Chez le Bibliothécaire

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samedi 29 octobre 2016

les souterrains du temps - Conférence à l'Entrepôt

les souterrains du temps - Conférence à l'Entrepôt: PROJECTION DU FILM AU CINÉMA DE L’ENTREPÔT SUIVI D’UN DÉBAT EN PRÉSENCE DE GEORGES COMBE, MAXENCE LAYET et STÉPHANE GROBOST

Soirée réalisée en partenariat avec la revue ORBS, l’autre planète

Georges Combe poursuit son exploration des grands mystères. Une extraordinaire enquête sous la terre pour découvrir d’inimaginables souterrains. Un réseau très (...)

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : H.P. LOVECRAFT, LE DIEU SILENCIEUX, Didier Hendrickx

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H.P. Lovecraft, le Dieu Silencieux, Didier Hendrickx (l’Age d’Homme, 2012). Un petit ouvrage écrit par un passionné, qui, en introduction, regrette l’âge d’or du fantastique et déplore les formes prises aujourd’hui par ce type de littérature. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère ! « … songeons à la pléthore de cycles interchangeables dans le domaine de l’Héroic Fantasy… », « … des écrivaillons à la mode trafiquent les mythologies d’antan… », « il semble même que nos abîmes intérieurs soient cotés en bourse » …
L’ouvrage est agréable car la démonstration colle de très près aux écrits de Lovecraft : le repli sur soi et sur un XVIIIème siècle idylique, gâché par la démocratie, le parlementarisme et l’immigration. Un racisme « de son temps », mais qui prend parfois des couleurs hallucinantes lorsqu’il est question de métissage et donc de décadence. Un régionalisme « cosmique », sur fond d’un éternel retour qui ramènera toujours l’anti-héros à son point de départ, Providence. Une cosmologie structurée qui n’a rien à faire de l’homme, mais qui a besoin de ce dernier pour « réveiller » les Grands Anciens.

Les êtres de cette autre race qui se livraient, des millions d’années dans le passé, les luttes titanesques pour la conquête du pouvoir sur notre planète, sont désignés sous l’appellation de Grands Anciens ou Anciens. Les principaux représentants en sont : Azatoth, présenté comme le dieu aveugle et idiot, Yog-Sothoth qui n’est pas soumis aux lois du temps et de l’espace, Nyarlathotep, le messager des Grands Anciens, Hastur, l’Indicible, Shub-Niggurath, divinité de la fertilité. A un rang inférieur, on trouve Hypnos, Dagon ou encore Yig, le dieu serpent. Mais la figure centrale est Cthulhu dont il est dit qu’il vit dans la cité engloutie de R’lyeh et qui donnera son nom au mythe.
Lassés par les guerres interminables de ces puissances du mal, les Dieux très Anciens qui incarnent le bien et ne sont jamais nommés à l’exception de Nodens, bannissent les Anciens. Depuis lors, ces derniers tentent avec l’aide de races qu’ils ont engendré ou d’humains qui leur vouent un cultre fanatique de reconquérir leur emprise sur cet univers. On peut retrouver dans cette configuration la dichotomie traditionnelle entre forces du bien et entités démoniaques, qui est une constante principalement dans les monothéismes issus du Proche-Orient. En apparence, le mythe élaboré par Lovecraft est animé d’une tension entre les deux puissances. Mais on est en droit d’y débusquer également la texture complexe d’anciennes mythologies indo européennes où des divinités de troisième fonction affrontent celles des première et deuxième fonctions, combats qui aboutissent à une paix dans l’ordre cosmique. Cet ensemble de légendes s’appuie vraisemblablement sur des faits historiques que seule la langue du Mythe a conservés. Les Grands Anciens voient leur fureur maîtrisée au bout de millions d’années par les Autres Dieux qu’ils emprisonnent dans des citésenglouties ou au-delà des étoiles. Lovecraft a fait voler en éclat les frontières terrestres et la scène est devenue cosmique, mais les Dieux très Anciens ou Autres Dieux apparaissent comme des entités sages qui veillent à la préservation d’un ordre cosmique si tant est que la notion de sagesse ait un sens dans l’univers de Cthulhu – tandis que les Grands Anciens relèvent plutôt du domaine de la guerre et de la Terre sauvage.

