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jeudi 27 février 2014

RENNES-LES-BAINS SORT DE SA TORPEUR HIVERNALE

 

 

Rennes-les-Bains. Les animations pour la semaine du 3 au 9 mars

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Du 03/03/2014 au 09/03/2014
Mardi 4 mars. Conférence «Les énergies naturelles -l’auto traitement», présentée par Jean Bardou à 15 h au foyer municipal (gratuit). Atelier mosaïque animé par Régine, de 15 h à 18 h, salle des associations, rendez-vous à 14 h 45 au bureau Ecla, inscription obligatoire à Ecla au 04 68 69 82 94 (participation : 30 € pour 3 séances, minimum trois personnes maximum cinq), toutes les fournitures sont fournies, chacun repartira avec sa création.
Mercredi 5. Balade botanique «Beauté et vertus des plantes», encadrée par G. Teigelkamp, départ 15 h, devant le bureau Ecla, 5 personnes minimum (inscription à Ecla, participation 5 €).
Jeudi 6. Conférence Bemer «Une thérapie vasculaire naturelle», présentée par Corinne Leblanc, à 15 h au foyer (gratuit).
Vendredi 7. Visite guidée de la source salée et des fours verriers de Sougraigne : venez découvrir la source salée et les vestiges de l’atelier verrier forestier des Salines datant des XVIIe et XVIIIe siècles ; départ 14 h devant Ecla en covoiturage (inscription obligatoire à Ecla, participation 5 €, une boisson offerte).
Mini-bal folk organisé par la FJEP Bugarach à 21 h au foyer municipal (participation libre).
Samedi 8 et dimanche 9. «Portes ouvertes» aux Thermes ; samedi de 14 h à 18 h et dimanche de 10 h à 17 h ; 18 € 3 soins sur réservation au 04 68 74 71 00, piscine inclus, supplément de 3 € pour hammam et jacuzzi.

LA DEPECHE

Photo JLS

mercredi 26 février 2014

L'IMAGINAIRE AU POUVOIR

Il était une fois Gustave Doré
(de Méliès à Tim Burton)

Organisé autour de l'exposition Gustave Doré (1832-1883). L'imaginaire au pouvoir (18 février – 11 mai 2014), ce festival propose de rendre hommage à l'influence de l'oeuvre de Gustave Doré sur le cinéma, des origines (Georges Méliès, Albert Capellani) jusqu'à nos jours (Tim Burton, Terry Gilliam).
Ses gravures servirent souvent de principales sources iconographiques aux adaptations cinématographiques d'ouvrages qu'il avait lui-même illustrés : la Bible, L'Enfer de Dante, Don Quichotte de Cervantes, Les Contes de la mère l'Oye de Charles Perrault, Les Aventures du baron Münchhausen
Au-delà de ces titres, il marqua l'imaginaire de nombreux cinéastes et décorateurs, et son influence se révèle aussi bien dans certains décors de Walt Disney que dans les forêts fantastiques de King-Kong (Schoedsack et Cooper, 1933) ou de Sleepy Hollow (Tim Burton, 1999).
Ce cycle propose également une réflexion sur les rapports entre l'image cinématographique et la gravure, à travers l'utilisation du noir et blanc, des contrastes, de la lumière. Les films présentés ici cherchent à leur façon à associer la liberté du dessin et le réalisme du cinéma ; un certain nombre d'entre eux s'attachant même à mêler des prises de vues réelles avec des techniques du cinéma d'animation.


En quatorze long-métrages et cinq court-métrages, ce festival est une invitation à découvrir les frontières entre le naturel et l'artificiel, le réel et l'imaginaire.
25 février - 23 mars 2014
Musée d'Orsay
Allée centrale des sculptures
Auditorium niveau -2
Informations et réservations
01 53 63 04 63
du lundi au jeudi de 9h à 16h30, le vendredi de 9h à 15h30

dimanche 23 février 2014

LES ORIGINES DE LA F+M ; un dîner-débat du Razès



Jean-Yves Tournié nous parlera des origines de la Franc-Maçonnerie lors de notre prochain dîner-débat du Razès. Ce sera le samedi 26 avril à 19 heures au Dragon de Rhedae, à Rennes-le-Château. (dîner à 25 € tout cpmpris).

Pour la bonne organisation, on s'inscrit, soit sur facebook, soit à ods@oeildusphinx.com, soit au 06 11 72 38 06.


vendredi 21 février 2014

VOUS SAUREZ TOUT SUR PIERRE PLANTARD

L'ouvrage qui marquera le Troisième Millénaire :


LES ARCHIVES DE L'ODS : LE BULLETIN DE L'UNIVERSITE DE MISKATONIC no 2




Un supplément à Dragon & Microchips le Fanzine qui rêve

Voilà tout chaud le second tome du Bulletin de votre université favorite, centré autour du travail de Jean Noël OLIVI sur la « démesure chez H.P. Lovecraft ». Un travail de qualité, de grande érudition, réalisé dans le cadre d’un mémoire de Maîtrise de Lettres Modernes à l’Université de Corse (novembre 1992). Et puis pour vous détendre après cette lecture, un cadeau, la traduction française d’une bande dessinée italienne retraçant la vie du poète maudit, l’incontournable Abdul Alhazred. Nous avions rassemblé beaucoup d’autres documents pour ce numéro, mais nous devons gérer notre obésité fanique et nous avons préféré -finances obligent- clore ce numéro sur une taille « normale » et mettre simultanément en chantier un autre tome. Rendez-vous donc pour un volume plein de nouvelles inspirées par le Maître (Fred DEMMA, Alexandre S. GARCIA, Jacky FERJAULT, Chris MASTERS…), de textes inédits du Reclus de Providence et de traduction d’études anglo-saxonnes dont le fameux « World of HPL » de Lee THOMAS.
Du pain sur la planche donc, en attendant de que se calme le débat sur « c’est quoi ces conneries ésotériques ». La boîte aux lettres ne désemplit pas et je me demande comment je vais gérer tout ce courrier. Cela devrait justifier d’un numéro à lui tout seul du bon vieux Dragon à Plumes. On va essayer de mettre ça en chantier, car vos échanges valent le détour.
En attendant, on essaye de boucler Rôle’and Rêve second du nom, un spécial PROVIDENCE comme il se doit.
A la prochaine,
Philippe Marlin, octobre-novembre 1994

86 Pages

Sommaire :
Le Thème de la Démesure chez H.P. Lovecraft
Avant-Propos : Qui était H.P Lovecraft ?
Introduction Générale
Première Partie : Pourquoi la Démesure ?
Chapitre I : Démesure = Vision du Monde
1) Introduction
2) La fiction merveilleuse comme refuge contre le quotidien banal
3) Lovecraft et le matérialisme-mécaniste
Chapitre II : Renouveler le fantastique « Canonique »
1) Introduction
2) Une « Super-Nature » plutôt que la « Surnature »
3) Un fantastique de type « Cosmique »
Seconde Partie : Démesure et Thématique
Chapitre I : Le « Mythe de Cthulhu »
1) Introduction
2) Ses composants récurrents
A) Une légende primordiale
B) Le panthéon des « Dieux »
C) La Nouvelle-Angleterre imaginaire
D) Les « livres de magie mythiques »
Chapitre II : « L’Hubris » ou l’Orgueil Excessif
1) Introduction
2) L’Hubris chez Lovecraft
A) La présomptueuse quête des dieux
B) La colère divine
C) Le savant fou
Chapitre III : L’Echelle « Cyclopéenne »
1) Introduction
2) Illustrations
A) Les monstres
B) Les villes préhumaines
C) Le temps
Troisième Partie : Demeure et Style
Chapitre I : Le langage « Esoterique »
1) Introduction
2) Ses différents Aspects
A) Les incantations « conventionnelles »
B) Les formules du Nécronomicon
C) L’idiome préhumain
Chapitre II : Le langage « Deliquescent »
1) Introduction
2) Le sens de l’immonde
A) Les héros liquéfiés
B) L’écoeurant bestiaire
C) L’immigré purulent
Chapitre III : La Sur-Adjectivation
1) Introduction
2) La Sur-adjectivation
A) « L’innommable »
B) L’accumulation d’adjectifs comme moyen d’exprimer des états d’âme
3) Le Style de rapports scientifique
Conclusion Generale
Notes
Bibliographie

