Chez le Bibliothécaire

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samedi 22 avril 2017

L'AGENDA CULTUREL DE L'ODS (au 24 avril 2017)

 

AU 24/4/2017

27 & 28 avril, Colloque Stella Incognita à Cherbourg (Association pour la promotion de la SF) ; appel à contributions sur « piégé par la machine »
27& 28 avril, vente d’une bibliothèque d’occultisme à Drouot
Week end du 28 avril Festival Nice Fiction (Pôle Universitaire St Jean d’Angély)
Le dimanche 30 avril 2017, de 9h45 à 17h, dans les locaux maçonniques de la rue de Laeken.
Salon du Livre Maçonnique de Bruxelles
29 au 30 avril Intergalactiques à Lyon
3 mai, conférence de Philippe Marlin sur Rennes-le-Château (université de Nantes)
5 au 7 mai, Congrès Boréal 2017 à  Québec
13 & 14 mai, Festival de la BD à Thionville, Le Rayon Vert
Du 18 au 21 mai, Imaginales à Épinal (Lauric Guillaud)
20 & 21 mai, Salon Maçonnique International de Toulon
Jusqu’au 24 mai, exposition sur Marie-Madeleine au Musée de Carcassonne
Du 26 au 28 mai, Alien Expo à Dallas (Sheraton
Jusqu’au 28 mai, exposition rétrospective sur Guillermo d’El Toro à Minneapolis : « At Home with Monsters »
Jusqu’au 3 juin à Bordeaux (Médiathèque Mériadeck), exposition sur l’art et l’affiche dans le cinéma fantastique britannique (1955-1976)
8 au 11 juin, Congrès Berder en Limousin (Portes de Thélème et ODS)
Du 15 juin au 27 août, exposition hommage à H.R. Gyger à Nantes (Lieu Unique)
Vendredi 16 juin, Conseil ODS 
1er & 2 juillet, Dinoblog à Espéraza (musée des Dinosaures)

9 Juillet, Fête des Remparts à Alet-les-Bains

Jusqu’au 16 juillet, Exposition TOPOR à la Bibliothèque nationale de France François-Mitterrand - Paris

Jusqu’au 16 juillet, Golem ! Avatars d’une légende d’argile (Musée du Judaïsme, Paris)

Du jeudi 13 au dimanche 16 juillet 2017 à MEYLAN (Isère), Lycée du Grésivaudan, 44 ème Convention de SF francophone (Joseph Altairac)

Du mercredi 9 au dimanche 13 août 2017 à HELSINKI, Finlande, 75e convention mondiale de science-fiction

9 & 10 août, Film Insolite à Rennes-le-Château (Fanny Bastien & Geoffroy Thibaut)

17 au 20 août, NecronomiCon à Providence
Samedi 26 août , 4ème Journée Ufologique du Razès à Antugnac (ODS)
8 au 10 septembre, Salon des littératures Maudites à Charleville-Mézières ; hommage à Jacques Bergier (ODS)
Vendredi 22 septembre, Conseil ODS 
Samedi 14 octobre, AG ODS 
Du 19 au 22 octobre, Bibliomania, Espace Champerret à Paris.
3 au 5 Novembre, Salon Fantastique, Espace Champerret à Paris
18 &19 novembre, Salon FM Paris (ODS)
23 & 24 novembre, Colloque du Cerli l’Université de Caen  J.-H. Rosny aîné : « Des origines à la fin des temps : pour une histoire globale de l’humanité »
25 novembre, Berder-sur-Seine
2 & 3 décembre, Salon Littérature Populaire Elven, Pirates et Flibustiers (ODS)
9 &10 décembre, Salon Maçonnique de Nantes (ODS)
Samedi 16 décembre, Conseil ODS et déjeuner de Noel 

2018
Samedi 6 janvier, Nouvel Eon

vendredi 21 avril 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE NECRONOMICON de E.A. Saint George





Apparaît en 1983 un Necronomicon de 26 pages, sous-titré The Book of Shades, édité par une certaine Elizabeth Ann Saint George. Sa notice autobiographique, Casebook of a working occultist, nous apprend qu’elle a grandi aux Indes Orientales, beaucoup voyagé avant de fonder Spook Enterprises, une firme spécialisée dans les recherches psychiques. Cet ouvrage aurait été traduit de l’arabe par une certaine Madame Ruzo, épouse d’un riche collectionneur péruvien. Il s’agit d’un petit fascicule de sorts, qui n’est pas attribué à Alhazred mais à Al Raschid de Sothis. Daniel Harms dans son Encyclopédie considère ce travail comme original dans la mesure où il essaye de traduire ce qu’un arabe du VIII ème siècle aurait pu écrire.

mercredi 19 avril 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE NECRONOMICON DE MERLYN STONE






Il n’est pas toujours aisé de classer les vrais-faux Necronomicon entre les ouvrages qui ressortent de la simple mystification et ceux à prétentions véritablement occultes. Nous considérerons la version de Merlyn Stone, publiée à compte d’auteur en 1999, comme flirtant clairement avec les Arcanes. Elle est du reste sous-titrée « A Compendium of Ceremonial Magick ». L’auteur était un jeune occultiste qui avait déjà à son actif quatre manuels d’instructions (auto édités) pour la conduite de cérémonies magiques [1]. L’ouvrage est inspiré de la version « Simon », contient des listes de sorts, revendique une origine très ancienne et affirme qu’il a été consulté par Crowley. En fait c’est un fourre-tout dans lequel le jeune Merlyn a casé tout ce qu’il n’avait pas publié dans ses autres ouvrages.