Cette (longue) citation est assez discutable, dans la mesure où elle sous-entend un conflit entre le bien et le mal qui ne me semble pas pertinent dans « la philosophie » de Lovecraft. Et c’est peut-être là où pèche l’analyse. Le côté matérialiste est certes bien mis en lumière, malgré les faiblesses de l’auteur pour les grandes religions comme le catholicisme : tout est faux, mais cette doctrine a été un exceptionnel vecteur de développement « civilisationnel » et un solide outil de cohésion sociale. En revanche n’est pas pointée l’extraordianire contradiction de l’auteur qui va plonger dès son plus jeune âge dans le décorum de l’occultisme alors qu’il pourfend par ailleurs « le cancer de la superstition ».

vendredi 28 octobre 2016

L'INTEGRALE ILLUSTREE DE EDGAR ALLAN POE



Désormais riche de 40 titres, La Bibliothèque du Collectionneur, devenue La Bibliothèque des Classiques, innove. Pour la première fois regroupée en un fort volume relié, paraît en langue française l’intégrale illustrée d’auteurs de premier plan à prix accessible. Rehaussé de gravures d’époque, ces recueils, à offrir ou à s’offrir, ont leur place dans toutes les bibliothèques.
Ce volume contient : Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, l’intégrale des contes et nouvelles (Histoires extraordinaires, Nouvelles histoires extraordinaires, Histoires grotesques et sérieuses, Contes grotesques et autres contes), la pièce Politien et l’intégrale des poèmes, traduits par Baudelaire, Mallarmé, etc.
+ 34 illustrations de Harry Clarke, Arthur McCormick et Gustave Doré
+ une chronologie détaillée
2015

DICTIONNAIRE DE LA FRANCE MYSTERIEUSE, Marie-Charlotte Delmas

 Reçu ce jour :




De tout temps, croyances et superstitions ont expliqué les mystères du monde. Elles reposent sur la certitude que des forces supérieures et surnaturelles régissent la vie sur terre, qu'il est possible de les comprendre (présages, divination), de s'en protéger, voire de les modifier (rites, médecine magique) et de les provoquer (sorcellerie). Dans une France largement rurale, le peuple s'entoure d'un ensemble de rites et de croyances, parfois très localisés, qui accompagnent les grands passages de l'existence (naissance, mariage, mort...), les phénomènes naturels (météorologie, maladies...), les moments-clés de l'année (saisons, solstices, fêtes religieuses ou d'origine païenne...), tout un corpus magique largement remodelé par l’Église au cours du Moyen Age.
Fruit d'une vie de recherches, le Dictionnaire de la France mystérieuse rassemble et synthétise la somme des connaissances, à l'origine souvent obscure, que les folkloristes du XIXe siècle ont collectées dans les campagnes françaises.
Deux types d'entrées :
* Le support de la croyance : objet, plante, animal, phénomène naturel (vent, orage...)
* Les thèmes et événements : grands moments de l'existence, de l'année, et les sujets de croyance collective (démons, sorcellerie...)
Chaque article traite la croyance ou la superstition selon les caractéristiques régionales et intègre récits et témoignages. Une centaine de gravures anciennes illustrent le propos en apportant des informations complémentaires.

A paraître en mai 2017, du même auteur, le Dictionnaire de la France merveilleuse viendra compléter cette somme en traitant, sous la même forme, du surnaturel, des êtres fantastiques, des hantises et des lieux enchantés.

jeudi 27 octobre 2016

GLOBAL GAÏA, un communiqué de la revue Orbs

Chers abonnés, et lecteurs de la revue ORBS l’autre Planète,

Nous sommes heureux de vous convier à ce nouvel événement le dimanche 30 octobre prochain de 14h à 19h à Paris au théâtre ADYAR, à Paris.
Un programme exceptionnel et original pour ces nouvelles rencontres, Global Gaïa : des conférences, de l’art et du spectacle autour des traditions vivantes d'une région du monde.