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BUM no 2 

Il est gratuit pour tous les membres de l'ODS à jour de leur cotisation

LES ARCHIVES DE L'ODS : BULLETIN DE L'UNIVERSITE DE MISKATONIC no 1 bis




Un supplément à Dragon & Microchips le Fanzine qui rêve
Vous avez été plusieurs à nous le de demander. Alors voici tout chaud notre REPRINT des cinq premiers numéros du Bulletin, organe officiel de L’ORDRE ESOTERIQUE (RENOVE) DES DISCIPLES DU MAITRE DE PROVIDENCE. Il s’agit d’un tirage limité, portant le numéro 1 bis. Oui, et ne me demandez plus le numéro 1 !!! Que nous avons retiré de la circulation après avoir découvert que nous avions été victime d’un sympathique canular… Les documents inédits sur le cursus proposé par notre université favorite et publiés dans ce fascicule n’étaient rien d’autres … qu’une aide de jeu pour l’Appel de Cthulhu éditée par Chaosium.
En revanche, et en quelques sorte pour compenser, ce numéro sera doublement un « collector ». Puisqu’il vous propose également dans la foulée un second REPRINT, celui des légendaires « Histoires d’Horreur Lovecraftiennes », publiées en leur temps par Philippe WARD, le doyen, encore connu sous le nom de Reclus de Pamiers.
Lovecraftien devant l’éternel, c’est avec ce dernier compère que nous vous concoctons un second volume hors-série, qui renfermera un morceau de choix, un mémoire définitif sur le thème de « la démesure chez H.P.L. » sous la signature de J.N OLIVI.
Egalement au programme des textes inédits du Maître, des études en provenance d’outre-atlantique et, pour nous divertir, quelques nouvelles au parfum cthulhuien.
Philippe Marlin, mai 1994

Les cinq premiers numéros du Bulletin ont été publiés dans les numéros 3, 4, 5, 6, 7 de Dragon & Microchips (1992 - 1993)
Sommaire :
Bulletin de l’Université de Miskatonic N°01
Bulletin de l’Université de Miskatonic N°02
Bulletin de l’Université de Miskatonic N°03
Bulletin de l’Université de Miskatonic N°04
Bulletin de l’Université de Miskatonic N°05
Histoires d’Horreur Lovecraftiennes :
- L’horreur Lovecraftienne, W.H Pugmire
- Cthulhu Go home, Philippe Ward
- Anomalie, Kim L. Neidigh
- Celui qui dévore, Walter C. Debill Jr
- L’antique cercueil, Lewis Theobald III
- Dans la forêt, Bobby G. Warner
- L’invocation, Kim L. Neidigh
- La pièce du pentacle, William Fulwiller
- Les roses du cimetière, Charles Garofalo
- L’anneau d’étain, Peter H Cannon
136 Pages

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SHEBELE (Paris)





10 – Shebelé (207 rue Lafayette, 75010 Paris, tél 01 40 35 59, www.shebele.eu). Il était temps que je mette un terme à ma totale ignorance en matière de cuisine éthiopienne. Voilà qui est fait, avec la découverte de cette petite auberge aux couleurs du soleil perdue derrière la Gare de l’Est.



 L’accueil est charmant et le jeune patron vous prendra en main pour tester les spécialités locales. Rien de plus simple, il suffit de prendre le plateau de dégustation. Vous vous retrouverez avec une assiette gigantesque dont le fond est une immense crêpe de millet, recouverte de légumes, salades, compotes, œufs, agneau, poulet et bœuf. C’est coloré, goûteux, légèrement pimenté. On mange avec les doigts et de petites crêpes que l’on garnit, façon fajitas.   



Très sympa et le sourire de la jeune patronne est un vrai plus!


jeudi 20 février 2014

LA PAPESSE JEANNE

 

 Très belle prestation que celle de
avec La Papesse Jeanne (2009). 





Un film qui se veut très réaliste sur un mystère historique que d’aucuns considèrent comme un hoax. C’est l’histoire de la petite Jeanne, fille d’un prêtre de campagne particulièrement rigoriste, et enfant surdoué. Elle se butera au dictat paternel, « l’enseignement, c’est pour les garçons », avant de s’enfuir, ayant été repérée par l’évêque local pour suivre des études. Commence une vie de rebuffades sur fond de barbarerie sanglante ; nous sommes au IX ème siècle en Allemagne, et le pays est régulièrement dévasté par des hordes sauvages. Elle trouvera refuge, déguisée en moine, au monastère de Fulda où elle s’imposera par sa foi, sa culture et ses talents médicaux. Ce qui lui vaudra de partir à Rome, sous l’identité de Jean l’Anglais, et de sauver la Pape, alors gravement malade. Elle sera alors propulsée dans la hiérarchie pontificale,  devenant le conseiller du Saint Père. A la mort de ce dernier, elle sera nommée Pape par acclamation et commencera à entreprendre de grandes réformes, au grand dam d’une Curie corrompue. Elle nommera responsable de sa garde un guerrier qu’elle avait rencontré à Fulda et dont elle tombera enceinte. Nous aurons bien sûr droit à une fin à grand spectacle, la papesse s’évanouissant lors d’une procession et décédant en accouchant.

mercredi 19 février 2014

LOS MEXICANOS, Paris








09 – Los Mexicanos (10 rue Papillon, 75009 Paris, tél 01 42 47 05 21, http://www.los-mexicanos.com/). Entre deux cours au lycée Papillon, je vous suggère d’aller vous restaurer dans cet endroit invraisemblable. Un immense hall décoré de façon criarde, des tables alignées le long des murs pour laisser libre la piste de danse. Car c’est la fiesta tous les soirs ici. L’ambiance est plus paisible le midi, même si on se sent un peu seul dans un tel volume ! Mais la cuisine mexicaine est authentique, à base de produits frais, ce qui change agréablement du Tex Mex de base. Tapas, ceviche, tacos et fajitas magnifiques sont au rendez vous. Quant au vin chilien, il est tout simplement délicieux. 



C.A. SMITH DANS L'INCOHERISM

Clark Ashton Smith

L’art étrange de Clark Ashton Smith par David Dunais, Editions L’œil du Sphinx.

