Chez le Bibliothécaire

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mardi 26 janvier 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LOVECRAFT'S LIBRARY, A CATALOGUE, Joshi & Michaud






Cela s’appelle un travail de bénédictin ! S.T Joshi et Marc A. Michaud nous livrent, chez Necronomicon Press, un travail impressionnant : Lovecraft’s Library, a catalogue (1980) : tenter de reconstituer la bibliothèque de l’Ermite de Providence. Lovecraft possédait environ 1500 livres, et un bon millier a pu être ciblé, notamment grâce à l’inventaire manuscrit réalisé par une des voisines de l’auteur, à la demande de sa tante qui avait besoin d’argent. Les « trous » ont été partiellement colmatés sur la base de sa correspondance. C’est enfoncer des portes ouvertes que de dire que Lovecraft était un grand érudit, curieux de tout. On y trouve pêle mêle de grands auteurs classiques (gréco romains traduits en anglais), beaucoup de littérature du XVIII ème siècle et bien sûr une collection très riche de weird fictions. L’astronomie, une passion de jeunesse, figure en bonne place dans le rayon sciences. Et n’en déplaise aux tenants de la thèse « Lovecraft Grand Initié », pratiquement rien dans la catégorie ésotérisme. Tous les ouvrages d’occultisme cités dans L’Affaire Charles Dexter Ward ont manifestement été consultés, à titre documentaire, en bibliothèque publique.

Ce travail est à mettre en regard de celui de Jacky Ferjault :

100 auteurs évoqués par Howard Phillips Lovecraft par Jacky Ferjault, Editions L’œil du Sphinx (2014).
Une fois de plus, Jacky Ferjault met ses vastes connaissances à notre disposition pour un projet original et particulièrement intéressant.
H.P. Lovecraft n’était pas seulement un passionné de fantastique et de science-fiction. Les littératures, les sciences, les arts nourrirent sa pensée. Il entretint des relations avec de nombreuses personnalités et développa une vaste correspondance dans laquelle il est fait référence à de très nombreux auteurs.
En nous présentant 100 auteurs cités par Lovecraft, Jacky Ferjault ne fait pas que mettre en évidence l’érudition de celui-ci, il éclaire l’organisation de sa pensée et la manière dont il se nourrit de celle des autres, par adhésion, par opposition, par distinction…
L’ouvrage commence par les auteurs de l’Antiquité auxquels se réfère Lovecraft, Homère, Sophocle, Aristophane, Théocrite, Ovide, Lucrèce, Socrate, Empédocle, etc.
Il se poursuit par les auteurs français. Lovecraft admirait la littérature européenne, notamment certains auteurs français. On retrouve bien sûr Molière, Corneille, Racine, Hugo mais aussi Rabelais, La Rochefoucauld, Diderot, Rousseau, Chateaubriand, Alexandre Dumas, Villiers de l’Isle-Adam, Eliphas Levi, Jules Verne et d’autres encore.
Le gros de l’ouvrage est constitué des « autres » écrivains parmi lesquels des familiers comme Bullwer-Lytton, Edgar Rice Burroughs, Dante, Arthur Conan Doyle, les frères Grimm, Hemingway, Arthur Machen, Abraham Merritt, Milton, Edgar Allan Poe, Walter Scott, Shakespeare, Shaw, Marie Shelley, et beaucoup d’autres, certains moins connus de ce côté-ci de l’Atlantique.
Ce morceau de bibliothèque lovecraftienne permet de dresser un portrait très nuancé et subtile de Lovecraft, fin lettré, penseur complexe et auteur profond.
In La lettre du Crocodile

lundi 25 janvier 2016

LES CHRONIQUES D'EL BIB : DANS L'ABÎME DU TEMPS, Lovecraft





Dans l’Abîme du Temps (1935, in Astounding Stories 1936). Il s’agit de l’un des derniers textes de Lovecraft et peut être le plus abouti. Un mini-roman en sept chapitres, une intrigue consistante et une montée en puissance de l’horreur comme seul l’auteur savait le faire.
Si la chose s’est produite, alors l’homme doit être préparé à accepter, sur l’univers et sur la place que lui-même occupe dans le tourbillon bouillonnant du temps, des idées dont le plus simple énoncé est paralysant. Il faut aussi le mettre en garde contre un danger latent, spécifique qui, même s’il n’engloutit jamais la race humaine tout entière, peut infliger aux plus aventureux des horreurs monstrueuses et imprévisibles.