mardi 18 avril 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE NECRONOMICON DE COLIN WILSON





Le Necronomicon de Georges Hay / Colin Wilson a été édité par Nelville Spearman en 1978[1], traduit par Belfond en France (1979), puis publié par J’ai Lu l’Aventure Mystérieuse (1983), Belfond en une nouvelle édition (1996) et repris par le Pré aux Clercs (2008). Les deux dernières éditions sont postfacées par Joseph Altairac.
Il s’agit d’une mystification fort bien faite, un véritable hommage à la primo-mystification de Lovecraft. L’exemplaire sur lequel j’ai travaillé, celui de Belfond 1996, fait 226 pages, le texte du Necronomicon proprement dit ne représentant qu’une trentaine de pages. On voit bien qu’il n’est qu’un prétexte à l’étude faussement érudite qui va nous être proposée.
Après la reprise de L’Histoire du Necronomicon, l’ouvrage s’ouvre sur une préface de Paul R-Michaud dans laquelle nous apprenons que Jorge-Luis Borges a perdu la vue après avoir lu le livre maudit et que l’universitaire S.T. Joshi a disparu au cours de son enquête pour prouver le caractère imaginaire du manuscrit. Le préfacier cite également un levantin qui possédait l’ouvrage et qui a accepté de le montrer rapidement. Ce qui a permis de constater qu’il était constitué de trois parties principales :
° Une histoire de la magie et de la démonologie sur notre planète,
° Un exposé sur les rapports entre la terre et d’autres sphères et espaces, tels que « Yuggoth »,
° Une incroyable variété et collection de sorts, formules et incantations.
Suit une introduction particulièrement consistante signée Colin Wilson. Elle est d’autant plus intéressante que Colin Wilson a d’abord été très critique vis à vis de Lovecraft (cf notamment son The Strengh of Dreams, 1962) avant de tomber sous le charme des écrits de notre Prince Noir. August Derleth, il est vrai, lui avait donné une petite explication de texte sur l’auteur de Providence ! Cela donnera des écrits d’une bonne orthodoxie comme Les parasites de l’esprit (1967), Le Retour des Lloigors (1969) et un roman remarquable, La Pierre Philosophale (1982), dans lequel il sublimera la démarche intellectuelle de Lovecraft. Dans la présente introduction, il reprendra la recherche qui forme la trame de ce dernier roman, en l’appliquant à l’écrivain de Providence : traquer les sources de l’imagination dans des états élargis de conscience. « Le monde matériel n’est qu’un voile jeté sur une réalité plus profonde. » Lovecraft était un authentique romantique, capable de ramener d’étonnantes visions d’un moi mémorisé tout au long des âges. Sa mythologie proviendrait de la même source que les visions de John Dee qui fut le premier à entrer en contact avec des entités non-humaines…  Ceci étant posé, Colin Wilson va glisser dans la mystification, partant du Necronomicon découvert par Sprague de Camp qui, bien sûr, n’avait pas pu tout dire dans son préambule (cf Al Azif, 1973).  Intervient alors une de ses relations, Robert Turner, fondateur de l’Ordre de la Pierre Cubique, qui voit dans les écrits de Lovecraft des échos de l’œuvre de Mme Blavatsky, et notamment ses commentaires sur le Livre de Dzyan dans La Doctrine Secrète. Spécialiste des grimoires médiévaux, il pense aussi que l’Ermite de Providence a eu accès à L’épée de Moïse (ouvrage du X ème siècle), ce qui donne une intéressante touche d’authenticité à ses textes. Un autre contact du préfacier, le Dr Carl Tausk de l’Institut Technologique de Vienne, lui laisse entendre que le père de Lovecraft était un franc-maçon égyptien. Sa source est un certain Dr Stanislas Hinterstoisser, autrichien passionné de sciences occultes, avec lequel il va entrer en relation. Il va lui expliquer que le Necronomicon est issu de manuscrits possédés par Cagliostro, une compilation de documents magiques venant d’Acadie, de Perse, de Babylone et de Perse connue sous le nom de Kitab ma’ani al-nafs ou Grande Compilation d’Alkindi. Le Book of Secret Names en serait le chapitre 9. C’est un personnage mystérieux appelé « Grand Cèdre » qui aurait initié Winfield Lovecraft à ces écrits. Robert Turner découvre par ailleurs au British Museum que le Roi Rodolphe II de Prague possédait un exemplaire du Alkindi dont John Dee a traduit plusieurs pages, probablement celles que Lovecraft cite dans son Histoire du Necronomicon. Il tombe également sur un exemplaire du Liber Logaeth du magicien anglais. Il est fort vraisemblable que le Rêveur de Providence ait trouvé des documents de cette nature, oubliés dans un tiroir après le décès de son père.
Cette introduction de Colin Wilson est complétée par une lettre du savant autrichien. Lovecraft est manifestement entré en contact avec des forces qu’il était bien incapable de maîtriser. « Grand Cèdre », l’initiateur du père, tenait ces documents de « l’Innermost Shrine » (le Reliquaire Secret) qui les avait obtenus de Fouquier-Tinville.
Suit un commentaire de Robert Turner qui pense comme Wilson que le Al-Azif de Sprague de Camp est bien le vrai Necronomicon et revient sur la source vraisemblable de ce texte, à savoir le Livre de Dzyan. Il insiste notamment sur les profonds parallélismes entre la mythologie révélée par H.P. Blavatsky et celle des Grands Anciens. Il explique encore l’importance des matériaux rapportés par Lovecraft de ses rêves, à la suite de plongées dans le fluide astral également connu sous le nom « d’archives akashiques ». Il se réfère à Eliphas Lévi qui fut le premier à théoriser sur les larves fluidiques ou Esprits élémentaires, travaux manifestement connus de Lovecraft. Turner s’essaye ensuite à dresser une typologie des Grands Anciens et des Anciens Dieux, relevant que cette dernière catégorie n’est connue que par Nodens.
Les deux compères décident alors de tenter un décryptage du Liber Logaeth ou Livre d’Enoch de John Dee, cryptogramme incompréhensible dont le sens a toujours échappé aux chercheurs. Le contact est pris avec David Langford, jeune informaticien passionné par la cryptographie.
Ledit informaticien livrera alors son rapport (fort copieux), à la fois une vulgarisation de l’informatique (de son époque) et un cours très complet de cryptographie. Et le résultat nous est donné, la fameuse trentaine de pages propose des extraits du Necronomicon dissimulés dans le Liber Logaeth de John Dee. La lecture de cette traduction est amusante, naïf assemblage de documents picorés dans Les Clavicules de Salomon, Les Trois Livres de Philosophie Occulte de Cornelius Agrippa, Le Clé de Salomon ou encore la Polygraphie de l’abbé Trithème, le tout relooké aux couleurs du Mythe. L’ensemble fait 18 courts chapitres où on apprend ce qu’il faut savoir sur les Grands Anciens, sur les techniques à utiliser pour les invoquer, que ce soient des rituels ou des outils (encens, cimeterre gravé et bien sûr pentagrammes). On a droit également à de sympathiques petits bonus sur le plateau de Leng dans son désert glacé ou sur Kadath l’Inconnue.
L’ouvrage se termine par des appendices très fournis qui ressortent plus des « études lovecraftiennes » que de la mystification. Sprague de Camp nous brosse un portrait assez sinistre du jeune Lovecraft reclus entre ses tantes et sa mère et qui ne pouvait prendre la moindre initiative sans demander à… maman. Christopher Frayling nous propose une fort intéressante étude sur le rôle du rêve chez Lovecraft. Quant à Angela Carter, elle épluche avec beaucoup de perspicacité une géographie lovecraftienne empreinte de terreur dans ses moindres recoins, qu’ils soient ruraux ou citadins. Last but not Least, Joseph Altairac conclut l’ensemble en nous montrant que l’Amérique est la patrie des Livres Maudits. Il cite bien sûr le Livre des Mormons révélé par Joseph Smith JR. (1805-1844), mais aussi l’invraisemblable Oasphe de John Ballou Newbrough (1828-1891) qui se proposait de réécrire l’histoire de l’univers tout entier en se fondant sur une cosmogonie incroyablement complexe.
Colin Wilson racontera dans le numéro 14 du fanzine Crypt of Cthulhu (1984) la véritable histoire de ce livre qu’il avait déjà esquissée dans Fantasy Macabre (1980). L’éditeur Neville Amstrong avait chargé George Hay de produire un Necronomicon crédible. Peu inspiré, Hay appela à la rescousse Wilson. Ce dernier chargera l’occultiste Robert Turner de rédiger la fameuse trentaine de pages.