Après l’édition d’un superbe recueil de textes poétiques de Clark Ashton Smith (1893 – 1961), Les éditions L’œil du Sphinx nous propose un essai très intéressant sur l’œuvre de cet auteur aussi talentueux que méconnu de ce côté-ci de l’Atlantique sauf peut-être pour ses nouvelles fantastiques.
David Dunais part à la recherche de la nature de ce qu’il appelle « la stupéfiante Beauté » qui imprègne la poésie de Clark Ashton Smith. Pour cela, il a choisi d’étudier deux œuvres littéraires marquantes de C. A. Smith, The Hashish-Eater, or the Apcalypse of Evil, oublié en 1920, et la traduction qu’il fera d’une sélection de poèmes de Charles Baudelaire. L’approche est double. Tout en replaçant l’œuvre dans son temps, David Dunais étudie la prosodie du long poème du Mangeur de Hashish de C. A. Smith pour elle-même puis dans la perspective d’un héritage romantique, sachant que Baudelaire a lui-même écrit un Poème du Hashish.
David Dunais observe l’influence d’auteurs français sur la conception de l’étrange de C. A. Smith dont Théophile Gautier, Mallarmé, Huysmans… à la croisée peut-être du romantisme, des Décadents et des Symbolistes, avec la prudence nécessaire dans ce genre d’exercice.
Il note dans la carrière esthétique de C. A. Smith un art de l’incantation, une saturation romantique, une intuition remarquable de l’étrange comme « fondamentalement étranger », « radicalement autre », « dans les confins de l’Imagination ». Il distingue une polarité, voire une opposition entre un réel que C. A. Smith abhorre et une Imagination qu’il exalte. « Le sens extrême de la Beauté chez Smith », « son raffinement », « sa subtilité », « son amplitude », son exigence, précise-t-il, ne s’adressent pas à tous les lecteurs. Cette Beauté hermétique est réservée à un lectorat de l’étrange nécessairement réduit :
« Il y a, confie David Dunais, une obsession du Néant et de la néantisation chez Smith, un fort désir d’absolue désintégration du moi. Ne parvenant pas à trouver sa place dans un réel insatisfaisant, il faut soit disparaître, soit abolir les limites du « moi » par l’imagination. Smith observe que « le récit d’horreur exprime un désir – peut-être un besoin spirituel profond – de transcender les limitations communes du temps, de l’espace et de la matière ». Besoin spirituel profond ou angoisse profonde ? L’incapacité à prendre sa place dans le réel doit engendrer un sentiment d’incomplétude, d’incapacité à s’incarner dans le réel, sentiment qui s’auto-alimente, et qui doit également prendre source dans une angoisse particulière. (…) je suis convaincu que l’Art et l’Etrange sont, pour Smith en particulier, une forme de rédemption, de réalisation personnelle, voire de thérapie. Il se pourrait qu’il soit furieux s’il pouvait me lire, lui qui abhorrait le nombrilisme de la psychologie. Je ne peux m’empêcher de croire que l’écriture poétique d’abord, puis l’Art et l’Etrange sont, pour Smith plus qu’un mode de vie, mais un mode de survie, que l’Etrange lui-même permet à Smith de mettre en scène et à distance sa propre étrangeté. »
C. A. Smith donne naissance, afin de porter cette Beauté de l’Etrange et cette étrangeté de la beauté, à une « exo-langue », à la fois singulière, poétique, et accessible, non par la raison, mais par l’imagination. Dans une lettre adressée à H.P. Lovevraft, C. A. Smith parle de « magie noire verbale », faisant appel à l’usage «  de prose rythmée, de métaphores, de comparaison, de sonorités, de contrepoint et autres ressources stylistiques, comme une sorte d’Incantation »  afin d’amener le lecteur à « accepter une impossibilité, ou une série d’impossibilités ». C. A. Smith procède à des accumulations renversantes, fait appel à des mots rares « chargés d’implication sinistres, en particulier par leur étymologie ».
Le style de C. A. Smith porte les structures narratives vers le tragique à travers des chemins serpentins, évidents par leur imprévisibilité paradoxale.
Extrait de Le mangeur de haschisch ou l’apocalypse du mal :
          Il est
          Une Chose qui se tapit, loin dans les mondes et les ans,
          Aux cornes qu’un démon affûte avec un son grinçant
          Dont il voudrait fêler la sphère de cristal,
          Ou ruiner les donjons du temps.
          Tout est sombre pendant des ères,
          Et de mon cœur sonnant le glas la clameur cesse
          Lorsque les griffes de la mort
          Rigides et tendues, hermétiques l’enserrent.
          Alors,
          Dans une flamme énorme aux millions d’éclairs
          Les astres se révèlent
          Et les soleils, ôtant leurs voiles,
          Rayonnent jusqu’à leurs planètes ;
          Le temps est mien une nouvelle fois,
          Et de ses rêves les armées
          Rallient ce trône indépassable
          Qui repose sur le zénith.

L’ouvrage rassemble plusieurs études thématiques sur cet auteur si particulier qu’est C. A. Smith, sans la prétention de « dire » qui il fut mais bien dans la perspective d’un voyage sur les rives de l’imaginaire. Dans une postface très pertinente, Emmanuel Thibault remarque la fonction de renversement du pessimisme profond du romantisme en une utopie créatrice par le pouvoir transcendant de l’imagination. « Le couronnement du rêveur » chez C. A. Smith ne serait pas alors « une forme d’aliénation » mais bien une ouverture vers la surprise, l’immensité, l’intensité à travers une conquête de l’imaginaire. Nous pouvons alors parler, conclut-il, d’ « un romantisme libérateur ».

Les Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris, France.
www.oeildusphinx.com

LE TRESOR DES TEMPLIERS CHEZ NATHAN


samedi 15 février 2014

JOAN FONTCUBERTA, LE ROI DE L'ILLUSION

Culturebox

L’illusionniste Joan Fontcuberta investit la MEP

Publié le 17/01/2014 à 14H04
Joan Fontcuberta à Barcelone en mars 2013, à côté de son oeuvre "Spoutnik" : portrait officiel du pilote-cosmonaute Ivàn Istochnikov, 1968
Joan Fontcuberta à Barcelone en mars 2013, à côté de son oeuvre "Spoutnik" : portrait officiel du pilote-cosmonaute Ivàn Istochnikov, 1968
© A gauche, A droite © Joan Fontcuberta
La Maison européenne de la photographie accueille Joan Fontcuberta, un artiste qui questionne constamment les notions de vérité, jouant avec la réalité et la fiction pour aiguiser notre sens critique. Dans ses "Camouflages" il raconte des histoires abracadabrantes, troublantes et drôles à la fois, où il aime se mettre en scène.
Par Valérie Oddos
Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
@valerieoddos
Dans l’escalier qui mène au sous-sol de la MEP, Joan Fontcuberta a exposé une dizaine d’ouvrages signés de son nom et abordant les thèmes les plus divers, de la "Soupe au thym" à la spéléo amateur, à côté d'une traduction de Stefan Zweig et d'un livre sur les textes censurés sous l’Inquisition.

"J’aime beaucoup l’écriture, nous dit le photographe catalan. Je fais beaucoup de publications. Et je suis très fier de mes publications. Notamment de la dernière, publiée il y a trois mois." Il y a ici "trois sortes de livres" : de "vrais" livres de l’artiste, d'autres écrits par des homonymes (il a contacté tous les Joan Fontcuberta trouvés dans l’annuaire de Barcelone et leur a demandé s’ils avaient publié). Ceux du troisième genre, il les a "bricolés", comme il aime dire. Ils sont totalement bidon.
Joan Fontcuberta, "Herbarium", Guillumeta polymorpha, 1982, tirage gélatino-argentique
Joan Fontcuberta, "Herbarium", Guillumeta polymorpha, 1982, tirage gélatino-argentique © Joan Fontcuberta

Cette présentation de livres est une bonne introduction à l’esprit du travail de l’artiste catalan, photographe, théoricien, critique, historien et professeur, qui s’amuse en permanence à jouer avec les apparences, à brouiller les pistes. "J’aime bien me promener entre le vrai et le faux", confie l’artiste, qui n’a pas attendu Photoshop pour "bricoler".