Cette rencontre Global Gaïa consacrée au « Mexique : les enfants du soleil » est la première escale d’un cycle de rencontres avec les esprits du monde. Comme un grand tour de monde reliant l’humain, l’invisible, la nature, les traditions, dans une même harmonie, une même célébration, belle et joyeuse, de vie et d’être…

Arts scéniques, peintures sacrées, mythologies, ethnologie, archéologie, savoirs académiques et non-académiques... Global Gaia marie les arts, la science, le sacré, l'émerveillement, et propose un temps d'expérience privilégiée avec les traditions vivantes d'une culture donnée à découvrir dans toute ses dimensions.

Nous vous proposons un tarif promotionnel, à 40€ au lieu de 60€ avec le code de réduction ORBS

Au programme de ces premières rencontres Global Gaïa sur le thème du MEXIQUE, Les Enfants du Soleil
In lakesh’ : je suis un autre toi, contes en musique par Patrick Fischmann
À la découverte des Huastèques, conférence par Sophie Marchegay
Les tableaux Huichol : un art entre les mondes, conférence et présentation d'oeuvres par Elvire Clev
De nouvelles perspectives sur les pyramides et le calendrier Maya, conférence par Howard Crowhurst
Initiation au Yok'Hah Maya, pratiques par Franck Echardour
Femmes-médecines, pratiques et pharmacopée traditionnelles mexicaines, conférence par Claire Laurant-Berthoud

Un goûter mexicain, chocolat chaud et gâteau, sera offert lors d'un moment de pause au cours de l'après-midi !!

Retrouvez le programme complet et les informations pratiques sur http://www.orbs.fr/evenements/
Réservation de votre place en ligne sur https://www.weezevent.com/global-gaia-mexique

Et si ce programme vous plait, pensez à la partager autour de vous !
Nous espérons vous retrouver nombreux !
A très bientôt.
Charles-Maxence Layet

L'ODS NE SERA PAS À SÈVRES 2016


mercredi 19 octobre 2016

RENDEZ-VOUS SAMEDI A l'AG DE L'ODS


LES CHRONIQUES D'EL'BIB : RENNES-LE-CHÂTEAU, LES SOURCES, Rudy





Encore un décryptage ? Certes, mais l’ouvrage de Rudy, Rennes-le-Château, les sources (Warcadia, 2016), diffère sensiblement de tout ce qui a été écrit sur le sujet. Sur la forme, d’abord, l’objet est sympathique,. On appréciera l’introduction sous forme de BD, question de nous mettre en bouche ; on aimera aussi les nombreuses illustrations couleur qui ne sont pas là « pour faire joli », mais qui sont utilisées comme support pédagogique à la démonstration. Sur le fond, surtout, on retiendra une démarche basée sur les seuls éléments fiables de la saga castelrennaise, à savoir l’église de RLC, le livre de Boudet et la reproduction de la stèle de la tombe de la Marquise dans le bulletin de la SESA de 1905-1906. Et l’exercice (audacieux) auquel se livre l’auteur permet bien de localiser un point à proximité de Rennes-les-Bains.
Cela dit, et comme toujours en matière de codage, je ne peux m’empêcher de me poser la même question : pourquoi coder ? Descadeillas, dans son introduction à La Mythologie du Trésor de Rennes-le-Château, nous rappelle que le codage d’un secret pour transmission n’existe que dans la littérature et non pas dans l’histoire réelle. Car si nos curés avaient découvert quelque chose d’extraordinaire, pourquoi faire toutes ces contorsions dans des livres de pierre (église, stèle) ou de papier (Vraie Langue Celtique). Car si on code, c’est dans l’espoir que quelqu’un décodera et trouvera un jour. Mais ce quelqu’un est par essence un inconnu qui pourra utiliser le secret pour le meilleur ou pour le pire. Pourquoi ne pas le coucher sous forme de testament et de le remettre sous pli scellé à un notaire, en lui demandant de le transmettre après le décès des parties à l’évêché de Carcassonne, avec copie à la SESA et/ou l’Académie des Sciences et des Arts de Carcassonne ?