Nous partageons du récit du professeur Nathaniel Wingate Pealse, professeur d’économie politique à l’université de Miskatonic qui va être frappé d’une longue et étrange amnésie de 1908 à 1913. Il perdra durant cette période son emploi et son épouse, du fait d’un comportement bizarre : il fait preuve de connaissances étranges, passe son temps dans les bibliothèques à faire des recherches sur le folklore, dévore tous les livres « maudits » qu’il trouve, entreprend de nombreux voyages (Himalaya, Arabie, Spitzberg) tout en cultivant des relations intimes avec les chefs de groupes d’occultistes, et des érudits suspects de relations avec des bandes innommables d’odieux hiérophantes du monde ancien.
Il reviendra à la raison en septembre 1913. Seul un de ses fils, Wingate, lui est resté fidèle. Il reprendra son travail à l’université, mais pour une durée très courte, victime de rêves et de sensations étranges qui peu à peu vont le miner. Il a le sentiment d’avoir été l’objet d’un « échange » avec un autre esprit. Et progressivement ses visions vont se préciser : celles d’une cité colossale, de salles gigantesques où sont entreposés des manuscrits. Il comprendra alors avoir pris le corps d’un membre de la Grande Race de Yith et que son propre corps est habité par l’esprit de l’intrus, afin de se documenter sur notre monde. Pour sa part, il sera chargé de rédiger les « chroniques de notre monde ». Car ceux de la Grande Race sont en quelque sorte les « bibliothécaires de l’impossible », collectant toutes les archives de passés immémoriaux ou de futurs improbables. On eût dit d’énormes cônes iridescents de dix pieds de haut et autant de large à la base, faits d’une substance striée, squameuse et semi-élastique. De leur sommet partaient quatre membres cylindriques flexibles, chacun d’un pied d’épaisseur, de la même substance ridée que les cônes eux- mêmes. Ces membres se contractaient parfois jusqu’à presque disparaître, ou s’allongeaient à l’extrême, atteignant quelquefois dix pieds. Deux se terminaient par de grosses griffes ou pinces. Au bout d’un troisième se trouvaient quatre appendices rouges en forme de trompette. Le quatrième portait un globe jaunâtre, irrégulier, d’environ deux pieds de diamètre, où s’alignaient trois grands yeux noirs le long de la circonférence centrale.

Le professeur Pealse fait, au cours de ses travaux, des rencontres fantastiques. Il y avait un esprit de la planète que nous appelons Vénus, qui vivrait dans un nombre incalculable d’époques à venir, et un autre d’un satellite de Jupiter qui venait de six millions d’années avant notre ère. Parmi les esprits terrestres, il y en avait de la race semi-végétale, ailée, à la tête en étoile, de l’Antarctique paléogène ; un du peuple reptilien de la Valusia des légendes ; trois sectateurs hyperboréens de Tsathoggua, des préhumains couverts de fourrure ; un des très abominables Tcho-Tchos ; deux des arachnides acclimatés du dernier âge de la terre ; cinq des robustes espèces de coléoptères, successeurs immédiats de l’humanité, à qui ceux de la Grand-Race transféreraient un jour en masse leurs esprits les plus évolués face à un péril extrême ; et plusieurs des différentes branches de l’humanité.
Je m’entretins avec l’esprit de Yiang-Li, un philosophe du cruel empire de Tsan-Chan, qui viendra en 5000 après J.-C. ;
avec celui d’un général de ce peuple à grosse tête et peau brune qui occupa l’Afrique du Sud cinquante mille ans avant J.-C. ; et celui du moine florentin du XIIe siècle nommé Bartolomeo Corsi ; avec celui d’un roi de Lomar qui gouverna cette terrible terre polaire cent mille ans avant que les Inutos jaunes et trapus ne viennent de l’Occident pour l’envahir.
Je conversai avec l’esprit de Nug-Soth, magicien des conquérants noirs de l’an 16000 de notre ère ; avec celui d’un Romain nommé Titus Sempronius Blaesus, qui fut questeur au temps de Sylla; avec celui de Khephnes, Égyptien de la quatorzième dynastie, qui m’apprit le hideux secret de Nyarlathotep; et celui d’un prêtre du Moyen Empire de l’Atlantide ; et celui de James Woodville, hobereau du Suffolk au temps de Cromwell ; avec celui d’un astronome de la cour dans le Pérou préinca ; avec celui du physicien australien Nevil Kingston-Brown, qui mourra en 2518; avec celui d’un archimage du royaume disparu de Yhé dans le Pacifique ; celui de Theodotides, fonctionnaire grec de Bactriane en 200 avant J.-C. ; avec celui d’un vieux Français du temps de Louis XIII qui s’appelait Pierre-Louis Montagny; celui de Crom-Ya, chef cimmérien en l’an 15000 avant J.-C. ; et tant d’autres que mon cerveau ne peut retenir les épouvantables secrets et vertigineuses merveilles qu’ils m’ont révélés. Il comprend aussi, pour voir des souterrains grillagés d’où proviennent des sons répugnants, que la Grande Race est menacée par une antique race d’entités de forme semai-polypeuse, soigneusement gardées prisonnières.
Il met tout cela sur le compte de l’imagination et publie des chroniques sur ses « visions », aidé par son fils devenu professeur de psychologie à l’Université.