[1] Réédité en 1980 par Corgi Books puis en 1992 par Skoob Esoterica.

lundi 17 avril 2017

BERDER EN LIMOUSIN 2016 & INCOHERISM

Autour de Jean-Charles Pichon

Rencontres de Berder 2016 autour de Jean-Charles Pichon, association Les Portes de Thélème, Editions L’œil du Sphinx.
Le colloque de Berder-Ligoure de 2016 a rassemblé pendant près de trois jours treize intervenants et de nombreux participants autour de l’œuvre de Jean-Charles Pichon, une œuvre qui semble de plus en plus devoir être entendue au cours de ce siècle.

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Sommaire : Charlotte-Rita Pichon, La double face de Jean-Charles Pichon – Julien Debenat, Projet d’une frise cyclique – Jean Hautepierre : Fantasy et poésie – Lauric Guillaud, Gustave Doré, mythologue – Jean-Marie Lepeltier, La vérité sur le cœur – Jean-Christophe Pichon, Synchronicité et le Déménagement zodiacal de Jean-Charles Pichon – Philippe Marlin, De la fin au renouveau – Geneviève Béduneau, Mythes et précession – Silvanie Mague, Sur Les litanies des dieux morts de Jean-Charles Pichon – Bernard Pinet, Les Esséniens ou le maillon manquant – Alain Labarsouque, Ma rencontre avec Jean-Charles Pichon – Julien Pichon, La folie quantique – Georges Bertin, Wilhelm Reich, un imaginaire de la pulsation.