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'HÉRITAGE DU SPHINX, Roger Facon





Ce n’est pas un polar, ni un roman d’espionnage, ni un thriller occulte. L’Héritage du Sphinx (Abysses Éditions, 2016) est tout cela à la fois, mais c’est surtout du Roger Facon. Des phrases courtes, une écriture nerveuse et un petit parfum désabusé qui n’est pas sans rappeler feu notre ami de Belleville, Thierry Jonquet. Il s’agit du récit d’un écrivain du nom de Farin, sollicité par son éditeur pour effectuer un travail de « nègre », à savoir rédiger les mémoires d’un vieux Procureur de la République, Adrien Martinage. Et de participer au déroulé d’une vie assez extraordinaire qui va nous faire plonger dans les méandres de la politique et de l’occulte. Un occultisme que Roger Facon connaît bien pour avoir enquêté dans la fange des sociétés secrètes contemporaines, quelles soient rosicruciennes ou templières. La galerie des personnages qui nous est présentée est effrayante et l’illumination sur fond de lutte pour le pouvoir balaye toute morale et conduit tout naturellement aux « meurtres de l’occulte » ; nous croiserons dans ce délire le Général de Gaulle, le Sphinx - patron de la DST -, les Gardiens Immortels, les fameux Maîtres de Zurich de l’affaire du Temple Solaire, Roger Lhomoy, alors que plane en arrière-fond l’ombre de Fulcanelli. Et puis un petit plus, la somptueuse photo de couverture qui montre le Bibliothécaire dans son antre !
Bravo l’artiste.

samedi 15 octobre 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : POLARIS, Lovecraft







Polaris est une courte nouvelle, publiée en 1918 (in The Philosopher, 1920, National Amateur, 1926, Fantasy Fan, 1934 & Weird Tales, 1937). Elle a un parfum dunsanien très marqué alors que l’auteur ne découvrira Dunsany que l’année suivante ! Selon Joshi, l’influence serait celle de Poe. Le narrateur, non nommé contemple les étoiles par sa fenêtre est est obsédé par le caractère maléfique de l’étoile Polaire. Il ne peut en fait dormir que lorsque les nuages la cachent et plonge alors en rêve dans le pays de Lomar et sa capitale, Olathoë. Le pays se prépare à une guerre contre une invasion des Inutos, affreux démons jaunes et trappus. Il se lie d’amitié avec le guerrier Alos et passe des heures à étudier les Manuscrits Pnachotiques, écrits par la Grande Race de Yith et les traités philosophiques de Pères Zobnarian. En raison de sa frêle constitution, Alos refuse de l’engager dans l’armée, mais lui confie un poste de guet en haut de la tour de Thapnen. Mais une nuit, envouté par l’étoile Polaire, il succombera au sommeil et se retrouvera chez lui. Avec un doute, son existence contemporaire n’est-elle pas un rêve, sa vraie vie étant à Lomar ?

° Livres, première apparition des Manuscrits Pnachotiques :
D’après la Toc Encyclopédie : Les Manuscrits Pnakotiques présentent une partie d'un ensemble appelé Fragments Pnakotiques. Il s'agirait de la traduction d'un manuscrit grec appelé Pnakotica effectuée au cours du XVe siècle.
Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle que les Manuscrits Pnakotiques commencèrent à susciter de l'intérêt grâce à la découverte de nouveaux fragments contenant une écriture similaire à celles contenue dans les Manuscrits Pnakotiques. Depuis, un grand nombre de caractères et de glyphes similaires sont apparus de par le monde, mais les conclusions des experts à ce sujet divergent. Ils sont néanmoins d'avis que les Manuscrits Pnakotiques remonteraient à l'ancienne Lomar, c'est à dire il y a plusieurs millions d'années (ère pré-pléistocène). Les Lomariens auraient été les premiers "hommes", tenant leurs secrets des "Grands Êtres Ailés" qui les visitèrent et les aidèrent. De longs débats se sont tenus pour savoir s'il s'agissait des Mi-Go ou des Choses Très Anciennes. La seconde hypothèse semble la plus probable au vu des hiéroglyphes retrouvés.
On sait que la toute première version des Manuscrits Pnakotiques fut apportée en Hyperborée par un culte secret appelé Fraternité Pnakotique (allié à celui qui a préservé le Livre d'Eibon). Ils auraient obtenu cet exemplaire des "mains" de la Grande Race. Ce qui n'a rien d'étonnant quand on sait que Pnakotis désigne la Cité des Archives, la ville de ces créatures. Une traduction en Tstah-Yo aurait alors été effectuée. Si de tels ouvrages existent encore, leurs contenus sont de loin supérieurs à celui du Necronomicon.
Parmi les sujets traités, il y a les liens qui unissent Cthugha La Flamme Vivante, Aphoom Zhah, le Seigneur de la Flamme Froide, Rhan-Tegoth la Terreur des Hominidés, Rlim Shaikorth Le Ver Blanc et les Gnoph-Kehs. Il y a également des passages sur Tsathoggua et ses Larves Amorphes. Il prédit également le retour d' Azathoth et parle brièvement de la Grande Race de Yith.

