au cours de leurs explorations, les militaires consulteront des hommes de foi, issus aussi bien de l’Eglise orthodoxe que de l’islam. Les musulmans se seraient même montrés plus ouverts sur le sujet que les chrétiens, du moins au début, à en croire Savin [Savine].

Une bonne partie de ses mémoires s’égare toutefois en poèmes incompréhensibles et en longues digressions sur la nature de l’âme ou encore sur les liens entre religions et nature. «J’avais compris, tente-t-il d’expliquer, que les personnes possédant ces connaissances développaient une certaine force mentale, un pouvoir sur elles-mêmes, mais aussi sur leur entourage. Il était donc important d’accroître leur sens de la responsabilité, afin qu’elles se considèrent comme des citoyens de cette planète.»

En favorisant cette approche spirituelle, les Russes ont renoncé à l’usage de drogues pour stimuler le cerveau, contrairement aux expérimentations du même genre menées au cours de la seconde moitié du XXe siècle par la CIA, comme le relatent de nombreux témoignages incroyables. Parmi les plus connus, celui de Leonard Lyn Buchanan qui explique dans son livre The Seventh Sense comment une équipe de l’US Army dont il faisait partie parvenait à projeter leurs esprits à travers le temps et l’espace afin d’espionner les installations ennemies.

Il affirme aussi que les Russes et les Chinois faisaient de même et, qu’entre «psi-espions», ils parvenaient à se ressentir les uns les autres. A cette époque, les Etats-Unis investissaient beaucoup d’argent dans le domaine de la parapsychologie. Tandis que la CIA se concentrait principalement sur la possibilité de conditionner les esprits grâce notamment à des exercices d’hypnose et de drogues, l’US Air Force étudiait avant tout les phénomènes d’OVNI.

Plusieurs de ces soldats-cobayes ont longuement raconté leurs aventures, à travers des récits tous plus fous les uns que les autres. Autant de travaux et d’expérimentations aux résultats aléatoires et particulièrement controversés, qui ont à priori tous été abandonnés.

En ce qui concerne les travaux de l’Unité 10’003, ils étaient suffisamment importants pour interpeller les militaires américains. On en veut pour preuve une page d’un rapport sur les opérations d’information, coproduit en 2004 par la NSA (l’Agence de la sécurité nationale) et le collège d’Etat-major des armées.

Listée parmi d’autres organismes travaillant sur les engagements cognitifs et informationnels, «l’Unité militaire 10’003, qui étudie l’occulte et le mystique, maîtriserait le recrutement et les techniques de « lavage de cerveau » des individus destinés aux opérations psychologiques». Le document évoque également la présence d’astrologues au ministère de la Défense russe pour prévenir tout piège ou tentative d’infiltration et de spécialistes formés… au détournement de missiles par la pensée. Autant d’activités qui dépendaient directement du commandement du général Savin [Savine].

Lorsque l’Unité 10’003 ferme ses portes, en 2004, un plus petit laboratoire de l’Académie de l’air prend le relais. Mais en 2012, cette institution cesse ses activités à la suite d’une immense affaire de corruption.

Les élèves officiers aviateurs sont déplacés à Voronej, à 500 kilomètres de la capitale. Trop loin de Moscou pour que les chercheurs impliqués dans la recherche parapsychique fassent le déplacement. «Nous continuions cependant à travailler avec certains groupes, notamment dans le renseignement, car les autorités et quelques ministres avaient saisi l’importance de nos travaux», affirme, comme pour se rassurer, le général Savin [Savine].


L’unité 10’003 réunie en 1995.

Plus personne n’accorde beaucoup de crédit aux recherches sur le paranormal en Russie, comme ailleurs. Un officier russe, actuellement en poste à l’ambassade de Paris, nous confirme son scepticisme sur le sujet: «Lorsque j’étais à l’académie militaire, il y avait plein de livres sur le sujet. En Tchétchénie, ils auraient proposé une solution de ce type… Mais le ministère a préféré les bombes. Je pense aussi qu’un missile est plus efficace.»

Pour Valentina Sydorova, qui a entre-temps travaillé au service des ressources humaines d’une banque, où elle assure que ses dons lui ont permis d’évaluer très rapidement le potentiel des candidats, les raisons de l’abandon de l’Unité 10’003 sont tout autres: «A l’époque, on nous avait demandé de dresser les portraits de certains hauts fonctionnaires. Bien que nous ayons refusé, nos supérieurs ont insisté en nous promettant de garder le secret. Mais tout a finalement été révélé et les résultats peu flatteurs auxquels nous étions arrivés n’ont guère plus aux autorités.»

Contraints de faire face à cette nouvelle donne et de s’adapter à la libéralisation économique de la Russie, le général Savin [Savine] et l’agent Sydorova ont fondé leur propre société «pour faire avancer l’humanité et mener à bien leurs quêtes de spiritualité.»

Depuis sept ans, ils organisent quasiment chaque week-end des séminaires d’initiation aux pouvoirs des «supersoldats» pour 12’000 roubles, à peine 160 francs suisses. «Plus de 6’000 volontaires les ont déjà suivis, se félicite Valentina. Je dois quand même préciser que cette méthodologie fonctionne uniquement en langue russe. Les quelques candidats étrangers que nous avons essayé de former n’en ont pas tiré grand-chose. Pourquoi? Peut-être parce que cette technique élaborée en Russie recourt à la métaphore, une figure de style très courante dans la langue russe.»

sept.info