Nous le constatons à la lecture des titres des contributions, certaines interventions traitent directement de certains aspects de la pensée complexe de Jean-Charles Pichon tandis que d’autres abordent des thèmes adjacents à son œuvre.
Pour Charlotte-Rita Pichon, il est impossible de comprendre l’œuvre sans approcher l’homme. Or, depuis l’enfance, Jean-Charles Pichon fut habité par un double, un autre en soi, un autre qui est soi.
« Je vais essayer, nous dit-elle, de prouver combien ce dédoublement fut le démarrage de son œuvre complète jusqu’à l’étude de la Machine qui lui tenait tant à cœur. Jean-Charles a toujours tenté de combattre l’injustice, le mensonge, de faire éclater la Vérité, Vérité qui n’est autre que celle tapie au fond de soi-même et qui fait éclater sa propre Réalité.
La Vérité sur le pourquoi de l’Homme, sur sa Liberté et son Conditionnement. »
Reprenant la chronologie des œuvres, Charlotte-Rita Pichon met en évidence la cohérence, de l’œuvre, le sens et le méta-sens derrière la tension entre richesse intime et souffrance :
« Ce qui ressort, conclut-elle de tous ces propos est la présence de Dieu, l’attente de la mort, le refus du bonheur, la recherche de la vérité, d’une justice, d’un idéal et l’extrême solitude de Jean-Charles. Être trop riche à l’intérieur de soi ne peut, en effet, que rendre seul. Cependant, ne pouvant vivre seul, il ne reste qu’une seule solution ; se créer un double. La cohabitation ne sera pas toujours facile mais, au moins, le nombre deux l’emportera toujours sur le Un et permettra à Jean-Charles de poser toutes les questions existentielles qui aboutiront à la recherche de Sa Machine, le libre arbitrage ou la destinée. »
Cette Machine, machine universelle que Jean-Charles Pichon n’a cessé d’approcher, conscient des paradoxes quantiques qui ne pouvaient que le dérouter, et du nécessaire questionnement sur la réalité de la réalité. Tout explorateur des intervalles insaisissables entre les apparences fait ainsi écho à sa démarche. Ainsi Gustave Doré, Carl Gustav Jung ou Wilhelm Reich sont venus dialoguer avec ce penseur d’exception(s) dans tous les sens possibles de cette expression. Les synchronicités, temporelles ou atemporelles font en effet partie de sa « machine de l’éternité ».
Cet ensemble de regards, se révèle plein de sciences et de poésies, empli de promesses et porteur d’intensité.
Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
www.oeildusphinx.com


dimanche 16 avril 2017

LES ARCHIVES D'ARKHAM HOUSE SONT A VENDRE





The Arkham House Archive contains over 4000 letters and documents related to publications issued by Arkham House, Mycroft & Moran and Stanton & Lee between 1939 and 1971, as well as correspondence and business papers related to Derleth's activities as writer and editor for other publishers, including his editorial work as an anthologist in the 1940s and 1950s, and as a TV scriptwriter in the 1950s.



The David Rajchel Arkham House Archive is a highly important collection of letters and documents that compliment the papers held by the Wisconsin Historical Society. These papers and those held by WHS are essentially all the Arkham House papers that survive. According to Mr. Rajchel who preserved these papers: "there were boxes of financial records in the basement. April [Derleth] was convinced that the Wisconsin Historical Society took all relevant items. She recycled many boxes. Many of the items I kept I saved from disposal or recycling. I dug through the boxes and kept many of the items I believed to be important. If I hadn't they would have been lost."



The business papers include printers' correspondence, quotes and invoices, beginning with the George Banta Company proposal for printing THE OUTSIDER, 25 August 1939 and the invoice for THE OUTSIDER, 21 November 1939. There is significant business correspondence from Derleth's literary agents: G. Ken Chapman, Robert Goldfarb, Otis Kline Associates, Scott Meredith Literary Agency, Renault and Le Bayon and others, as well as hundreds of letters pertaining to the sale of reprint rights (including audio and film rights) for literary property by Derleth and others. These business papers largely predate the August William Derleth Papers held by the Wisconsin Historical Society, as "most of the pre-1963 materials were destroyed when this collection was originally processed, so substantially complete records survive only for the years between 1963 and 1970."
Additionally, the archive includes book production files for some publications, printer's blocks, fair copy typescripts of literary material by various writers made by Arkham House for book production or reference (like typewritten transcriptions of Lovecraft letters), complete and partial book proofs, and photographs of Arkham House authors.


The core of the archive is correspondence, often extensive, from several hundred authors whose work Derleth published under his own imprints or in his highly important non-Arkham House anthologies published in the 1940s and 1950s, as well as manuscripts, mostly typewritten (including fair copies and carbons), submitted by Arkham House authors.
One of the most important twentieth century small publisher's archives offered for sale in the last several decades. The collection, $415,000.00


UNE BIBLIOTHÈQUE D'OCCULTISME À DROUOT


samedi 15 avril 2017

AH, LES FILLES DU NORD !