° Géographie : première apparition de Lomar que l’on retrouvera citée dans Le Tertre (1930).
D’après wiki :  "The Mound", one of H. P. Lovecraft's revisions, the land of Lomar is said to be "near the earth's north pole."
Lomar "rose from the sea" in the far distant past. The people of Lomar came from Zobna, a land even further to the north, "forced to move southward from Zobna before the advance of the great ice sheet". When they arrived in Lomar, they "valiantly and victoriously swept aside the hairy, long-armed, cannibal Gnophkehs that stood in their way."
Lomar is the source of the Pnakotic Manuscripts.[4] People from the underground realm of K'n-yan brought an image of the deity Tsathoggua to Lomar, where it was worshipped.
The story "Polaris" implies that Lomar was destroyed around 24,000 B.C. by the Inutos--"squat, hellish yellow fiends who...appeared out of the unknown west". (Lovecraft identifies these people with the modern day Inuit, whom he calls "squat, yellow creatures".) In The Dream Quest of Unknown Kadath, however, he writes that "the hairy cannibal Gnophkehs overcame many-templed Olathoe and slew all the heroes of the land of Lomar."
Lomar was home to the city of Olathoë, described in the story "Polaris":
Still and somnolent did it lie, on a strange plateau in a hollow between strange peaks. Of ghastly marble were its walls and its towers, its columns, domes, and pavements. In the marble streets were marble pillars, the upper parts of which were carven into the images of grave bearded men.
Later in the story the plateau is identified as Sarkis, and the mountains as Noton and Kadiphonek.
The title character of the story "The Quest of Iranon" says he has "dwelt long in Olathoe in the land of Lomar”, thus suggesting that the other places named in that story coexist in the same world and era as Lomar.

vendredi 14 octobre 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : IN MEMORIAM HPL, Paul Cook





Paul Cook (1881-1948) était une figure très active du fadom à l’époque de Lovecraft avec ses fanzines comme The Vagrant, The Recluse, Ghost… Il recontra notre auteur en 1917 et deviendra son supporter et son ami. Il lui commandera et éditera, entre autres, Supernatural Horror in Litterature. Il nous a laissé un très beau texte de souvenirs sur son ami, In Memoriam, Howard Phillips Lovecraft (1940 ; Driftwind Press, 1941 ; in Bouquins Tome 2). Un texte en effet très intimiste, qui ne suit aucun plan ni aucune chronologie mais rassemble au fil de l’écriture une foultitude d’anecdotes et de souvenirs.
Il revient bien sûr sur sa première rencontre et sur sa fameuse image de reclus en citant Le Monstre sur le Seuil (1933).
J’ai connu Edward Pickman Derby toute sa vie. De huit ans mon cadet, il fut si précoce que nous eûmes beaucoup de choses en commun dès qu’il eut huit ans et moi seize. C’était l’écolier le plus extraordinaire que je n’aie jamais connu, et il écrivait à sept ans des vers d’un caractère sombre, fantastique, presque morbide qui stupéfiaient les professeurs autour de lui. Peut-être son éducation privée, sa vie recluse et choyée furent-elles pourquelque chose dans son précoce épanouissement. Enfant unique, il avait une fragilité organique dont s’alarmaient ses parents, qui l’adoraient et le retenaient d’autant plus étroitement près d’eux. On ne le laissait jamais sortir sans sa nurse et il avait rarement l’occasion de jouer librement avec d’autres enfants. Tout cela favorisa certainement chez le jeune garçon une vie intérieure singulière et secrète, où l’imagination lui ouvrait la seule route vers la liberté.
Et il est vrai que si Lovecraft s’est bien rattrapé après le décès de sa mère, il a passé les 2/3 de sa vie confiné. Lors de ce fameux premier rendez-vous (fixé par Lovecraft), le visiteur s’est fait jeter par la tante de service au motif qu’Howard se reposait. Ce qui a réveillé Lovecraft qui a reçu Cook en robe de chambre ! Un premier entretien marqué par une porte qui ne cessait de s’entrerbailler, car il fallait s’assurer que « le petit » ne succombait pas à « un effondrement nerveux » !
Le chroniqueur montre bien que, lorsqu’il a abordé la « vraie vie », il est toujours resté décalé. Car si ses lectures boulimiques lui avaient bien donné l’instruction, en revanche, il n’avait aucune éducation sociale, si ce n’est celle de vieux gentleman du XVIII ème siècle qu’il s’était forgée en imaginaire.
On croise aussi un Lovecraft dans le plus total dénuement mais d’une immense générosité, toujours prêt à donner le dernier dollar en poche à une noble cause. Un Lovecraft raciste, mais d’un racisme « de son temps » qui aura tendance à dégénérer après le fiasco de ses années new-yorkaises durant lesquelles il a découvert « l’immigré », mais aussi l’horreur du métissage qui sera le leit motif de beaucoup de ses plus fameuses nouvelles.
Paul Cook s’interroge sur son immense talent, rejetant toutes les comparaisons à Poe, Machen ou Dunsany. Certes, il y a eu des influences, mais son œuvre est unique.
Un très beau texte au total, empreint de la chaleur d’une amitié sincère.