Suite à un article dans la Revue de la Société Américaine de Psychologie, il est contacté par le professeur australien Mackenzie qui lui explique, photos à l’appui, qu’il pense avoir avec son collègue le Dr Boyle, trouvé dans le désert des structures et des inscriptions qui semblent correspondre aux descriptions de ses récits. Une mission est alors montée sous l’égide de l’Université. Le professeur William Dyer, directeur des études géologiques – chef de l’expédition antarctique de Miskatonic en 1930-1931 –, Ferdinand C. Ashley, professeur d’histoire ancienne, et Tyler M. Freeborn, professeur d’anthropologie, m’accompagnaient, ainsi que mon fils Wingate.

Les blocs cyclopéens sont effectivement retrouvés. Et lors d’une expédition solitaire, le narrateur se retrouvera dans les immenses bibliothèques et partira à la recherche de son propre manuscrit. La chute est prévisible : Aucun œil n’avait vu, aucune main n’avait touché ce livre depuis la venue de l’homme sur cette planète. Pourtant, lorsque je braquai ma torche sur lui dans ce terrifiant abîme, je vis que les caractères bizarrement colorés sur les pages de cellulose cassante et brunie par les âges n’étaient pas du tout de ces hiéroglyphes obscurs datant de la jeunesse de la terre. Non, c’étaient les lettres de notre alphabet familier, composant des mots anglais écrits de ma main.

° Livres
Des notes marginales restent la preuve tangible de mes recherches minutieuses dans des ouvrages tels que Cultes des Goules, du comte d’Erlette, De Vermis Mysteriis, de Ludvig Prinn, Unaussprechlichen Kulten de von Junzt, les fragments conservés de l’énigmatique Livre d’Ebon, et l’effroyable Necronomicon de l’Arabe fou Abdul Alhazred. Et puis, il est indéniable aussi que l’activité des cultes clandestins reçut une nouvelle et néfaste impulsion à peu près au moment de mon étrange métamorphose. 

samedi 23 janvier 2016

COLLOQUE CASTERENNAIS SPÉCIAL POUSSIN (4 juin 2016)

Le programme vient d'être arrêté :

Colloque RLC du 4 Juin, spécial Nicolas Poussin

Introduction Yves Lignon
Nicolas Poussin dans « la belle histoire » du Razès, PM
L’œuvre de Nicolas Poussin, Jean-Claude Rossignol
Un point de vue de Jean-Marie Villette
Poussin et l’alchimie ou l’alchimie de Poussin, Geneviève Beduneau
Mais où en est Robert Thiers ?

Si nous en avons le temps, on pourra projeter un film sur Ollivier Rucca qui a décliné l’invitation.