Tromper le spectateur
A la Maison européenne de la photographie, il présente dix projets, sortes d’expositions dans l’exposition. Dans chaque salle, Fontcuberta propose un projet, portant sur une discipline différente : la botanique, la zoologie, la géographie, l’information… "Je voulais faire une encyclopédie alternative, comme Jorge Luis Borges", dit-il. "Je parodie la façon dont un domaine utilise la photo", en essayant de "tromper le spectateur, dans le sens où les images sont toujours trompeuses".

En fait, il y a neuf projets, et le dixième est distillé dans les salles : c'est une reproduction d'un portrait du Greco, apparemment toujours la même. En réalité, l’artiste se cache derrière en donnant à chaque fois au modèle un de ses traits : son nez, ses yeux, ses mains… Cette série s’appelle "Camouflages", d'où le nom de l’exposition.
Joan Fontcuberta, Fauna, Solenoglypha Polipodida, 1985, tirage gélatino-argentique viré au sélénium
Joan Fontcuberta, Fauna, Solenoglypha Polipodida, 1985, tirage gélatino-argentique viré au sélénium © Joan Fontcuberta

"Fauna", un bestiaire fantastique
Les premières salles nous montrent des plantes et des animaux en parodiant le discours scientifique et son autorité.

Dans la lignée des espèces de plantes improbables d’"Herbarium", "Fauna" nous plonge dans le doute et l’étonnement. L’artiste dit être parti des travaux d’un naturaliste allemand Peter Ameiseuhaufen qui aurait passé sa vie, au début du XXe siècle, à rechercher des exceptions à la théorie de Darwin, traquant à travers les mondes des espèces disparues, des monstres et des hybrides, pour documenter un bestiaire plus que fantastique. Les images ont l’apparence de l’objectivité mais on doute rapidement de la réalité de ces serpents à 12 pattes, de ces coquillages à longues pattes au nom scientifique de Micostrium vulgaris ou de ces singes à 6 bras et jambes.

Douter du discours des institutions
"Il faut douter de ce que disent les institutions qui peuvent avoir le monopole" du discours : "La science ne représente que des vérités provisoires, ce n’est qu’une façon de nous raconter la réalité", nous avertit Fontcuberta.

Avec "Spoutnik", Fontcuberta fait plus fort. Il conte l’histoire d’un cosmonaute soviétique, Ivan Istochnikov, qui a "disparu" dans l’espace en 1968. Les autorités se sont débarrassés de lui et ont envoyé sa famille en Sibérie. Une photo le montre avec plusieurs camarades. A côté, la même image mais il a été effacé. Un journaliste américain s’est intéressé à cette histoire et a fait des recherches quand la photo originale a été vendue chez Sotheby’s (après la chute du mur, des documents ont quitté la Russie). Résultat, une exposition qui réhabilite le cosmonaute, montrant des photos de lui petit, à l’école militaire, quand il se marie. Avec des documents, des objets de la grande époque de la conquête de l’espace soviétique. Le tout organisé par la Fondation Spoutnik.
Joan Fontcuberta, "Spoutnik", Ivan et Kloka effectuant leur sortie historique hors de la capsule, 1968, tirage gélatino-argentique
Joan Fontcuberta, "Spoutnik", Ivan et Kloka effectuant leur sortie historique hors de la capsule, 1968, tirage gélatino-argentique © Joan Fontcuberta

Un faux cosmonaute sur Google
Sauf que toute cette histoire est fausse, rectifie Fontcuberta, même si elle est partie d’une vente aux enchères qui a bien eu lieu. La fondation n’existe pas. Et "Ivan Istochnikov, c’est moi", explique Fontcuberta : "Ivan Istochnikov, c’est Joan Fontcuberta traduit en russe". Il a exhumé des photos de son album de famille : on le voit, enfant, dans un avion de manège. Plus tard, le jour de son mariage, entouré par la foule. Pour ça, il a "bricolé" des photos qu’il est allé chercher en Russie.

Pourtant, quand le projet a été exposé à Madrid en 1997, une chaîne de télé espagnole a pris l’histoire au sérieux et l’a fait passer pour vraie, raconte-t-il. Et si on cherche le nom du cosmonaute sur Google, il apparaît dans une notice sur les "cosmonautes fantômes".
Joan Fontcuberta, "Déconstruire Oussama", Le Dr Fasquiyta-Ul Junat menant une incursion de la guérilla des talibans d'Al-Qaïda dans la zone de combat au nord de Mazar-e-Sharif, 2003, tirage à développement chromogène
Joan Fontcuberta, "Déconstruire Oussama", Le Dr Fasquiyta-Ul Junat menant une incursion de la guérilla des talibans d'Al-Qaïda dans la zone de combat au nord de Mazar-e-Sharif, 2003, tirage à développement chromogène © Joan Fontcuberta

Des personnages de Tintin sur les traces de Ben Laden
"J’aime bien me dissoudre comme auteur, raconte Fontcuberta. Mon projet est fait à deux : le spectateur doit participer, rire, se fâcher. Je ne veux pas de spectateur passif. Je donne des clés, des petites pistes qui permettent à quelqu’un d’attentif" de se rendre compte qu’il y a quelque chose de bizarre.

"Spoutnik" est drôle. "Déconstruire Ousama" est hilarant : il s’agit de l’enquête de deux photojournalistes de l’agence Al-Zur, basée au Qatar, très populaire dans les pays arabes. Mohammed Ben Kalish Ezab et Omar Ben Salaad (les noms ont été choisis parmi les personnages de Tintin) ont suivi les déplacements des dirigeants d’Al-Qaïda. Au côté de Ben Laden apparaît souvent un personnage mystérieux, le Dr Fasquiyta Ul Junat, présenté comme le cerveau de l’organisation. Sous le turban et la grande barbe, on reconnaît une fois de plus l’espiègle Fontcuberta. Coup de théâtre, les deux journalistes s’aperçoivent que toute cette histoire n’est qu’une comédie, une construction. Le Dr Fasquiyta Ul Junat est un acteur de séries télévisées arabes qui a prêté son visage à une pub pour Mecca Cola.

A la fin, "le pauvre comédien en a marre. On envoie alors un commando mais personne ne va rien voir" et on peut alors faire semblant de le faire disparaître.
Joan Fontcuberta, "L'Artiste et la photographie, Suite Portlligat", Narcesse sodomisé par une mâchoire repentante, 1959, tirage gélatino-argentique
 
Joan Fontcuberta, "L'Artiste et la photographie, Suite Portlligat", Narcesse sodomisé par une mâchoire repentante, 1959, tirage gélatino-argentique   © Joan Fontcuberta

Des photos à la façon de Picasso
Cette parodie de journalisme est née de l’idée que "quand Ben Laden est devenu un personnage médiatique, il ressemblait à un personnage de fiction", explique l’artiste. Pour nous dire de "faire attention, de garder une distance", il a mis en face de photos de jihadistes des textes qu’on peut imaginer menaçants si on ne lit pas l’arabe. Il s’agit d’extraits des "Mille et une nuits" ou d’une recette de couscous.

Fontcuberta appelle à la réflexion sur la manipulation : "Je suis capable avec quelques appareils numériques de faire tout ça. Alors imaginez des agents des services secrets."