CERCLE ERNEST RENAN

J'ai le plaisir de vous convier à la conférence qui aura lieu le jeudi 18 mai à 17h
et qui sera donnée par Franck BULEUX, membre du Cercle, historien, sur le thème :
 "La frilla, fille du Nord, de la Scandinavie à la Normandie viking".

Le conférencier nous parlera du mariage "païen" dans l'Europe scandinave  et du maintien de
certaines règles et coutumes traditionnelles en Europe christianisée, en particulier dans la
Normandie ducale. Il évoquera aussi la figure de Guillaume le Conquérant marquant la fin
d'un monde.

La rencontre aura lieu au Bistrot d'Eustache, 37 rue Berger, 75001 Paris, métro Halles.
Inscription souhaitée au 06 08 64 18 10. Conditions : pour tous, consommation obligatoire de
7 euros à verser au restaurateur et 5 euros de participation aux frais d'organisation de la
conférence sauf membres du Cercle Ernest Renan. 

LA KABBALE, PICHON et INCOHERISM

La Kabbale dénouée de et par Jean-Charles Pichon

La Kabbale dénouée de Jean-Charles Pichon, Editions L’œil du Sphinx.
La rencontre de Jean-Charles Pichon, penseur de haut vol, avec la kabbale ne fut pas une évidence comme il le signale dès les premiers mots du livre :
« C’est bien souvent qu’au cours d’un séminaire ou d’une rencontre, l’un de mes auditeurs m’a demandé de lui expliquer la kabbale. Il ne pouvait comprendre que, m’étant attaqué aux Machines les plus hermétiques et les moins connues, de l’Odyssée à Jarry, je pusse négliger le splendide appareil de l’ésotérisme juif. »
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Jean-Charles Pichon avance le manque d’inspiration  ou la peur de l’échec pour reculer cette rencontre qui advint pourtant grâce à la métaphysique de Heidegger qui ne traite pourtant jamais de kabbale. « Le philosophe allemand m’a dénoué la Kabbale » confie-t-il.
Le « dénouement » est une science et un art. Jean-Charles Pichon distingue les solutions apportées à un problème dans un cycle donné, ce qu’il nomme les solutions in, des solutions apportées pour tous les cycles, des méta-solutions, qu’il nomme les solutions ex. Cette distinction, dans le dénouement, est pour lui la clef de l’ésotérisme universel.
Le « dénouement » avec ses deux sens principaux, celui du détachement (défaire le nœud) et celui de l’achèvement induit un dénouement intellectuel (le détachement) et un dénouement spirituel (le terme). Cependant, Jean-Charles Pichon met en garde : « Le double dénouement s’oppose à la fois à la perte et au retour. ».
Pour « ne pas perdre le fil » au cours du dénouement, en étudiant les perles qu’il porte, Jean-Charles Pichon ne perd jamais cette veille, intellectuelle et spirituelle, contre le risque de rupture ou de retour. En analysant les différentes « Machines pensantes » historiques de la Kabbale, depuis le Sepher Yetsira, Jean-Charles Pichon se concentre sur ce qui demeure, laissant de côté l’éphémère, le contextué. C’est là que Heidegger vient en appui avec « les quatre scissions par lesquelles Heidegger formule cela : le rapport du Temps à l’apparence, à la durée, au devoir, et à l’éternel devenir ». Il est remarquable que Jean-Charles Pichon, par Heidegger, rejoigne les grandes métaphysiques traditionnelles non-dualistes comme les travaux très actuels de certains scientifiques comme  Philippe Guillemant.
Pour lui, la Machine de Heidegger et celle du Sepher Yetsira sont une seule machine. C’est dans la traversée sans fin des « apparaître » que « cela qui demeure » se laisse saisir :
« Il a été noté, nous dit Jean-Charles Pichon, que le dénouement-déliement n’est pas une rupture, car le fil demeure, et que le dénouement-terme n’est pas un retour, car une couleur différente succède à celle qui précéda, le Nouveau toujours à l’Ancien. Il faut aller plus loin : contrairement à ce que croit le mauvais cabaliste, le dénouement-terme fait rupture : lorsque l’objet physique finit, il n’est plus là, qu’il s’agisse d’une fleur ou d’un cycle ou du peuple. Mais le dénouement-déliement fait retour, car il n’est qu’une manière de dénouer la faveur qui liait le bouquet. »

Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
www.oeildusphinx.com

LOVECRAFT, LAURIC GUILLAUD & INCOHERISM

Lovecraft

Lovecraft : une approche généalogique de l’horreur au sacré de Lauric Guillaud, Editions L’Oeil du Sphinx.

Lauric Guillaud, professeur émérite de littérature et de civilisation américaines à l’Université d’Angers, personnage aussi attachant qu’érudit, nous offre une brillante et passionnante étude sur les généalogies de l’œuvre lovecraftienne. Si le génie de Lovecraft ne cessera jamais de nous étonner et de nous interroger, ce livre contribue à dénouer une part des mystères de l’œuvre.