On s'inscrit en joignant un chèque à l'ordre de l'ARTBS
- 20 €
- 45 € avec le dîner du soir

L'Oeil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris

mardi 12 janvier 2016

JEAN-CHARLES PICHON A LA BNF

 


La Bibliothèque Nationale de France
accueille les archives
de Jean-Charles Pichon

le 13 février 2016 de 16 h à 18 h.


 



Écrivain, dramaturge, poète, scénariste, philosophe, et métaphysicien, Jean-Charles Pichon (1920-2006) a conçu une œuvre prolifique, multiforme, souvent dérangeante, voire iconoclaste, jusqu’aux confins de la métaphysique et de la spiritualité.

 


Jean-Charles Pichon, un théoricien de la Machine de l’éternité ? Sans doute, mais il fut d’abord un poète. Plusieurs centaines de poèmes, écrits entre 1940 et 1951, l’attestent. Ils habitent ses textes et rythment son écriture jusqu’à ses derniers écrits.

Il fut aussi un dramaturge, accueilli par les théâtres parisiens, un scénariste, un dialoguiste. Un journaliste engagé s’opposant aux impostures de son époque, et un critique littéraire. Rappelons qu’il fut aussi un autobiographe corrosif, un romancier sans étiquette (navigant entre le polar et le fantastique), également un essayiste, préfigurant ses œuvres ultérieures.

À partir des années soixante, il élabore, encyclopédiste et visionnaire, des ouvrages sur l’histoire des dieux, des civilisations et des mythes : une immense fresque sur les cycles et les rythmes du temps, reliant toutes les connaissances de l’humanité, de la Kabbale à la mécanique quantique ; aboutissant à une vision prophétique qui éclaire de façon saisissante le monde actuel.





Ces archives représentent une œuvre considérable qui couvre la seconde moitié du XXe siècle, et qui reste encore pour partie à découvrir. Elles comprennent :

¾ Une abondante correspondance entre 1949 et 1954.
¾ Une importante œuvre poétique.
¾ Une œuvre romanesque comprenant romans, nouvelles, scénarios, dialogues, plans d’ouvrages, dans des domaines de société, de science-fiction ou de polars.
¾ Des pièces de théâtre, jouées au théâtre de Poche, au Vieux Colombier, au théâtre Mouffetard, etc., entre 1950 et 1954.
¾ De nombreux ouvrages inédits, manuscrits et notes autobiographiques.
¾ Des documents réalisés dans le cadre de conférences.
¾ Une étude sur les cycles, les mythes, les sociétés secrètes et l’histoire des civilisations.
¾ Une œuvre métaphysique, qui concerne une partie fondamentale du travail de Jean-Charles Pichon.
¾ Un décryptage des « machines » chez de nombreux auteurs anciens ou contemporains (Ezechiel, Platon, Lao-Tseu, La Kosmopoïa, Huysmans, Kant, Jung, Jarry, Roussel, le Sepher Yetsira, Paracelse, Beckett, Hogdson, Mallarmé, Melville, Teilhard de Chardin, Valéry, Dumézil, Daumal, Poe, Heidegger, Hawthorne, Tchaïkovski, Stubbs, Potocki, Carrouges, etc.).




Cette rencontre de deux heures sera ouverte par les interventions suivantes :

¾  introduction d’Isabelle Mette, conservatrice,
¾  présentation des archives, par Jean-Christophe Pichon,
¾  Jean-Charles Pichon, par Lauric Guillaud,
¾  les éditions en cours, par Philippe Marlin,
¾ les Rencontres de Berder, par Marie-Chantal Narceau
(depuis juin 2008, des rencontres s’organisent chaque année autour de l’œuvre de Jean-Charles Pichon).

Ce qui donnera l’occasion d’échanges entre les participants
suivis par un cocktail.

Deux vitrines seront consacrées à une sélection de documents.
Une diffusion d’un texte audio dit par Jean-Charles Pichon et d’une vidéo.





Isabelle Mette, conservatrice au département des Manuscrits,
et les ayants droits vous invitent
Le 13 février 2016, de 16 heures à 18 heures,

Bibliothèque nationale de France
Site Richelieu
Salle des Commissions
5, rue Vivienne
75002 Paris
Tél. 01 53 79 87 93 [accueil Richelieu]
Métro Bourse

Une liste des archives sera communiquée à l’occasion de cette rencontre.