Dans le domaine de l’art, Fontcuberta a imaginé des photos à la façon de Picasso, Miro, Tapies, Dali d’une vérité déconcertante. A tel point qu’un directeur de musée a voulu lui en acheter un. Pourtant, "je ne dis jamais qu’il s’agit de Miro, Picasso, Dali, je fais des images dans l’esprit mais c’est nous-mêmes qui les interprétons".
Joan Fontcuberta, "Miracles & Co", Munkki Juhani fait lire un chapitre du Kalevala à des suricates lapons, 2002
Joan Fontcuberta, "Miracles & Co", Munkki Juhani fait lire un chapitre du Kalevala à des suricates lapons, 2002 © Joan Fontcuberta

"L’image est toujours magique"
Pour aborder la géographie, il a fait de grands paysages : quand on s’approche, ils sont un peu bizarres. En fait, Fontcuberta a utilisé un logiciel conçu à des fins militaires et scientifiques qui transforment une carte en paysages vraisemblables en trois dimensions. Et au lieu de l’appliquer à des plans, il a interprété des tableaux, de Cézanne, d’Henri Rousseau. Cette utilisation détournée "est une façon d’interpréter l’inconscient de la machine", nous dit-il.

On rit encore dans la dernière salle où Fontcuberta s’attaque à la religion en photographiant des miracles dans une obscure communauté orthodoxe : il prend les traits d’un moine en lévitation, cryogénisé ou multiplié. L’artiste se réjouit de "finir avec la magie", remarquant que, en français, image et magie sont des anagrammes. "L’image est toujours magique", conclut-il en souriant.

Joan Fontcuberta, Camouflages, Maison européenne de la photographie, 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris
Du mercredi au dimanche, 11h-19h45 (fermé lundi, mardi et jours fériés)
Tarifs : 8€ / 4,5€ (gratuit le mercredi à partir de 17h)
Du 15 janvier au 16 mars 2014

ASPECTS ESOTERIQUES DU THEME DE LA QUETE DANS LA LETTRE DU CROCODILE

15 février 2014
Aspects ésotériques du thème de la quête
Aspects ésotériques du thème de la quête par Emmanuel Licht et Fernand Cafiero Editions L’œil du Sphinx.
Ce livre, fruit de cinq années de recherches, étudie deux légendes fondatrices de la queste initiatique, celle des Rois Mages et celle du Graal. Pour cela, ils quittent les autoroutes universitaires pour explorer les chemins buissonniers de l’initiation qui se révèlent les plus rapides et les plus directs.
L’ouvrage est organisé en deux parties relatives aux deux légendes qui se font miroir l’une de l’autre pour rapprocher l’être, engagé dans la queste, de son principe et saisir cette Tradition primordiale qui ne saurait être énoncée par le langage. C’est donc par une lecture du sens caché, une lecture ésotérique, symbolique, que les auteurs mettent au jour le sens à travers le jeu subtil des analogies et correspondances.
C’est à un véritable enseignement qu’ouvrent les auteurs en puisant dans les sciences traditionnelles, kabbale, géométrie sacrée, astronomie, alchimie et autres afin « d’engendrer le voyage » chez le lecteur.
« Le vin est associé au sang, tant par sa couleur que son caractère d’essence de la plante : il est breuvage de vie et d’immortalité. Il est aussi le symbole de la connaissance ésotérique et de l’initiation, en raison de l’ivresse mystique qu’il provoque. Il est également symbole de joie.
Depuis Noé, le vin a remplacé le Soma primitif de l’Amrita, l’Ambroisie. Dans la Grèce ancienne, il se substitue au sang de Dionysos et figure le breuvage d’immortalité. Selon la légende, Adam cultivait cette plante au Jardin d’Eden, mais nul artifice n’était alors nécessaire pour en tirer du vin, car les raisins étaient naturellement gorgés, ce qui sous-entend que la Connaissance ésotérique se possédait naturellement et sans effort. Au temps de Noé, cela n’est plus le cas, il faut la mériter à force de dur labeur. (…)
Le vin du sacrifice, écrit Saint-Martin, est l’agent actif et générateur du Grand Œuvre, le Soufre du symbolisme alchimique. La Transmutation de l’eau en vin, sang de l’alliance permet la réalisation du Grand Œuvre, le Logos. »
Les auteurs explorent les thèmes puissants développés par les Fidèles d’Amour dont celui de la Massénie du Saint-Graal qui évoque l’unique Eglise intérieure des gnostiques, l’invisible Fraternité des Rose-croix ou l’insaisissable Société des Indépendants de Louis-Claude de Saint-Martin. Le serpent vert et le corbeau, plus généralement le serpent et l’oiseau, s’inscrivent dans une dialectique féconde entre les opposés dans l’apparence, qui sont un dans le Réel. Le serpent-Christ, de couleur verte, et Lilia qui « porte la cape rouge de l’initié représentant la science secrète » évoquent le processus de réintégration.
Les auteurs traversent les formes traditionnelles pour en dégager un axe indépendant des cultures. Les fondamentaux de la queste se distinguent à travers le jeu des symboles, la science des nombres et des lettres ou encore la langue des oiseaux, comme des universaux qui font pont entre Orient et Occident.
Les Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris, France.
www.oeildusphinx.com

vendredi 14 février 2014

LES ARCHIVES DE L'ODS : MURMURES D'IREM no 11 (2000)

Les Archives de l'Oeil du Sphinx>Murmures d’Irem N°11 (2000)

Murmures d’Irem N°11 (2000)

Bienvenue dans cette nouvelle livraison de nos « Murmures », avec un sommaire d’un grand éclectisme comme à l’accoutumée.
Les passionnés de Lovecraft, et ils sont nombreux ici, pourront lire un petit dossier que nous mijotions depuis quelque temps sur le sujet fascinant des relations entre le Maître de Providence et l’Ésotérisme.
Philippe Marlin, juin-juillet 2000
Bienvenue dans cette nouvelle livraison de nos « Murmures », avec un sommaire d’un grand éclectisme comme à l’accoutumée.
Les passionnés de Lovecraft, et ils sont nombreux ici, pourront lire un petit dossier que nous mijotions depuis quelque temps sur le sujet fascinant des relations entre le Maître de Providence et l’Ésotérisme. Quand aux tenants de l’Art Royal, ils pourront découvrir d’intéressantes réflexions d’Aleister Crowley, inédites à ma connaissance en langue française. Mais tout cela n’est qu’un échantillon de ce que nous vous proposons. Avec comme à l’accoutumée un nouvel élargissement du tour de table de nos contributeurs puisque nous accueillons aujourd’hui deux écrivains du Nord de la France, Alain Delbe et Denis Labbé, un chercheur aquitain, Pierre Grenier, et un adepte marseillais, L.V. Cervera-Merino.
Est-il utile de vous rappeler une philosophie qui nous est chère ? Nous ne possédons aucune vérité et n’avons aucun enseignement à vendre. Nous sommes une petite équipe de chercheurs, curieux, critiques et indépendants. Les articles que nous vous proposons n’ont pas d’autre objet que de vous aider à découvrir les multiples facettes du Monde de l’Ailleurs. Ils forment tout au plus une boîte à outils, susceptibles de vous aider dans vos propres recherches, et en aucun cas une quelconque doctrine…
Philippe Marlin, juin-juillet 2000
Sommaire :
Les Dossiers d’Irem : Aleister Crowley
- Crowley, qui suis-je ? Christian Bouchet
- De l’Eucharistie et de l’Art Alchimique, Aleister Crowley
Les Dossiers d’Irem : Lovecraft et l’Ésotérisme
- Cthulhu Rising (2)
- Lovecraft et l’Astrologie
- Le créateur rattrapé par ses créatures, Denis Labbé
Les Stances de Dzyan
- Jeux de cartes, Alain Delbe
- Invocations, Jean-Luc Colnot & Agnès Rivendal
- Charles Duits, Voyageur au bout du Peyotl, L. V. Cervera-Merino
Les Révélations de Glaaki
- Planète ou le vaisseau Fantôme, Grégory Gutierez
- Le raport G., Jacky Ferjault
- À vos fourneaux, Zephyrin Beton
- Les Celtes, Jean-Pascal Percheron
- Beltane, Shannon E. Steele
- L’Arbre de Vie et la Géomancie, Pierre-Grenier
Fragments de M’Nar
Les Stances de Fungi & The Parisian Fancy Good
158 Pages

