vendredi 7 février 2014

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : DELIRIUM de Philippe Druillet





Philippe Druillet n’a pas utilisé l’encre, mais ses tripes, pour nous offrir ses mémoires, Délirium (les Arènes, 2014). Et son compère d’écriture, David Alliot, a réussi le tour de force de le rendre plus vrai que nature. C’est Druillet qui cause. Et il cause en hurlant, revenant longuement sur ses origines douloureuses de fils d’un collabo et d’une mère milicienne. « J’ai toujours haï ma mère ». Et on va le suivre dans un cheminement de galère pour essayer d’exprimer sa rage de créativité. Un parcours semé de douleurs (notamment la perte de Nicole, son grand amour) et d’excès en tous genres, mais sans se départir d’une véritable boulimie d’explosions graphiques qui l’amèneront souvent à flirter avec le génie. De Lone Sloane  à la réalisation des décors des Rois Maudits, de Pilote à Métal Hurlant (un vrai bordel cette équipe !), de la création de bijoux à celle de meubles, quel chemin parcouru. En refermant le bouquin, je me suis dit que j’avais de la chance de connaître un type de cette trempe. Un petit regret pourtant, Philippe ne rentre jamais vraiment dans le fond de ses passions, alors qu’il aurait de belles choses à dire sur Lovecraft, l’héroic fantasy, ou la SF.

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