Dans sa préface, Philippe Marlin identifie tout d’abord l’articulation entre science et fantastique :
« On ne trouvera sans doute jamais la clef du génie américain. Mais en lisant l’étude de Lauric Guillaud, je ne peux m’empêcher de penser à la démarche du réalisme fantastique introduite par Pauwels et Bergier. Car Lovecraft, en pur matérialiste qu’il était, nous propose une démarche réaliste, presque scientifique, jusqu’au moment où tout bascule. Non, pour des raisons surnaturelles, mais parce qu’en l’état actuel de nos connaissances, le phénomène étudié demeure incompréhensible. Et c’est là, et seulement là, que le fantastique apparaît, avec sa couleur terrifiante qui n’est rien d’autre que celle de l’impossible. »

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La démarche de Lauric Guillaud est très pertinente et les fruits récoltés sont particulièrement riches :
« Pourquoi écrit-on ? interroge-t-il. Comment écrit-on ? Qui écrit vraiment ? Ces questions se posent inlassablement à l’exégète, au chercheur, au critique, au lettré ou au savant. Le grand mystère est la genèse de l’écriture – et même la genèse tout court. Comment être original tout en s’inscrivant dans son siècle, en partageant avec ses contemporains les espoirs et surtout les inquiétudes du zeitgest ? Comment faire œuvre de nouveauté en s’emparant de thèmes, de mythes, de fables soudain réactualisées par la mode ou par le contexte scientifique ?
Je pense avoir toujours usé de la même méthode pour circonscrire un auteur ou un thème : m’attaquer aux commencements, resituer l’homme ou la femme dans son aventure généalogique, chercher le fil du labyrinthe. »
« Il me semblait intéressant de reconstituer une sorte de génétique textuelle des œuvres majeures de Lovecraft dans un essai fondé sur la littérature de compilation et l’art de l’extrait de lecture citationnelle (l’ars legendi comme   ars excerpendi) ; contribuer ainsi à une « archéologie «  des sources de l’auteur afin de saisir les étapes de l’échafaudage de l’œuvre, de son mécanisme et de sa structure esthétiques et mythiques. »
Ainsi explore-t-il la généalogie du thème des mondes perdus dans laquelle nous retrouvons Kunrath, Rosenkreutz mais aussi, plus près de nous, Haggard ou Bulwer-Lytton. Les « terres creuses », les « mondes souterrains » se retrouvent chez Lovecraft. Lauric Guillaud remarque qu’ils sont souvent associés aux « savoirs perdus ». Il clarifie les « ascendances lovecraftiennes », les probables et les hypothétiques, par exemple celles ayant pu conduire au Nécronomicon ou les références reptiliennes. Dans ces généalogies, Abraham Merritt tient une place importante et reconnue. Cependant, Lauric Guillaud explore d’autres pistes comme une filiation Lewis, Poe et Verne ou l’influence du peintre Nicolas Roerich sur les univers de Lovecraft.

La dernière partie de l’ouvrage, De la construction mythique aux Machines de l’Eternité est passionnante. S’appuyant sur la méthodologie durandienne, Lauric Guillaud traque les mythèmes, notamment dans leurs redondances. Si Lovecraft était un rationnel, plutôt méfiant vis-à-vis de l’ésotérisme, les mythèmes présents dans son œuvre tissent une dimension sacrée, avec ses temps et ses espaces typifiés, des éléments de voyages initiatiques, une symbologie un peu chaotique, mais qui peut faire sens. Michel Carrouges et Jean-Charles Pichon  permettent enfin à Lauric Guillaud de suggérer la littérature comme métaphysique, un principe et une clef traditionnels mais peu appliquée au fantastique.
« On peut ranger les oeuvres de Lovecraft ou de Wandrei parmi ces œuvres étranges qui n’ont cessé de décrire une structure physique et métaphysique qui a modifié et parfois démantelé notre vision de la « réalité ». Ces « machines pataphysiques », telles que nous les décrivent Carrouges et Pichon, nous indiquent une « méthode », issue de la tradition du gay sçavoir, qui s’avère essentielle au décryptage d’œuvres provocatrices, longtemps incomprises, voire rejetées. La recherche inlassable de Jean-Charles Pichon n’est pas autre chose que cette exhortation à redécouvrir ces hommes qui ont trouvé la « forme vide » et « choisi la mort au-delà de la mort, l’Irrémédiable », « allant jusqu’où personne ne va » (Les Dialectiques factrices) : Poe, Jarry, Roussel, le Colonel Lawrence, Gilbert-Lecomte, Dauùmal ou Artaud – sans oublier Hodgson, Wandrei, Clark Ashton Smith et R.E. Howard. »

Cette étude comblera les amoureux de l’œuvre de Lovecraft ou plus généralement du fantastique mais intéressera aussi ceux qui étudient la mythologie, la littérature ou la métaphysique.
Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
www.oeildusphinx.com

mardi 11 avril 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : THE NECROMANTIC GRIMOIRE OF AUGUSTUS RUPP