On le commande ici :

MDI no 11 

LES ARCHIVES DE L'ODS : MURMURES D'IREM no 7 (1988)

Les Archives de l'Oeil du Sphinx>Murmures d’Irem N°07 (1998)

Murmures d’Irem N°07 (1998)

Joyeuse année 1998 à tous, et pour bien commencer cette nouvelle année, vous pourrez constater comme moi, à la contemplation de la couverture, que Monsieur Guy n’a pas déserté nos équipes et reste fidèle au poste. Son petit clin d’oeil à sur Tarzan ne reflète bien sûr ni de près ni de loin le contenu éditorial de ce numéro !!!
Philippe Marlin, janvier 1998
Joyeuse année 1998 à tous, et pour bien commencer cette nouvelle année, vous pourrez constater comme moi, à la contemplation de la couverture, que Monsieur Guy n’a pas déserté nos équipes et reste fidèle au poste. Son petit clin d’oeil à sur Tarzan ne reflète bien sûr ni de près ni de loin le contenu éditorial de ce numéro !!!
Encore que, si nous savons ne parlons pas du héros des savanes, nous faisons preuve une fois de plus d’un éclectisme boulimique. Nous vous emmenons aujourd’hui (encore) en Egypte, chez les sectateurs de Dagon, à Roswell, dans les méandres du New Age, chez les Templiers du Ruou et dans d’autres replis obscurs de l’Ailleurs. Remplissage dira l’un, fatras rétorquera l’autre. Non. A l’ODS, nous enfourchons les comètes pour plonger dans les espaces sombres des Arcanes, sous quells que formes qu’elles se présentent ; sans parti-pris, comme à l’accoutumée et en gardant en toutes occasions le minimum de recul nécessaire. Il va sans dire, pour rebondir sur une récente polémique, que les opinions exprimées n’engagent que leurs auteurs ; mais il va sans dire aussi qu’elles nous ont semblé suffisamment intéressantes pour être soumises à votre sagacité et proposées à votre démarche personnelle.
Philippe Marlin, janvier 1998
Sommaire :
Les Révélations de Glaaki
- Edito
- Pourquoi méditer ? La différence fondamentale entre relaxation et méditation, Emmanuel Thibault
- Chronique d’une mort annoncée, Jacky Ferjault
- Présentation de l’ordre ésotérique de Dagon, Frère Eibon XXIII
- L’Affaire Roswell, Franck Périgny
- Dossier Serge Monast, le protocole de Toronto
- La déclaration de John Lear, Serge Le Guyader
- Le raisonnement en astrologie, Franck Nguyen
- Le thème astral et sociologique du Nouvel Age, Adam Possamaï
- La volonté magique, Jean-Luc Colnot
- Aida & l’IVG ; de l’égyptologie à l’égyptomanie, Jacky Ferjault
- Khéops, Jean-Pascal Percheron
Les Témoins d’Ulthar
- Rencontre archéométriques avec Yves-Fred Boisset
- Les Templiers sont parmi nous, Yves Albet
Les Stances de Dzyan
- L’Orme de Pentland Firth, Jérémy Bérenger
- Hommage à William S. Burroughs, Philippe Pissier
Fragments de M’Nar
Le Courrier d’Irem
140 Pages

On le commande ici :

MDI no 7 

L'ESPACE ET LA PLUME


mercredi 12 février 2014

LES ARCHIVES DE L'ODS : SPECIAL POESIES FANTASTIQUES (1993)

Dragons & Microchips - HS 2 - Les Manuscrits d'Edward Derby : Spécial Poésies Fantastiques (1993)

Dragons & Microchips - HS 2 - Les Manuscrits d'Edward Derby : Spécial Poésies Fantastiques (1993)

Et bien voici la deuxième livraison des MANUSCRITS, le petit frère « littéraire » de Dragons & Microchips. Et qui ne manque pas de souffle puisqu’il se propose cette fois-ci d’aborder le difficile registre de la poésie fantastique. Un coup de chapeau au passage - même si le répertoire n’est pas toujours directement fantastique - à Gilles Dumay qui nous a proposé de « reprinter » les premiers numéros de son fanzine-coucou, MENTAL MACHINE POEMS. A vous de nous dire comment vous jugez l’expérience et de nous faire savoir si elle doit être renouvelée.
Merci à tous ceux qui ont collaboré à ce numéro, que vous retrouverez dans le WHO’S WHO, et à Loïc NICOLOFF qui a réalisé la couverture sur un dessin de Pierre GONZALES
Philippe Marlin, août 1993
Sommaire :
- Edito
- Le Choeur des Ténèbres, Jean-Emile Garrido (Illustration Dexter Ward)
- Somnolence, Jacky Ferjault (Illustration Herres)
- Fantasme, Jacky Ferjault (Illustration Herres)
- Auto-Portrait, Jacky Ferjault (Illustration Herres)
- La Cascade, Duncan d’Irah (Illustration Pierre Gonzales)
- Le Vaincu de la Non-Ere, Duncan d’Irah (Illustration Pierre Gonzales)
- Le Chaste Seigneur, Duncan d’Irah (Illustration Pierre Gonzales)
- Le Moulin, Bernard Stephan
- Souvenir d’un Château, Bernard Stephan (Illustration Dexter Ward)
- A la rencontre d’Iranon, Michel Novy (Illustration Willy Favre)
- Invocation, Michel Novy (Illustration Willy Favre)
- Le Tombeau de H.P Lovecraft, Michel Novy ((Illustration NM)
- Souvenirs x, Michel Novy (Illustration Willy Favre)
- Souvenirs xx, Michel Novy (Illustration Willy Favre)
- Angelina, Gilles Dumay (Illustration Pitus)
- Les Cyons de la Guerre, Gilles Dumay
- Nuit, Thierry Richard
- La Non-Vie, Fabienne Leloup
- Le Bassin, Emmanuel Anzeraey (Illustration Christine Chatal)
- Le Damné, Philippe Marlin (Illustration Orso)
- Oniroide, Chris Bernard
- Les Magnifiques, Saint Brieux
- Le Chemin, Saint Brieux
- Lettre d’une Exilée, Saint Brieux (Illustration Willy Favre)
- Le Monstre de l’Ile Flottante, Michel Roulleau
- L’Innomé, Michel Roulleau (Illustration Dexter Ward)
- La Cloche, Pierre Bejot
- Imagine, Pierre Bejot
- Au Dela de La-Haut, Olivier Bidchiren (Illustration Thierry Sorgmard)
- Oracle Occulte, Olivier Bidchiren
- Etat de l’Oiseau, Olivier Bidchiren
- Les Silhouettes de la Liberté, Olivier Bidchiren
- Who’s Who
- Mental Machine Poems, Numéro 0, Décembre 1992
- Mental Machine Poems, Numéro 1, Février 1993
- Mental Machine Poems, Numéro Spécial Nouvelle Réalité
- Mental Machine Poems, Numéro 2, Juin 1993
76 Pages

On le commande ici :

lundi 10 février 2014

LES ROIS MAGES & LE GRAAL



SAMEDI 1er MARS


Fernand Cafiero présentera :

Aspects ésotériques du Thème de la quête
Des Rois Mages au Graal/Du Graal aux Rois Mages
Emmanuel Licht et Fernand Cafiero