mardi 4 octobre 2016

KATAPHRACT, Jean Hautepierre






KATAPHRACT !

En ce 22 septembre 2016, jour de l’automne, moi, Jean Hautepierre, ma canne Pulchérie à la main, j’ai décidé de donner un nom à certains des plus longs vers de la langue française : les vers cataphractaires.

Les vers cataphractaires ont été utilisés bien avant moi par d’autres poètes, dont tout particulièrement Saint-Pol Roux et Jacques Réda. Ils ne sont donc pas nouveaux. Bien au-delà, d’ailleurs, les hexamètres, qui sont les vers les plus fréquemment employés par les poètes grecs et latins, ne sont-ils pas les ancêtres des plus longs vers de la poésie française ? Mais l’idée de regrouper ceux-ci sous une même dénomination est, me semble-t-il, nouvelle.

Que recouvre ce nouveau nom ? L’ensemble des vers comportant de treize à seize syllabes, ou encore les vers d’une longueur supérieure à celle de l’alexandrin, mais ne dépassant pas une dimension au-delà de laquelle les principales caractéristiques du vers – soit sa rime et, surtout, son découpage rythmique – risquent fort de devenir floues, voire indistinctes. Cela n’interdit pas d’utiliser de tels vers de manière ponctuelle. J’ai ainsi osé, dans ma tragédie Tristan et Yseult, un unique vers de vingt-deux syllabes – s’agit-il encore seulement d’un vers ? –, découvrant après coup que, selon le Dictionnaire de la poésie française de Jacques Charpentreau, aucun vers de plus de vingt syllabes n’avait été employé auparavant dans notre poésie.

Si je ne rejette donc pas l’emploi ponctuel de vers allant au-delà de l’hexadécasyllabe, je ne crois guère à la possibilité de composer des strophes et des tirades entières à partir de tels modules. Il en va tout autrement des vers cataphractaires, qui se prêtent à un usage suivi. Encore faut-il que le découpage rythmique de chaque vers soit bien marqué afin que son existence même en tant que vers soit immédiatement perceptible à l’oreille, comme il en va pour l’alexandrin classique, qui fut le vers de Corneille et Racine ; comme il n’en va pas toujours de l’alexandrin romantique, dont Théodore de Banville proclama qu’il était beaucoup plus déterminé par sa rime, qui selon lui doit être d’autant plus riche que son découpage rythmique est moins marqué. Le rôle du rythme interne au vers est donc beaucoup plus important pour le vers cataphractaire que pour l’alexandrin en raison du plus grand éloignement de la rime, reportée à treize, quatorze, quinze ou seize syllabes au lieu de douze dans l’alexandrin, éloignement qui rend la perception du vers plus difficile. C’est ainsi et seulement ainsi qu’il y a vers cataphractaires, qui sont à la fois des vers longs et des vers bien rythmés. Ces vers sont conçus pour envahir le champ du langage, pour marteler et submerger de leur mélodie lourde et lancinante l’ouïe et l’esprit de l’auditeur, du lecteur, du spectateur. Les cataphractaires ne furent-ils pas la cavalerie lourde de Byzance ?