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Autre curiosité, The Necromantic Grimoire of Augustus Rupp qui fait son apparition en 1974 chez une petite maison d’édition de Waldwick, Rob Lynn, avec un tirage de 500 exemplaires numérotés. Il est diffusé avec une brochure annexe, Key to the Necromantic Grimoire,  sorte de guide pratique pour utiliser le livre. L’introduction est signée Anthony Raven auteur par ailleurs de la petite étude The Occult Lovecraft (1975, cf biblio). Il est divisé en trois parties :
° les créatures des ténèbres, une brève description des entités infernales,
° cercles, carrés en pentagrammes, un ensemble d’outils symboliques pour invoquer les dites entités,
° chants et invocations, rituels nécessaires aux opérations précédentes.
Cet ouvrage est supposé avoir été rédigé en 1846 par Augustus Rupp, professeur d’histoire de la Mésopotamie à l’Université de Stuttgart. Il s’agirait d’une compilation du Grimoire d’Honorus, de l’Heptameron et du Necronomicon. Ce livre, qui aurait disparu, serait revenu à la surface en 1890 grâce aux bons soins d’un certain Carter Stockdate, professeur à l’université de Cambridge.
Il s’agit de toute évidence d’une mystification assez grossière. La première partie sur les créatures n’est qu’une mauvaise compilation de ce que l’on peut trouver un peu partout sur les goules, vampires et autres bestioles sympathiques. Quant aux deux chapitres suivants, ils sont fortement inspirés par les « grimoires occultes du commerce ». On notera pourtant une petite couleur « mésopotamienne » dans la démarche « magick » qui précède de peu ce que nous proposera le Necronomicon de Simon.
Daniel Harms nous fait remarquer, dans les Necronomicon Files, que les initiales d’August Rupp et celles d’Anthony Raven sont les mêmes. Une façon de signer la plaisanterie ?

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : AL AZIF (Owlswick Press)