Un voyage initiatique à travers les Hautes Sciences Traditionnelles, la Kabbale, l’Alchimie, la Science des Nombres, la Géométrie et l’Astronomie.
Illustration de couverture de Jean-Michel Nicollet.
Le fil conducteur du livre : deux mythes fondateurs, au sens jungien du terme: celui des Rois Mages et celui du Graal. Les Rois mages sont des savants. Ils savent ce qu'ils cherchent mais ils ne savent pas vraiment ce qu'ils vont trouver, ni quoi, ni où, ni quand. A l'inverse, dans la quête du Graal, le contact avec le monde " d'en haut " s'impose à Perceval, naïf et illettré, sous forme d'une grâce. Tout en décortiquant et reliant ces deux mythes, constituant les deux parties du livre, les auteurs nous convient dans des pérégrinations aux confins de notre planète, de l'Asie à la Gaule celtique, les auteurs conduisent le lecteur dans les hautes sciences traditionnelles, la kabbale, l'alchimie, la science des nombres, la géométrie, l'astronomie comme dans Les Vedas ou Le Serpent vert de Goethe. Nous y découvrons combien ces images sont stables, à travers soixante siècles de présence, du paléolithique aux recherches d'Abellio.Fernand Cafiero et Emmanuel Licht nous entraînent avec bonheur dans un voyage en deux étapes par un chemin aux " sentiers qui bifurquent " pour reprendre l'expression lumineuse de Borgès.

Rendez-vous à 18h130 au restaurant Guo Ming, 39 rue de Belleville, 75019 Paris (salle du premier). Un dîner amical suivra la conférence.

Pour la bonne organisation de la soirée, merci de confirmer votre présence, soit sur facebook, soit à ods@oeildusphinx.com, soit au 06 11 72 38 06

samedi 8 février 2014

HISTORIA OCCULTAE, CINQUIEME OPUS





LES ÉDITIONS DE L'OEIL DU SPHINX ont le plaisir de vous annoncer la sortie du 5 ème numéro de Historia Occultae

Sommaire

Editorial
Aspects corporels de l’initiation, par Emmanuel Thibault
Rituel d’adoption, par Octonovo
Franc-Maçonnerie russe, par Octonovo
Un poète initié, Charles Duits
1. Biographie, par Emmanuel Juste Duits
2. Entretien avec Emmanuel Juste Duits
Camões, Carvalho Monteiro, Pessoa : Trois esprits vivants, trois œuvres, trois arts de l’Imaginal, par Rémi Boyer
Le mythe du Grand Monarque, par Geneviève Béduneau
Convulsionnaires, par Daniel Castille
Mission les Ardennes mystérieuses, par Jean Claude Rossignol
Lectures initiatiques, par Rémi Boyer et Geneviève Béduneau.

Il est disponible au prix de 16 € dur la boutique de l'ODS (ods@oeildusphinx.com) et bientâot à l'Atelier Empreinte et Amazon.

vendredi 7 février 2014

L'APERO DU JEUDI AU GUO MIN




Amis parisiens, que diriez-vous de nous retrouver jeudi prochain (le 13) pour l'apéro du jeudi du Guo Min. C'est au 39 rue de Belleville (métro Belleville) à partir de 18h30.

DANS LE FREMION, TOUT EST BON


LES CHRONIQUES D'EL'BIB : DELIRIUM de Philippe Druillet





Philippe Druillet n’a pas utilisé l’encre, mais ses tripes, pour nous offrir ses mémoires, Délirium (les Arènes, 2014). Et son compère d’écriture, David Alliot, a réussi le tour de force de le rendre plus vrai que nature. C’est Druillet qui cause. Et il cause en hurlant, revenant longuement sur ses origines douloureuses de fils d’un collabo et d’une mère milicienne. « J’ai toujours haï ma mère ». Et on va le suivre dans un cheminement de galère pour essayer d’exprimer sa rage de créativité. Un parcours semé de douleurs (notamment la perte de Nicole, son grand amour) et d’excès en tous genres, mais sans se départir d’une véritable boulimie d’explosions graphiques qui l’amèneront souvent à flirter avec le génie. De Lone Sloane  à la réalisation des décors des Rois Maudits, de Pilote à Métal Hurlant (un vrai bordel cette équipe !), de la création de bijoux à celle de meubles, quel chemin parcouru. En refermant le bouquin, je me suis dit que j’avais de la chance de connaître un type de cette trempe. Un petit regret pourtant, Philippe ne rentre jamais vraiment dans le fond de ses passions, alors qu’il aurait de belles choses à dire sur Lovecraft, l’héroic fantasy, ou la SF.

jeudi 6 février 2014

THE TRADITION OF HOUSEHOLD SPIRITS, Claude Lecouteux (blog Magonia)

HOUSEHOLD AUTHORITY

Claude Lecouteux. The Tradition of Household Spirits. Inner Traditions, 2013.

One of the first things that struck me in this work was the positive antiquity of some Gallic phrases used concerning the subject of moving house. The two that are mentioned at the very beginning are on pend la crémaillère (the hanging of the chimney hook) and on change de pénates (changing household gods). They stand out in comparison because, to the best of my knowledge, we British have nothing comparable that dates back so far. We have no geomancers (unless one counts the surveyor) and we most certainly do not talk of changing our household gods. Even the practice of nailing a horseshoe above the door has fallen very much by the wayside. Although I haven’t checked (mea culpa), as far as I know, the likes of Taylor Wimpey and Barratt Homes don’t race to wall up a stranger’s shadow or a cat within the abodes that they construct. 
 
 
 
 
The contrast between how traditions and superstitions are referred to between the British and the French is something which may possibly be explained by the preponderance of British people living in towns and the continuing existence of a French peasantry, who will presumably have retained the beliefs and traditions of their forebears. This may go on to explain why the author, himself a Gaul, is so captivated by the subject of household superstitions.
 
Claude Lecouteux was Professor emeritus at the Paris-Sorbonne University and a prolific author. He has written around thirty books dealing with both mediaeval and pagan beliefs. This book covers many, many folk beliefs concerning anything to do with constructing a house and setting up home, especially where it concerns paranormal entities that are concerned with the wellbeing of the dwelling and any attendant life forms or, indeed, the actual fabric of the structure. Many of these are fascinating and some are positively bizarre compared to our contemporary, workaday approach to construction. There was also a personal resonance, as I was pleasantly surprised to see that not only were some splendid examples of pargetting from England included in the colour photographs but also a fair few were from my former home county of Essex.
 
However, the real issues I take with this otherwise worthy and undoubtedly scholarly work is that it seems to ramble somewhat. Whilst steering clear of academic language, its approachability is marred by not being either more in the form of a list (for, generally, that’s what this is) or something less precise and more chatty. Unfortunately it seems to have the least desirable aspects of both list and anecdote; all over the shop on the one hand and short on entertainment on the other. For instance, when talking about the communal hearth, the scene changes from Russia, the Tyrol, the Samoyeds, Sweden, Swabia and Brittany in one short paragraph, thus both cramming in a lot of information without making it easy to retrieve later on. This packing together of data has no system of subheadings or an alternative reference system, which both makes it difficult to digest without frequent breaks and contributes to a slightly breathless and confused feel. At least there is an index, an exhaustive bibliography and notes at the end.
 
It is very desirable that this information, put together by an undisputed expert in the field (or rather, the house) is collected in a single volume. However, it would be even more desirable if it were arranged in a more obviously accessible fashion, facilitating retrieval of the absorbing and intriguing contents therein. – Trevor Pyne.

mercredi 5 février 2014

FICTION FAIT LA FETE CE VENDREDI



"Fiction", la plus ancienne revue dédiée à l’imaginaire en France, revient
dans une toute nouvelle mouture en février 2014 : nouvelle maquette, nouvelles
rubriques... et toujours autant de nouvelles !