Et si j’ai quelquefois au nom de Hautepierre
Joint le martèlement des vers cataphractaires,
De treize, de quatorze ou de seize marteaux
Ecrasant le silence et ponctuant les mots,

C’est pour que solennellement au lointain la rime se fonde
Et laisse attendre son écho semblant se perdre dans les cieux
Et, déjà presque ensevelie sous le seuil de la nuit profonde,
Qu’elle surgisse, auréolée d’un éclat plus mystérieux ;

Que des vers longs comme des soirs enveloppés de longues traînes,
Vous emportant et vous berçant avec les flots du Grand Malheur,
Fassent trôner par-dessus tout la douleur ample et souveraine
Qui règne, ô la Reine du Monde, aux côtés du soleil vainqueur ;

Que des vers chatoyants et lourds, de la pompe des grands empires
Fassent revivre la splendide et lancinante majesté
Et le fracas des incendies où le ciel brûlant se déchire,
Et les remparts aux mille tours ceignant les plus belles cités ;

Que des vers comme des torrents chargés de fièvres et de cultes
Jettent des éclats coruscant éperdument de pourpre et d’or,
Le grondement du flot roulant des passions en grand tumulte
Que rien n’arrête et qui s’en vont dans un chant d’amour et de mort…

Voilà comment ces cavaliers de la lourde armée des ténèbres
Font retentir l’immensité, l’horreur et la grandeur du sort,
Toujours fiers et toujours dressés sur le chaos de leurs vertèbres,
A l’assaut des gouffres sans fin au son des trompes et des cors !

Paris, les 27 juin et 25 juillet 2016,
Paris, Cénacle du Cygne, le 22 septembre 2016,

Jean HAUTEPIERRE






dimanche 2 octobre 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LES SERVITEURS DE SATAN, Robert Bloch

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Les Serviteurs de Satan (1935, Robert Bloch ; Satan’s Servant in Something about Cats and other Pieces, 1949). Un texte difficile à classer, car ce n’est pas une véritable révision, mais un texte du Lovecraft’Circle abondamment commenté par notre auteur. L’édition de chez Laffont (Bouquins, II)
comprend un papier de Robert Bloch qui raconte que Lovecraft, épuisé, a refusé de faire une véritable révision, mais lui a fourni de nombreuses notes pour améliorer son texte. Et la lecture de ces dernières donne une bonne idée de l’immense culture de l’écrivain de Providence : remarques sur la chronologie historique, l’architecture, la géographie, la flore, le tout pour donner plus de vraisemblance au texte. L’histoire en elle-même est simple. C’est celle d’un pasteur fondamentaliste, Gideon Godfrey, qui part à Roodsford, petit port perdu de Nouvelle Angleterre, où semble subsister un culte satanique. A noter que cette localité oubliée est citée pour la première fois dans les Chronicles of Captain Elias Godworthy, his Trips and Explorations upon the Continent of North America (Haverstock, Londres, 1672). Le voyage est classique, avec l’inévitable égarement dans la forêt, puis c’est la découverte du village délabré où tout le monde se terre. Une population curieuse, âgée ; pas d’enfants et… pas de cimetière. Il pénètre dans la première demeure où il reçoit un accueil méfiant et assiste à des apparitions effrayantes. Il se fait alors passer pour un messager de Satan, ce qui a lui permet de briser la glace et d’être associé à la préparation du prochain sabbat. Une cérémonie abominable à laquelle il mettra fin en exhibant sa Bible, ce qui aura pour effet de décimer les participants du village qui étaient devenus des mort-vivants.
A noter qu’outre la Bible, le pasteur utilise des rituels tirés du Necronomicon et se réfère au Daemonic Presences d’Hebert qui comprend des allusions subtiles à La Fable de l’Arbre et du Fruit.