Le Al Azif (the Necronomicon) de Abdul Alhazred publié en 1973 par Owlswick Press (Philadelphia) est un ouvrage étonnant, puisque l’essentiel de ses pages est rédigé en une langue supposée être le Duriaque[1], et totalement illisible si l’on ne dispose que de nos seules modestes neurones. Cela dit, les éditeurs ne se sont pas trop fatigués, utilisant 16 pages de gribouillis arabisants avec quelques modifications en début et en fin de planches. Cette iconographie est dûe à Robert Dills. Une curiosité qui a été tirée à 348 exemplaires, aujourd’hui introuvables[2]. Mais c’est surtout l’introduction, signée de Lyon Sprague de Camp, qui va retenir notre attention. Cela fleure bon la mystification d’étudiants malicieux. Les lignes qui suivent sont une traduction libre de l’essentiel de la dite préface[3].
Duria [4] est un village du nord de l’Iraq, à la frontière de la région linguistique du Kurdistan. Ici, comme dans des centaines de villages irakiens aux cabanes construites avec de la boue séchée, nous sommes dans le dernier endroit où l’on parle encore le Duriaque. C’est la seule langue vivante provenant des anciens Acadiens et Assyro-Babyloniens. La forme traditionnelle écrite de ce langage fut développée au IVème siècle av. J.C. par les prêtres et les missionnaires chrétiens assyriens. Comme beaucoup d’autres langues sémites, il s’agit d’une écriture très compacte, qui ignore les voyelles atones et combine deux ou même trois caractères en un. Cela rend très délicat toute traduction. Comme les langues hébraïque, arabe et syrienne, le Duriaque s’écrit de droite à gauche.
Le préfacier demeura plusieurs jours à Baghdad en 1967 pour visiter les ruines de Babylone et de Ctésiphon. Alors qu’il « chinait » avec un ami, il fut abordé par un membre de la Direction Générale des Antiquités Irakiennes, avec lequel il avait correspondu au sujet de photographies de sites archéologiques.  L’homme expliqua qu’il avait un manuscrit à vendre. C’était là une proposition étrange, car le gouvernement irakien luttait sévèrement contre le pillage des pièces archéologiques, et les employés de ce département étaient connus pour leur probité..
Le voyageur se renseigna sur l’affaire, et la refusa poliment. Pourtant, précisa le « contact », il s’agissait d’une intéressante curiosum [5] dont son ministère n’avait pas l’utilité. Comme le prix semblait raisonnable et que le volume, s’il s’avérait sans valeur, pourrait au moins constituer un ornement décoratif amusant sur une table basse, Sprague de Camp finit par l’acquérir.
Il parla de cette affaire à l’un de ses amis, guide touristique à Beyrouth, bien introuduit dans les milieux culturels islamistes qui lui raconta ce qu’il savait sur ce livre.
La vente, semblait-il, avait été « programmée » à un haut niveau de la Direction Générale. Ecrit sur du parchemin en écriture duriaque, le manuscrit avait été déniché par un mineur clandestin oeuvrant parmi les tombes de Duria, puis était parvenu par des voies détournées entre les mains de la Direction Générale des Antiquités.  L’un des plus importants archéologues irakiens, internationalement respecté, Ja’afar Babili, avait été désigné pour effectuer la traduction du livre en Arabe moderne. Ce fonctionnaire avait à peine commencé son travail qu’il annonça avec jubilation qu’il s’agissait d’une copie complète — ou presque — d’un exemplaire du célèbre Necronomicon d’Alhazred, ou Kitab Al-Azif pour donner son titre en version originale. La version arabe de cet ouvrage avait disparu depuis plusieurs siècles, même si des rumeurs concernant sa conservation dans des endroits discrets continuaient de circuler dans certains cercles ésotériques.
En étudiant l’écriture, Babili conclut que cette transcription datait de 760 av. J.C. Babili remarqua aussi que si l’écriture était parfaitement « lisse » dans pratiquement la totalité de l’ouvrage, elle avait tendance à se détériorer dans les huit dernières pages, comme si le scripteur avait travaillé en hâte et sous une forte pression. A ce stade du travail, il n’était pas encore établi si la version duriaque provenait ou non de la version originale en arabe. Babili poursuivit sa traduction puis, quelques semaines plus tard, disparut. On ne trouva plus aucune trace de lui ; aucun motif plausible de sa disparition ne put être établi. C’était un homme sobre, travailleur, un fonctionnaire consciencieux, attaché à sa famille.
Son subordonné, Ahmad ibn-Yahya, fut provisoirement nommé à sa place. Il poursuivit aussitôt la traduction du Necronomicon. Ibn-Yahya était un célibataire aux moeurs plus libres que son prédécesseur ; mais personne, dans sa profession, ne lui avait jamais reproché un manquement aux règles ou un excès de zèle. Au bout de deux semaines, la propriétaire d’Ibn-Yahya rapporta qu’elle avait entendu des hurlements dans le modeste appartement qu’il occupait sur le Musa al-Khadim. Entrant dans le logement avec un passe, elle trouva les pièces vides. Personne ne savait rien au sujet d’Ahmad ibn-Yahya.
Le nouveau spécialiste irakien qui entreprit de poursuivre la traduction fut le Professeur Yuni Abdalmajid, de l’Université de Baghdad. Il commença sa tâche alors que les autres membres de la Direction générale des Antiquités hésitaient à faire poursuivre le travail. Le professeur Abdalmajid était considéré comme un peu excentrique par ses collègues, mais ils respectaient sa grande intelligence. C’était lui qui avait percé le secret des tablettes présumériennes de Rawson, trouvées à Ur, et fait la lumière sur les sites jusque là obscurs de l’Histoire présumérienne de la Mésopotamie.Le professeur Abdalmajid était au travail depuis trois jours lorsqu’il disparut lui aussi. Il habitait seul dans une petite maison de la banlieue de Baghdad, dans le District de Kadhmiyya. Son absence ne fut donc pas remarquée immédiatement. La police fut cependant prévenue par l’Université, en raison de ses absences répétées en cours. Dans le bureau d’Abdalmajid, on releva des taches de sang sur le sol, les murs, et au plafond, mais le professeur ne fut pas  jamais retrouvé. Il ne fait pas de doute que toutes ces disparitions doivent avoir une explication rationnelle, même si on ne peut s’empêcher de penser à la fin même d’Abdul Alhazred. Selon de nombreux témoignages, ce littérateur excentrique n’est-il pas est censé avoir été dévoré vivant par un monstre invisible ?.
Après ces disparitions successives, la Direction Générale prit la décision de ne confier le manuscrit à personne d’autre. L’Irak ne pouvait en effet pas courir le risque de continuer à perdre sa précieuse matière grise. A cette époque, la Direction était présidée par le Dr Mahmud ash-Shammari, un nationaliste pur et dur, farouche opposant des Etats-Unis en raison de leur soutien à Israël. Son plan était d’introduire discrètement aux USA le manuscrit qui ne manquerait certainement pas de provoquer un malheur parmi leurs savants.
Le guide conseilla à l’écrivain de détruire le livre, ce qu’il refusa de faire. Il était en effet connu  comme un rationaliste et un matérialiste intransigeant, irréductiblement étranger aux dieux, spectres, démons, et autres fantômes. Il connaissait parfaitement les allusions au Necronomicon dans les histoires d’H.P. Lovecraft , mais n’était nullement enclin à admettre la réalité des Grands Anciens et autres entités surnaturelles. En fait, pour lui, Alhazred et son ouvrage maudit n’étaient rien d’autre qu’une sympathique mystification littéraire.
Cela ne l’empêchera pas, de retour chez lui, de faire publier un fac-similé du manuscrit original. Il confiera à un ami, sans se départir de son rationalisme et uniquement à titre d’hypothèse, que s’il s’agissait bien du Necronomicon, la disparition des traducteurs pouvait s’expliquer par l’invocation des créatures du dehors, faite accidentellement alors qu’ils relisaient leurs notes de travail. Dans ce cas, le problème, bien sûr, aurait été de maîtriser les formules de protection, ce qui manifestement n’aurait pas été le cas.

Les Necronomicon Files (cf bibliographie) nous apprennent qu’un étudiant, persuadé d’avoir affaire au manuscrit original, avait décidé d’y consacrer sa thèse. L’éditeur devra intervenir aupès du maître de recherches afin de dévoiler la supercherie !


[1] Langue (imaginaire) proche de l’Arabe Ancien, supposée être le syriaque.
[2] Je remercie chaleureusement ici le R.P. Jean-Louis Sarro pour nous en avoir procuré un exemplaire.
[3] Celle-ci a été traduite par Jacky Ferjault et publiée dans Dragon & Microchips no 15 ****
[4] Apelée aussi Douria, Duriyya, etc.
[5] En latin dans le texte.