Et pour fêter cette sorties, Les Indés de l'Imaginaire vous propose une
soirée de lancement le vendredi 7 février prochain à partir de 19h30 aux
Caves Alliées à Paris !

-- AU PROGRAMME --
► Rencontres et dédicaces :
• Alex NIKOLAVITCH (Mythe & Super-héros, Apocalypses, une brève histoire de
la fin des temps)
• Estelle FAYE (Porcelaine, Un éclat de givre, La Suriedad)
• Julien BÉTAN (Zombies !, Jack l’Éventreur, les morts)
• Justine NIOGRET (Chien du heaume, Mordre le bouclier, Mordred)
• Patrick IMBERT
• Catherine DUFOUR
• Et d'autres sont à venir !

► Set Dj !
► Animations : des numéros à gagner !
► Et pour tout achat de la revue sur place : un exemplaire de "Sunk" de David
Calvo & Fabrice Colin offert !

-- INFORMATION PRATIQUES --
Les Caves Alliées
44, rue Grégoire de Tours, 75006 Paris
www.lescavesalliees.fr
Entrée libre.

► Fiction nouvelle mouture, c'est :
• Une revue portée par un nouveau collectif d’éditeurs : les Indés de
l’imaginaire !
• Une nouvelle maquette de 272 pages tout en couleur !
• Dont 200 pages du meilleur des nouvelles de l’imaginaire francophone et
international !
• De nouvelles rubriques !
• Des entretiens d’auteurs inédits !
• Un rythme de 3 numéros par an, au nouveau prix de 15 € !
• Abonnez-vous en ligne www.revue-fiction.fr

► Au sommaire de ce numéro 18 :
• Entretien croisé Ayerdhal / Norman Spinrad
• Entretien croisé Justine Niogret / Jean-Philippe Jaworski
• Des nouvelles du futur - Nicolas Nova
• De l'autre côté du miroir - Catherine Dufour & Patrick Imbert
• Les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles - Alex Nikolavitch
• Passerelles - Julie Proust Tanguy
• Hasard de naissance - Robin Hobb
• Les Djinns funèbres - Timothée Rey
• Trajectoire - Ken Liu
• Quatre cents millions d'années de réflexion - Steven Utley
• Gipsy Nuke - Estelle Faye
• La rive d'en face - Elizabeth Hand
• Pique-nique à Pentecôte - Rand B. Lee
• L'éternité dure toujours - Sonia Quémener
• DynaCostumeTM - M. K. Hobson
• Esprits tordus - Albert E. Cowdrey
• Les véritables chroniques martiennes - John Sladek

lundi 3 février 2014

DRUILLET DANS L'EXPRESS

Angoulême

Druillet, fils de collabo et génie hurlant

Par , publié le
Angoulême - "Je suis né fils de collabo": cet infamant héritage a marqué au fer rouge Philippe Druillet, artiste visionnaire de BD à l'existence jalonnée de drames, mais à la rage de vivre chevillée au corps, qui vient de publier une autobiographie coup de poing, "Delirium".
Druillet, fils de collabo et génie hurlant
"Je suis né fils de collabo": cet infamant héritage a marqué au fer rouge Philippe Druillet, artiste visionnaire de BD à l'existence jalonnée de drames, mais à la rage de vivre chevillée au corps, qui vient de publier une autobiographie coup de poing, "Delirium".
afp.com/Pierre Duffour
Grande gueule à l'allure de rocker, lourdes bagues en argent et pantalon de cuir noir, ce pur autodidacte fit accéder la BD à l'âge adulte dans ses années 1970, inspirant des générations d'auteurs. Ses mises en pages kaléidoscopiques hantées par des visions cosmiques, son univers fantastique peuplé de créatures fabuleuses, sa narration destructurée, ont révolutionné le 9e Art.
"Il y a 40 ans, la BD était un art de débiles fait par des débiles", lance-t-il, cinglant. "Pour moi, le dessin était un exorcisme. J'avais la rage de vivre, de combattre. Aujourd'hui, la rage est toujours là. Parce que j'ai passé ma vie à côtoyer la mort, j'ai un féroce appétit de vivre et je m'éclate dans mon boulot", dit à l'AFP l'auteur de 69 ans, invité du Festival d'Angoulême.
Philippe Druillet naît le 28 juin 1944, le jour même où Philippe Henriot, secrétaire d'Etat à la propagande, est abattu par la Résistance. C'est en hommage à ce "Goebbels français" que son père, haut responsable de la Milice, l'appelle Philippe. Sa mère est aussi une fasciste convaincue, "raciste, antisémite, inculte".
"Depuis plus de soixante ans, je vis avec les fantômes d'un passé qui me révulse", avoue Druillet dans "Delirium" (Les Arènes). "Ce livre est un voyage initiatique et douloureux. Je ne le relirai pas".
Soigné par Céline
Fin 1944, la famille suit au château de Sigmaringen, en Allemagne, Pétain, son gouvernement et quelques civils, dont Louis-Ferdinand Céline, écrivain mais aussi médecin. "Céline m'a soigné, je suis resté 25 jours sous une cloche à oxygène".
Exilé ensuite en Catalogne, chez son ami Franco, son père est condamné à mort par contumace en 1945.
Druillet grandit à Figueras, la ville de Dali. "Comme je dessinais tout le temps, les gens me disaient: +tu es un futur Dali+. En classe, les élèves me traitaient de sale Français". Son père meurt en 1952. La famille plonge dans la misère, retourne en France, déménage sans cesse. "Cette enfance m'a marqué à jamais".
Dès 16 ans, Druillet se passionne pour la littérature fantastique, la science-fiction, s'abreuve de films expressionnistes à la cinémathèque, comme le Nosferatu de Murnau. "C'est tout cela qui m'a nourri". Il a d'ailleurs fait des décors de cinéma et des affiches de film, s'est essayé à la réalisation, au théâtre Il a été photographe, son premier métier, illustrateur de science-fiction, designer de meubles... Vécu aussi "des années à me faire foutre dehors et passer pour un cinglé!".
Son vrai choc en BD: "Barbarella", de Jean-Claude Forest au début des années 60. "La science-fiction était alors méprisée. Et puis Kubrick et mai 68 sont arrivés et les intellectuels à la con ont eu un problème: le monde avait changé!", s'exclame Druillet.
En 1966, il publie "Le Mystère des abîmes", dont le héros Lone Sloane deviendra un personnage récurrent dans son oeuvre. On le retrouve dans "Delirius", "Salambô" ou "Chaos". Et Sloane sera Dante dans la "Divine comédie" que Druillet adapte en 2014 chez Glénat.
"Le Consistoire juif m'a proposé un jour d'adapter la Bible. Grandiose... mais dix ans de travail ! J'ai refusé".
Et puis, c'est son arrivée à Pilote en 1970 et la révolution dans la BD. Il fonde ensuite Métal Hurlant, avec Moebius et Jean-Pierre Dionnet, en 1975, et Les Humanoïdes associés. Suivent des années d'enfer et de drogue après la mort de sa femme, Nicole, emportée par un cancer à 30 ans. Il achève en 1976 son album culte, "La Nuit", qui résonne comme un requiem, et aujourd'hui réédité.
Druillet s'est battu toute sa vie pour ne pas ressembler à son père. "J'ai voulu publier mes mémoires parce que, dans ce pays qui dérape, cela commence à sentir aussi mauvais que dans les années 30".